27 mars 2007

Le jour d'après... 



...comme dans le film catastrophe du même nom.

Comment expliquer ce lendemain de veille autrement qu'en faisant porter le fardeau aux "vieux partis" - un fardeau qui leur revient entièrement, ça va de soi. Hier soir, les Québécois ont parlé, faisant de Mario Dumont le seul gagnant de cette élection. Soyons réalistes, à les voir aller depuis plus de quatre ans, le PLQ et le PQ ne méritent pas mieux que le résultat d'hier.

La suite des choses infirmera ou confirmera ce que nombre d'observateurs avancent depuis le début de la journée: le Québec vire-t-il profondément à droite? Devrions-nous plutôt lire entre les chiffres un mouvement de protestation généralisé qu'incarnerait, circonstanciellement, l'Action démocratique du Québec?

Chose certaine, le débat nationaliste qui polarisait l'opinion publique est aujourd'hui désuet - en apparence, en tous cas. Charest, en glissant sur le terrain de la partition du Québec et en brandissant, tel un épouvantail qui ne fait plus peur à personne, la menace de la séparation québécoise, puis Boisclair en martelant que le PQ ferait un référendum dès son premier mandant même s'il est en position minoritaire à l'Assemblée nationale, tous deux, donc, se sont crissés le doigt dans l'oeil jusqu'au pancréas.

De deux choses sûres, l'une: les prochaines élections provinciales sont déjà en route. Un an encore avant le déclenchement de la campagne officielle? De deux: l'ADQ a désormais beaucoup de pain sur la planche. Mario ne pourra pas bénéficier encore longtemps de sa free ride; il devra expliquer ses positions, tant sur le dossier de l'affirmation nationale que sur celle des accomodements raisonnables. Désormais, ce qui lui tenait lieu de programme sera scruté à la loupe, par les médias comme par le public - on se souvient encore du "Je n'ai pas voté pour ça" qui a cristallisé le premier mandat patapoufien. L'électeur québécois n'a pas ainsi parlé pour ensuite se taire. Mario doit se prêter au test.

Les vieux partis, maintenant. S'il apparait manifeste que Boisclair est un chef en sursis, il devrait en être tout autant du Menteur (en passant, merci à Radio-Canada de nous avoir fait vivre, même de manière illusoire, nos seuls bons moments de la soirée électorale). Sûr, on écrira beaucoup à propos de cette débandade du PQ, laquelle était cependant déjà palpable depuis la précédente élection. Celle du Parti Libéral du Québec s'explique autrement: c'est Jean Charest le coupable. L'establishment du parti doit s'en débarrasser à temps pour les prochaines élections.

Quant au Parti Québécois, Michel David, dans son billet de ce matin, exprimait de façon on ne peut plus claire la myopie injustifiable de ce parti qui n'a jamais voulu voir, ni expliquer, l'érosion de sa base militante. Le PQ doit d'abord retrouver son âme. Et ne pas tomber dans le piège de prendre les électeurs favorables à la souveraineté pour acquis.

J'en veux pour exemple les citoyens du comté de Deux-Montagnes. Un nouveau candidat, Daniel Goyer, portait les couleurs péquistes. Goyer succédait dans ce "château fort" péquiste à Hélène Robert, l'une des backbenchers les plus notoires, députée de Deux-Montagnes pendant trois mandants/12 ans. Douze ans à NE RIEN FOUTRE, à gaspiller, par son salaire, l'argent des contribuables de la région. Les électeurs en ont eu marre d'être pris pour des bottes de foin. Ils ont élu Lucie Leblanc, candidate adéquiste, avec 1200 voix d'avance. Et vous savez quoi? Jamais je n'adhèrerai aux politiques adéquistes, mais je suis néanmoins heureux que les citoyens de Deux-Montagnes aient envoyé un message aussi clair au Parti Québécois. Gagez là-dessus, lors de la prochaine élection, le parti enverra un candidat-vedette, et Deux-Montagnes aura peut-être alors quelqu'un qui travaille pour vrai, et pour eux, ce qu'ils n'ont pas eu lors des trois mandats péquistes. Ça va faire, le niaisage.

Par ailleurs, on se réjouit des rares bonnes nouvelles de cette élection. En 2003, l'UFP avait remporté 1% des voix; hier soir, 4% des Québécois ont aider à affirmer une gauche, oh! certes imparfaite, mais désormais mieux mobilisée.

Aussi, c'est avec une grande fierté que l'équipe du Périscope a accusé réception du message envoyé par les électeurs de l'Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay-Lac-Saint-Jean, deux (magnifiques) régions qui ont non seulement résisté à la vague adéquistes mais qui ont aussi montré la porte à Charest & co. Nous applaudissons particulièrement l'élection d'Alexis Wawanoloath, jeune candidat péquiste d'origine amérindienne, qui de plus a défait l'ex-ministre des Ressources naturelles Pierre Corbeil. Un véritable baume au coeur.

***************

Pour terminer, nous tenons à remercier sincèrement tous les nouveaux lecteurs du Périscope, avec l'espoir que vous continuerez à fréquenter notre blogue. Nous avons pris plaisir à couvrir, à notre manière, cette campagne électorale, et vos nombreuses (et pertinentes) réflexions, vos courriels, nous font sincèrement plaisir. L'issue du scrutin, tout comme l'achalandage quotidien de notre modeste blogue, nous encourage d'autant plus à continuer à travailler, à défendre nos valeurs, et à traquer le vilain politicailleur.

Dans les prochains jours, nous pourrons enfin nous consacrer à nouveau à la politique internationale. Ce sera comme ouvrir les fenêtres de ce blogue pour aérer là où ça sent un peu trop le P'tit Québec... Selon toutes indications, nous aurons besoin d'air frais, puisque dès le 17 avril prochain, Le Périscope "sera prêt" à couvrir la nouvelle campagne électorale fédérale. C'est une promesse, que nous tiendrons, contrairement à tous ces...


26 mars 2007

Le chiffre : 23.1 % 


Le taux de participation tourne autour de 70 %.

Ca veut donc dire que moins du quart - 23 % en fait (33 % * 0.70) - des Québécois ont voté pour le prochain gouvernement.

Serait peut-être temps d'envisager sérieusement la proportionnelle. Bonne nuit.


Soirée électorale ... en presque direct 


(23:31). Bon, c'est même pu cela. Patapouf, nous aurait-il sortie une Floride7 M'en vais me coucher. Écoeuré.

(23:11): Mouais. Ben c'est ça.



(22:41) On flashe les lumières...Patapouf défait! Pensez quand même pas que c'est la fête ici...
(22:05): Bernie annonce que "si la tendance se maintient", le prochain gouvernement sera dirigé minoritairement par le Parti Libéral du Québec, mais son opposition demeure inconnue. Le Périscope ajoute que son chef ne sera pas représenté à l'Assemblée National, défait qu'il sera dans son propre comté. On se console comme on peut.
(21h26): ANNONCE!!!!!: Si la tendance se maintient, Le Périscope prédit que Charest sera défait dans sa circonscription de Sherbrooke par le candidat péquiste Claude Forgues--- Suivez le Périscope pour notre prochaine annonce à propos du candidat Fournier, futur ex-ministre de l'Éducation
(21h22): ouf... c'est dur à regarder... Consolation: Charest est toujours derrière le péquiste - de plus de 200 voix!
(21:10): à R-C, Sébastien Bovet expose une plaque d'immatriculation "ADQ2007" française... un cadeau de Jean-Marie? ;)
(21h02): bon bon... Bernie, à R-C, fait une grande annonce... pour dire que "si la tendance se maintient", le prochain gouvernement sera minoritaire... Come on! Même nous l'avions scoopé...
(20:47): woohoo! Charest talonné par le péquiste dans son comté! Deux douzaines de voix de différence!
(20:42): alors qu'on apprenait la réélection de Mario... Amir Khadir est en tête dans la circonscription de Mercier! That is nice!


Hey, on fait comme vous, on boit un coup en célébrant la victoire de Mario (yeah, right...). Voici nos quelques réflexions éparses:

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Soirée électorale - le guide 


Mesdames, messieurs, nous y sommes. L'heure H est à portée de télécommande. Ou de clavier, si vous comptez suivre le dépouillement sur le web. L'équipe du Périscope sera réunie pour une exceptionnelle assemblée de cuisine, au cours de laquelle nous suivrons, et commenterons, le déroulement de la veillée. Soyez des nôtres.

Nous ne serons pas seuls; voici une liste des sites/blogues que nous consulterons en cours de route:

* Cyberpresse - Carte interactive du Québec : bien fait, dans l'esprit de la page mise sur pied lors des dernières élections fédérales

* Radio-Canda - Québec 2007: plus à la manière d'un tableau, très précis dans ses données

* Canoê/Québecor - Québec 2007: On cherche l'outil de dépouillement électoral, mais on ne le trouve pas encore... Anyway, ils diffuseront le feed télé de TVA en direct sur le site, c'est déjà ça.

* CHOQ FM - La soirée des élections: sur les ondes de la radio de l'UQAM, en direct sur le web, suivez le déroulement de la soirée - un alternative bienvenue aux médias généralistes.

* GT des blogueurs montréalais - le dépouillement en direct: on vous renvoie au post original de Julie Bélanger, qui a organisé un get together au bar les 100 Génies, de l'ETS. Plusieurs blogueurs politiques du coin s'y retrouveront. Lorsqu'on aura une liste plus détaillée, on rafraîchira la liste.

Vos suggestions de sites sont les bienvenues, comme toujours.

Allez, bonne veillée

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La liste Charest : Point final 


Voilà. C'est fait. On y est arrivé. La Liste Charest des trentes bourdes du Gouvernement Charest est complète. Autant de bonne raisons de ne pas voter Patapouf aujourd'hui.

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Scoop du Périscope : Et le gagnant est ... 


Tous les analystes politiques qui grouillent encore malgré l’ineptie de cette campagne électorale disent que c’est too close to call. Charest a foiré. Boisclair a à peine sauvé les meubles. Dumont a surfé sur sa critique du « trop-d’ État » et les accommodements raisonnables, mais semble plafonner. Les trois « grands partis » sont au coude à coude. Alors, vraiment, est-ce si vrai qu’on ne peut prédire ce qu’aura l’air notre gouvernement au lendemain des élections ?

En fait, la réponse à cette question me semble plutôt claire. Limpide. Allant à contre-courant de la tendance générale dans les Amériques –même le Gringoland tiré la plogue sur les républicains en 2006 -, les Québécois opteront…si la tendance se maintient… pour un gouvernement de droite, très à droite, plus encore que ceux de Patapouf et de Lucide Bouchard.

Quel mauvais rêve ! Mais celui qui doit faire les pires cauchemars en ce moment est certainement Patapouf. Mettez-vous à sa place. Il vient de compléter son mandat en ayant patiemment mis en place sa « réingénierie de l’État » orchestrée selon les diktats du petit catéchisme du bon néolibéral. Il en a suivi tous les dogmes : poursuite du démantèlement de l’État, mise au pas des travailleurs et des fonctionnaires, mise en place de l’architecture nécessaire aux PPP, privatisation du bien commun notamment la gestion de l’eau, du système de santé, l’éolien, etc. Allez revoir la Liste Charest, tout est là. Et malgré cela, que constate-t-il ? Qu'il se fait dépasser sur sa droite par Super Mario. Même le PQ (est-ce vraiment une surprise) ose plus ou moins remettre en cause sa savante destruction du bien commun. Alors, qu’est-ce qu’il se dit Patapouf. Se dit-il qu’il n’en a pas fait assez ? Que c’est à n’y rien comprendre ? Et le clown en chef n’a pas tort.

Bref, il y a de ces fois où l’on n’est pas tellement fier de ses compatriotes. Y’a eu le tollé sur les accommodements raisonnables et la montée de la xénophobie de plus en plus affichée sans gène. Là, y’a le choix de gouvernants qu’on s’apprête à faire. Pour le dire autrement, je reprendrai les mots utilisés par Mathieu C :

Vous n'avez pas aimé le gouvernement Charest? ALORS COMMENT POUVEZ-VOUS PENSER DEUX SECONDES QUE VOUS ALLEZ AIMER UN GOUVERNEMENT DUMONT???? Y a des choses qui m'échappent complètement des fois.

***

Quoi faire dans ses circonstances ? Comment voter ? [Et, oui, je vais faire un Pratte de moi-même]

Pour ma part, le choix est simple. J’habite Gouin, un fief péquiste où le PLQ et l’ADQ sont très marginaux. J’ai aussi la chance d’habiter le comté de Françoise David, la plus pertinente de tous les candidats et candidates que j’ai vu défiler au cours de la campagne. Je voterai donc pour elle.

Mais vous chers lecteurs. Vous qui habitez Chicoutimi, Vardun, Stanbridge-East, Pabos, Petis Pabos, Pabos Mills ou ailleurs, que ferais-je à votre place ? Et bien, je pense que, pour la première fois de ma vie, je trancherais pour le PQ en sachant très bien que c’est aussi un peu beaucoup l’argent et le vote statégique que j'appuie. Mais bon, des fois, entre deux maux…

Et si j’habitais, comme mes pauvres parents, dans les West Island ou dans un de ces trop nombreux comtés où le gagnant est donné d’avance. Et bien, je m’abstiendrai de participer à cette mascarade, histoire que nos gentils gouvernants ne puissent se gargariser d’un taux de participation record.

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Liste Charest #30 : La non réforme du mode de scrutin 


En 2003, Patapouf incluait la réforme du mode de scrutin dans sa plate-forme électorale. Elle fut même annoncée lors du discours inaugural de Jean Charest pour le printemps 2004 et confirmée par le ministre Dupuis (Geneviève Dorais, dans Le Devoir)

Et après ? Le "Rapport Béland" faisait ses recommandations. D'autres ont aussi fait des propositions. Une "solution", favorable au Libéraux et dénaturant le projet de proportionnelle a été avancée pour un temps. Depuis, rien, nada, niet. Le projet de réforme n'apparait même plus dans le programme 2007.

J'espère juste que le résultat de ce soir mettra en évidence la désuétude de notre mode de scrutin. Peut-être que ça va en motiver quelques-uns à faire quelque chose à cet égard. Mais, même si comme eux, jespère, sachez très bien chers lecteurs que je ne me berce pas d'illusions.

Voir le dossier sur vigile. (voir ici aussi)

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Liste Charest #29: Le financement des écoles juives 


L’histoire avait fait grand bruit et marquait au fer rouge le règne, déjà contesté, du Menteur. C’était en janvier 2005, presque à la moitié d’un mandat litigieux. Alors qu’on apprenait dans les journaux que le Parti Libéral du Québec avait tenu une campagne de financement auprès de la communauté juive de Montréal – campagne qui avait rapporté près de 750 000$ au parti -, Jean Charest autorise le financement à 100% de cinq écoles privées confessionnelles juives, sous prétexte d’une « mission de solidarisation ».

Il s’agit d’un débat à deux volets. D’abord, d’un point de vue strictement sociologique. En dépit de ce que pourraient en penser les fanatiques de Mario (…), il n’y a rien de mal à financer une école privée, qu’elle soit de confession juive ou catholique, d’ailleurs le ministère de l’Éducation le fait depuis toujours. Problème il y a lorsque les contribuables financent à 100% l’école privée – catho ou juive ou mooniste, peu importe. Privé, c’est privé. Remarquez, c’est ça le visage du PLQ en 2007 : prendre aux pauvres pour donner aux riches… En vérité, non seulement cet épisode venait cristalliser dans le public ce rejet des actions du PLQ qui se mesure si bien en ce jour d’élection, mais on pourrait presque voir dans l’affaire du financement des écoles juives la graine des accomodements raisonnables plantée dans la terre populaire…

Puis, il y a la manière. Du grand Menteur. Voyons-y de plus près. Il y a d’abord cette campagne de financement – 750 000$, rappelons-nous. Puis, quelques jours plus tard, cette annonce de financement entier de cinq écoles privées juives. Une décision prise en catimini, apprenons-nous peu après : le financement a été « approuvé » par Conseil du Trésor… pendant que sa présidente, Monique Jérôme-Forget, était en vacances! Le moment était choisi : elle avait désapprouvé le financement des écoles quelques semaines plus tôt…

Puis, Jean Charest envoie le pôvre ministrucule Pierre Reid (en passant, on risque de ne plus le revoir, il serait en danger dans sa circonscription d’Orford) au batte, assurant, à qui voudrait le croire, qu’il s’agit bien d’une décision du ministère de l’Éducation, qu’il dirigeait alors. Mais le mal était fait, et malgré son dévouement aveugle envers son chef, Reid est tassé le 18 février suivant vers le poste, moins reluisant, de ministre des Services gouvernementaux. Février 2006, autre scandale, autre remaniement : Reid est exclu du conseil des ministres du Parti Libéral du Québec. Craquant sous la pression, Charest retire aux cinq écoles juives le financement qui leur avait été promis.

L’affaire du financement des écoles juives est unanimement dénoncée par les observateurs de la chose politique. Dans La Presse du 20 janvier 2005, Vincent Marissal résume magnifiquement la chose :

De deux choses l'une: ou bien Jean Charest savait que le boomerang reviendrait, mais il l'a lancé tout de même au mépris des avis contraires (ou parce qu'il avait promis de le faire) ou alors, il s'est aventuré dans ce champ miné sans se douter des risques qu'il courait. Dans les deux cas, ce n'est pas très rassurant puisque cela démontre que le premier ministre est borné, ou souffre d'une méconnaissance profonde de la société québécoise. De toute évidence, son Conseil des ministres, qui avait enfin l'occasion de discuter du sujet, lui a sonné quelques cloches.


De toute évidence, même après deux ans et un mois de campagne électorale, Jean Charest n’a pas changé…

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25 mars 2007

Liste Charest #28 : Patapouf et le développement économique des régions 


Olivier Niquet de Goudaille et Cent Papiers est l'un de nos célèbres lecteurs ;) Et il sait flatter dans le sens du poil. Il est aussi assez blood pour nous libérer un tant soit peu de la tâche de rédiger la Liste Charest.

Pour ma part, suis pas trop partisan de laisser la production d'énergie liée aux éoliennes au secteur privé, mais le texte d'Olivier, largement inspiré du travail de Louis-Gilles Francoeur (encore!) met bien en évidence l'incapacité du gouvernement Charest à diriger le développement économique, même quand cela pourrait se faire en conformité avec sa politique du tout-au-privé. Ou peut-être est-ce cela qui "clochait"; Siemens étant prêt à collaborer avec Hydro-Québec. Voici donc sa seconde contribution à la liste.

***

Le Devoir, sous la plume de Louis-Gilles Francoeur rapportait hier que le gouvernement Libéral avait refusé une offre de la compagnie allemande Siemens, désireuse d’implanter au Saguenay Lac Saint-Jean une usine où aurait été développé un nouveau modèle d’éoliennes nordiques. La compagnie aurait aussi envisagé la construction d’un centre de recherche à Montréal. L’usine sera plutôt construite en Iowa.

Radio-Canada, qui semble être le seul média à avoir repris la nouvelle (et bizarrement, dans son édition « Abitibi-Témiscamingue »), résume ainsi certaines caractéristiques inhérentes à l’offre de Siemens :

« La multinationale Siemens offrait de faire du Québec son centre de production éolienne pour l’ensemble du marché nord-américain, prévoyant entre autres faire affaire avec des entreprises québécoises de composantes éoliennes. Elle était aussi prête à verser des royautés à Hydro-Québec pour la vente du modèle dans le monde.
Siemens offrait de plus de plus la diminution du coût de revient de l’électricité éolienne à 6 cents le kilowattheure, plutôt qu’à 6,5 cents, comme obtenu lors du premier appel d’offres éolien de 1000 mégawatts en 2002. »

De plus, Louis-Gilles Francoeur explique que :

« Ce projet, selon Siemens, aurait « confirmé la place du Québec comme leader nord-américain dans la production d’énergie verte », aurait généré des investissements de 4,5 milliards de dollars, aurait assuré pendant sept ans un minimum de 600 emplois directs en région ainsi que 2000 emplois permanents dans des secteurs connexes et aurait placé le Québec en tête de la production éolienne en Amérique du Nord. »

Néanmoins, le gouvernement Québécois, par l’entremise du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, a refusé l’offre de Siemens, choisissant plutôt d’aller de l’avant avec une procédure d’appel d’offres pour 2000 MW (procédure à laquelle Siemens ne participera pas, selon les sources du Devoir).

Le Saguenay Lac Saint-Jean fait parti des cinq régions périphériques dites « ressources ». Généralement, les entreprises voulant s’y installer bénéficient de primes de localisation aux entreprises. Il semble que ce ne soit pas le cas ici et que Siemens aura principalement voulu bénéficier du fort potentiel éolien de la région.

Région qui est relativement dépendante de la multinationale Alcan qui y exploite quelques barrages privés alimentant en électricité ses usines de transformation de l’aluminium. L’usine d’Alcan à Alma serait la plus polluante au Québec, et l’entreprise comptait en 2005 pour 6,9% des émissions polluantes du Canada.

Dans sa plateforme électorale, le Parti Libéral du Québec rappelle que :

« Nous avons consacré l’engagement du Québec dans les énergies renouvelables en relançant le développement hydroélectrique et en propulsant le Québec parmi les principaux producteurs d’énergie éolienne en Amérique du Nord. »

En regard du souci croissant de la population envers les changements climatiques, on peut se demander s’il n’y aurait pas eu là une erreur de jugement (ou trois erreurs, comme l’explique Fernand Saulnier, expert consulté par Le Devoir) de la part du gouvernement de l’époque ?

[Le texte est d'abord paru sur Cent Papiers]

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24 mars 2007

Dumont méprise ses électeurs 


Ça m'avait échappé. Attaquant Boisclair, Mario Dumont a fait un Patrick Lagacé de lui-même et accusé le chef du PQ d'utiliser des "grands mots qu'on ne comprend pas".

Disons que j'aurais été d'accord pour dire qu'il utilise une langue aseptisée, mais bon, ça doit être trop compliqué pour les adéquistes... Moi aussi suis capable d'être méchant !

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La liste Charest: à trois jours du scrutin 


À trois jourd fu du scrutin, voici les 27 premiers éléments de notre liste des Trente bourdes du gouvernement du Parti Libéral du Québec lors de son mandat amorcé en 2003.

***

No. 1 : Privatisation du Mont-Orford, baîllon, juin 2006.
No. 2 : Les défusions municipales, publié sur Goudaille.
No. 3 : La hausse déguisée des impôts aux particuliers. (Merci à Infoman)
No. 4 : Accommodements raisonnables
No. 5 : La création de l'Agence des partenariats public-privé
No. 6 : Remembering "l'ostie de/maudite chienne"
No. 7 : La centrale le Suroit
No. 8 : Structurite et fusions d'établissements dans le secteur de la santé, publié sur L'Akratique
No. 9 : Privatisation de la gestion de l'eau par les municipalités
No. 10 :Les promesses en santé, bis

No. 11: Patapouf et la partition du Québec.
No. 12: Multiples hausses des tarifs d'électricité et gestion de l'Énergie, par Zircona sur la Tribu du verbe.
No. 13 : Loi 7 et 8 : Désyndicalisation forcée et condamnation par l'OIT.
No. 14 : Le "développement économique" de la faune
No. 15 : Patapouf et l'étiquetage obligatoire des OGM, par Mathieu C.
No. 16 : Tentative de mise à mort des CEGEPS, par Stéphane Thellen
No. 17 : Modification à l'article 45 du Code du travail et mise au pas des travailleurs québécois
No. 18 : Les hausses d'impôt
No. 19: La loi 142 imposant les conditions des employéEs du secteur public
No. 20 : Les "ainés" sacrifiés par la Politique du médicament
No. 21: Tentative de vol de 103 millions dans la caisse des prêts et bourses
No. 22 : Le CHUM
No. 23 : L'échec du gouvernement en ligne
No. 24 : Loi 57 contre les pauvres
No. 25 : Loi 124 et gestion chaotique du dossier des CPE
No. 26 : L'annonce de la construction du pont de la 25
No. 27 : Radotage et arrogance au PLQ

No. 28-30 : Dévoilement, à raison d'un item par jour, entre le 24 et le 26 mars.

N'hésitez pas à contribuer : voir notre appel à la blogosphère.

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Liste Charest # 27 : Le PLQ radote 


Enfin, une petite facile pour compléter ce sprint de rattrapage en ce samedi matin.

Il y a un certain temps de cela, les ministre Després et Boulay décidaient de radoter. C'est aussi la stratégie que semble avoir choisi d'adopter le "redoutable campainer" Jean Charest depuis un mois. Dans tous les cas, à mon humble avis, cela symbolise bien toute l'arrogance de ce gouvernement.



Criss que j'espère qu'ils vont se faire planter lundi, même si, quand on regarde cela de façon plus large (i.e. la montée de l'ADQ et le faux vernis altermondialiste féministe et progressiste du PQ), ça regarde mal. Je vous reviens avec un petit édito la-dessus. Compte faire un André Pratte de moi même.

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Liste Charest # 26 : La construction du pont de la 25 


Extrait du programme du PLQ 2007:
Augmenter de 8% l’achalandage des transports en commun. Cet objectif sera notamment atteint par la réalisation du Train de l’est, entre Montréal et sa couronne Nord, et le versement de 650 millions de dollars en 5 ans aux 9 sociétés de transport du Québec et aux conférences régionales des élus afin de développer les transports publics en milieu urbain comme en milieu rural.

C'est bien beau cette jolie rhétorique, mais pourquoi alors avoir annoncé la construction du pont de la 25, en mode PPP de surcroit...

Quelques faits à ce propos
  • En ajoutant 100 000 automobiles et camions sur le réseau artériel et dans les rues de Montréal, le pont de la 25 alimenterait ce processus sans fin de mal-développement urbain, si préjudiciable à Montréal. (Projet Montréal)
  • La compagnie Monit International possède dans le secteur 33,2 millions de pieds carrés acquis entre 1986 et 1988. Son président, Alex Kotler est un souscripteur à la caisse du parti libéral. Selon La Presse, en 1988, la famille d’Alex Kotler a fourni 6 000$ à la caisse du Parti Libéral. En 1989, le gouvernement libéral de Bourassa change le zonage de ses terrains à Laval. La valeur marchande de ses terrains est présentement de 7,6 M$ (millions de dollars) et passerait à la construction de l’autoroute 25 à 45,8 M$. Soit un bénéfice de plus 38 M$ ! (Parti vert)
  • Concernant un éventuel PPP, il est déjà acquis que la comptabilité du projet demeurera secrète, si bien qu’on ne saura pas quelle part du financement sera en fait assumée par le gouvernement. Or, selon nous, cette part ne sera pas inférieure à 60 %. C’est dire que, par le pont de l’autoroute 25, le gouvernement Charest voudrait dépenser au minimum 200 millions de dollars sans droit de regard pour la population, en plus de la livrer pieds et poings liés à la rapacité financière de l’une des franges les plus prédatrices du milieu des affaires, les constructeurs de routes et de ponts. (Projet Montréal)

Bref, comme disent les anglos, They talk the talk but they don't walk the walk. En fait pas tous, certains n'hésitent pas à cacher le fond de leur pensée :

«Le Québec est une société en croissance et une société en croissance, c’est
une société qui bâtit des routes».
- Yvon Marcoux, Ministre du Transport sous Patapouf

Au moins, il y a de l'espoir, il semble que la partie n'est pas encore complètement jouée.

***

Pour rester sur le thème du transport en commun, dans son budget 2006, Michel Audet annonçait ceci:
l’instauration d’un incitatif fiscal pour les entreprises qui assument les coûts du laissez-passer de leurs employés en tout ou en partie et la non-imposition de l’avantage qui en découle pour les employés.

Je réitère notre appel lancé il y a plus d'un an. Quelqu'un a profité de cette mesure ?

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Liste Charest # 25 : Loi 124 et gestion chaotique du dossier des CPE 


On a déjà évoqué dans cette liste les fameuses hausses de tarif dans les garderie à 5/7 $. Nous savons aussi depuis le débat que le Menteur - qui cherche à prendre de bonnes habitudes - refuse cette fois de s'engager à maintenir le tarif de 7 $ au cours d'un éventuel - mais de moins en moins sûr - mandat. À cela il faut ajouter, vous vous en rappelez sans doute, l'adoption de la loi 124 en décembre 2005 et la gestion chaotique du dossier des CPE par la ministre Carole Théberge et le gouvernement patapoufien.

Rappel sommaire des évènements :

Antécédents: Octobre 2003 : Le gouvernement force la désyndicalisation des travailleuses dans les CPE en milieu familiale.

LA CRISE

Octobre 2005 : Le gouvernement dépose le projet de loi 124. Il est répudié de toute part, la pression monte et plusieurs montent aux barricades parce que :
  • Les fondements de la qualité des services éducatifs à la petite enfance étaient mis en péril : ouverture à la commercialisation, diminution du pouvoir des parents, évacuation de la notion de programme éducatif, démembrement du lien CPE-milieu familial et atteinte aux partenariats avec la communauté. Le tout accompagné de compressions budgétaires majeures et de pertes d’emplois (AQCPE)
  • Il ne répond nullement aux préoccupations les plus souvent exprimées par les parents, soit les heures d'ouverture et les listes d'attente. Le projet de loi s'en prend au droit des parents de s'impliquer et de participer à la gestion et à l'orientation des services que fréquentent leurs enfants et constitue un recul important des principes de responsabilisation et de démocratisation. Le projet de loi soutire aux CPE la tâche qu'ils assumaient de soutenir d'encadrer et de guider les travailleuses en milieu familiale La ministre fait fi du fait démontré par plusieurs experts que la qualité des services de garde dans les CPE est supérieure à celle qu'on retrouve dans les garderies commerciales. (CSN)

Novembre 2005 : La mobilisation s'organise. Une coalition de syndicats et de représentants de la société civile réclame un débat public sur cette question. 12 000 personnes se rassemblent au Parc Jarry. 210 000 signent une pétition. Une mamam pas contente écrit à la ministre. D'autres dénoncent la walmartisation éventuelle du réseau des CPE

Novembre 2005 (suite) : Carole Théberge fait en partie marche arrière deux modifications au projet de loi 124: Il sera prévu très clairement et de façon non équivoque dans la loi qu'il sera impossible de mettre en place des « chaines » de garderies ET les 130 bureaux de coordination relèveront des Centres de la petite enfance (CPE) et non des fonctionnaires.

Décembre 2005 : Comme dans le cas des étudiant, on méprise la démocratie populaire. Un référendum bidon est organisé afin de berner la population. La campagne de désinformation est en marche :
Campagne de désinformation et de peur; intimidation auprès des éducatrices et éducateurs en milieu familial; gonflement artificiel des signatures de leur pétition contre le projet de loi 124; fermeture des CPE ce mercredi, qui aura pour seul effet de priver les enfants des services de garde éducatifs auxquels ils ont droit; utilisation et manipulation éhontées des « petits coeurs » d’un CPE à qui on « apprend » une comptine de protestation; tenue d’un « référendum » dont on prédit à l’avance le résultat favorable; et, pour ajouter l’insulte à l’injure, une interprétation très libre, pour ne pas dire une déformation pure et simple des résultats dudit référendum… (AEMFQ)
15 décembre. "Coup de force à Québec", la loi 124 est adoptée dans des "tristes circonstances"; la ministre Théberge étant tassée le temps de passer le projet. Le résultat n'est pas à à la hauteur :
  • adoption de la Loi 124 sous bâillon,
  • retrait du milieu familial de plus de 700 CPE,
  • perte nette de plus de 1000 postes en soutien pédagogique et en encadrement touchant principalement des femmes, pionnières du réseau,
  • coupure de plus de 50 % du budget alloué à l’encadrement de la garde en milieu familial [réduit de 104 M$ à 50 M$ en deux ans], etc." (AQCPE),
Pas étonnant que les travailleuses des CPE menacent encore de faire la grève.

Voilà c'est un peu brut. Pas aussi étoffé qu'on le voudrait, mais bon, je suis en mode rattrapage avec cette putain de liste. Pas que je manque d'idées... mais le temps, lui, fait défaut.

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23 mars 2007

Le Programme du Parti Libéral (joke de geek) 


À lire ici.

Via [goudaille]

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Bientôt ministre ? 




Voilà. Obligé de dire que c'est une coche au-dessus de Jean-Francois Plante, Christian Raymond et l'autre là, celui qui accuse les Juifs de faire des guerres pour replacer leur économie. Ah, oui, Gilles Gagnon.

Via [l'Akratique


21 mars 2007

Liste Charest # 24 : La loi 57 contre les pauvres 


Encore une fois, faute de temps, vais devoir emprunter la plume des autres.

La loi 57 sur l'aide au personnes et aux familles, qu'est-ce que c'est ?

Cette loi "qui viole l'égalité des droits" et qui donne au gouvernement le pouvoir de persister à dévaluer une prestation de base qui a perdu 30% de sa valeur en 20 ans, a été adoptée en juin 2005. Le PLQ l'a présentée comme étant la mise en oeuvre de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale (loi 112) de 2002... MAIS, dans les faits, il s'agit plutôt de lutte contre les pauvres:
"elle [la loi] appauvrira davantage les personnes et les familles à l'aide sociale: en mettant fin à l'allocation de 113 $ par mois pour les 55 ans et plus; en n'instaurant pas un vrai barème plancher, c'est-à-dire une prestation de base qui assure la couverture des besoins essentiels; en continuant de s'approprier la pension alimentaire versée au bénéfice d'un enfant; en augmentant les pouvoirs discrétionnaires du ministre tout en diminuant les droits de recours" (Francoise David, dans Le Devoir, 14 juin 2005)
Aussi - et vous verrez qu'on ne peut pas dire que Patapouf manque de cohérence et de suite dans les idées lorsqu'il s'agit d'aider ses tizamis du privé ou de démanteler l'État - Madame David relève ceci:
Un autre élément inquiétant du projet de loi 57 est passé inaperçu jusqu'à maintenant. Le ministère de la Solidarité sociale ouvre la porte à des partenariats avec des fondations privées, des municipalités et des organismes communautaires pour la mise en place de «programmes spécifiques» (...) Avec le projet de loi 57 adopté d'ici à la fin de la présente session parlementaire, le gouvernement Charest tente-t-il de transférer la responsabilité de la lutte contre la pauvreté aux individus, aux familles, aux communautés, aux fondations?
Pour sa part Lucie Poirier s'insurge, avec raison, du fait " que les personnes assistées sociales sont désormais soumises au bon vouloir, à l’arbitraire, à l’humeur, à la condescendance, aux reflux gastriques, aux démangeaisons gênantes et autres virements de girouettes des agentEs ainsi que de la ministre qui peut, selon son irritation du moment, ses caprices du jour ou l’air du temps ajouter des conditions particulières autres que celles prévues au règlement". Bref:
les normes d’application des Programmes spécifiques de l’Aide sociale ne sont pas publiées. Les recours (demande de révision et droit d’appel sur les décisions rendues) deviennent impossibles. Tout en contrevenant à la loi d’accès à l’information, le gouvernement fournit ainsi à ses agentEs la possibilité d’abuser de leur pouvoir décisionnel et l’occasion d’humilier, insécuriser, menacer les pauvres assistéEs qui ne savent pas à quoi s’attendre et sont d’avance condamnéEs à l’impuissance [Sisyphe, 8 janvier 2007]
Voir aussi le dossier compilé par le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

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Campagne d'humeur 



C'est le dernier droit de la campagne électorale, et qu'est-ce qu'on rigole! Charest, d'abord, qui vient de passer pour un sacré fou avec sa promesse de verser les 700 M$ en baisses d'impôt - une mesure non seulement électoraliste (c'est pas croyable, on pensait que Mario Dumont avait atteint le fond du baril en la matière, eh ben le Menteur en chef l'a coiffé!) mais qui ne bernera personne ayant toujours en mémoire ses promesses de la campagne 2003.

Mais voilà, y'a qu'à fouiller pour trouver d'autres détails cocasses. D'abord, ma stupéfaction de voir hier soir, à la télé de Radio-Canada, durant la portion du "temps d'antenne gracieusement mis à la disposition des partis politiques", la pub absolument pissante (parce qu'absurdement débile) du Bloc Pot, mettant en vedette le candidat Richard Lemagnifique. Les électeurs ont vu ça. À la tivi. Comedy gold!



C'est le cas de le dire: j'ai halluciné hier soir devant le téléviseur.

Ensuite, les Alarmistes récidivent et proposent (déjà) une sorte de bilan de campagne électorale baptisé "Le gala des Ménisses"



Et puis, trouvé chez Schnobb, un amusant clip où Patapouf et Dumont sont passés au ralentis pour avoir l'air paquetés. Ça a l'air tout con comme ça, mais essayez de ne pas rire:



Et pour terminer, des images de ce que Dumont a baptisé le "traumatisme de Varennes"...



20 mars 2007

Liste Charest # 23: L'échec du gouvernement en ligne 


Le gouvernement en ligne. Une autre promesse de Jean Charest. Une autre promesse non tenue, nous a rappelé Michel Monette, blogueur ( Techmocratie.org), collaborateur régulier à Agoravox et CentPapiers, observateur des TIC. Il nous écrivait, au début de la campagne électorale, que ce gouvernement en ligne développé par Charest « est une grosse bourde : beaucoup de papier, mais peu de réalisations".

Il ne suffit d'ailleurs que d'une simple recherche à propos du gouvernement en ligne québécois pour faire le même constat que Michel Monette. Tiens, d'abord, une petite colle: qui c'est qui s'occupe de ça, le gouvernement en ligne, dans le gouvernement Charest? Monsieur Henri-François Gautrin, député de Verdun. Très exactement, il l'a été du 18 février 2005 au 27 février 2006. Et qui a pris sa place depuis un an? Personne, m'a répondu Google.

Corrigez-moi si je me trompe, car je ne peux pas croire qu'il n'y ait plus de pilote dans l'avion du gouvernement en ligne. Je veux dire: c'était une promesse, non? Et puis, on a mis un homme là dessus? Alors? Des résultats?

Remarquez que si c'est vraiment le cas, s'il n'y a plus personne à bord du gouvernement en ligne, admettez que ça illustre bien la manière dont ce dossier est mené. À propos du gouvernement en ligne, écrit Monette dans un article publié sur Cent Papiers le 28 février dernier:
Du côté du parti au pouvoir, le parti libéral du Québec, le programme électoral est muet sur la question. Pourtant, n’est-ce pas le gouvernement que dirige ce parti qui vient à peine de publier Vers un Québec branché pour ses citoyens ? Ce document va aussi loin que de dire : " il s’agit d’avoir recours aux nouvelles technologies de l’information et des communications afin de recréer une agora virtuelle qui permette aux citoyens de prendre part aux débats entourant les enjeux auxquels fait face un gouvernement donné. "

Cette belle rhétorique nous met l’eau à la bouche, mais la suite coupe l’appétit. Les propositions concrètes du gouvernement libéral se résument au vote électronique par Internet, le jour où celui-ci sera enfin sécuritaire, et à la création de forums " régis par une autorité indépendante du gouvernement ". Aux claviers, citoyens !


À ce texte, Pierre Chantelois réagissait, dans des commentaires qu'il convient de publier ici à nouveau:

Ce qui m’attriste le plus est de constater que le
gouvernement du Québec, depuis quatre ans, n’a pas évolué sur la
question des services en ligne donnés à la population. Lorsque j’étais
au gouvernement, j’avais évalué à environ 2 milliards de dollars les
dépenses, sur quatre ans, du gouvernement au poste informatique de
l’ensemble des ministères et organismes. Le citoyen lui, qu’en
reçoit-il ? Bien peu de choses. Il suffit de voir l’évolution
extraordinaire de la France (https://www.administration24h24.gouv.fr/)
en la matière pour constater que le Québec a perdu la course.

Le Parti libéral du Québec avait promis, dans son
manifeste politique, de faire du Québec le leader mondial des services
en ligne. On repassera.

Sur la démocratie en ligne, le Conseil du trésor avait créé un task force. Plus rien. Nothing at all.

Il fut un temps où on avait deux ministres qui s’occupaient des services en ligne : Pierre Reid et Jean-Francois Gautrin.

Monsieur Gautrin a pondu une brique sur les services en ligne. Il devient ministre. Plus rien. Nothing at all.

J’ai pris ma retraite. Il était temps. Le Québec a
perdu la course en matière de NTI et de services aux citoyens. Un point
c’est tout."


19 mars 2007

Budget fédéral: les commandites (prise 2) 


«Lundi, ça va très bien se passer», a lancé le ministre fédéral Michael Fortier à Jean Charest, à sa sortie de la Basilique St-Patrick

"Je lui ai souhaité bonne chance. Il sait très bien qu'il peut compter sur mon appui, a dit M. Fortier par la suite à la presse. Je vais appuyer M. Charest et le Parti libéral. Je travaille avec des ministres de M. Charest depuis un an. Ce sont des gens qui travaillent très bien, pour le bienfait des contribuables québécois. Ils défendent les intérêts des contribuables québécois",
-Michael Fortier
(encore)

Patapouf peut bien prendre Michael Fortier pour un "Monseigneur":
Après avoir assisté à la messe célébrée par le cardinal Jean-Claude Turcotte, et avoir rencontré le ministre fédéral des Travaux publics Michael Fortier, le premier ministre Jean Charest a commis un lapsus qui a fait rigoler les journalistes. Il a vanté le prêche prononcé à l'église par Monseigneur ... Fortier. (Matinternet)
Bilan. Comme lors des désormais célèbres "commandites", on pousse du cash au Québec afin d'acheter des votes. Mais cette fois, on fait cela au grand jour. Sans aucune gène.

Tout ça programmé une semaine avant le jour du vote. Nous prennent vraiment pour des caves dociles.

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Liste Charest # 22 : Le CHUM 


Liste "expresse" aujourd'hui.

De quoi que je cause.

Du CHUM. Du CHUM. Re-CHUM et encore du CHUM.

Quel bourbier.

Besoin d'un rappel concernant les enjeux :

Voir le dossier sur Vigile

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18 mars 2007

Bilan de la campagne 


Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

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Liste Charest: Trois semaines plus tard 


Comme prévu, dix jours avant la date fatidique, nous voici rendu à plus du deux tiers de la liste des Trente bourdes du gouvernement du Parti Libéral du Québec lors de son mandat amorcé en 2003. Le meileur (sic) est encore à venir!

***

No. 1 : Privatisation du Mont-Orford, baîllon, juin 2006.
No. 2 : Les défusions municipales, publié sur Goudaille.
No. 3 : La hausse déguisée des impôts aux particuliers. (Merci à Infoman)
No. 4 : Accommodements raisonnables
No. 5 : La création de l'Agence des partenariats public-privé
No. 6 : Remembering "l'ostie de/maudite chienne"
No. 7 : La centrale le Suroit
No. 8 : Structurite et fusions d'établissements dans le secteur de la santé, publié sur L'Akratique
No. 9 : Privatisation de la gestion de l'eau par les municipalités
No. 10 :Les promesses en santé, bis

No. 11: Patapouf et la partition du Québec.
No. 12: Multiples hausses des tarifs d'électricité et gestion de l'Énergie, par Zircona sur la Tribu du verbe.
No. 13 : Loi 7 et 8 : Désyndicalisation forcée et condamnation par l'OIT.
No. 14 : Le "développement économique" de la faune
No. 15 : Patapouf et l'étiquetage obligatoire des OGM, par Mathieu C.
No. 16 : Tentative de mise à mort des CEGEPS, par Stéphane Thellen
No. 17 : Modification à l'article 45 du Code du travail et mise au pas des travailleurs québécois
No. 18 : Les hausses d'impôt
No. 19: La loi 142 imposant les conditions des employéEs du secteur public
No. 20 : Les "ainés" sacrifiés par la Politique du médicament
No. 21: Tentative de vol de 103 millions dans la caisse des prêts et bourses
No. 22 : Le CHUM

No. 23-30 : Dévoilement, à raison d'un item par jour, entre le 18 et le 26 mars.

N'hésitez pas à contribuer : voir notre appel à la blogosphère.

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Liste Charest # 21 : Tentative de vol de 103 millions dans la caisse des prêts et bourses 


Impossible de passer à coté de ce 21ème élément de la liste puisque les manoeuvres déloyales du gouvernement de Jean Charest ont engendrés la plus grande grève étudiante de l'histoire du Québec qui regroupa, à son apogée, plus de 230 000 étudiants de niveau post-secondaire sur un total d'environ 450 000.

Rappel de quelques faits
  • Au cours de la campagne électorale de 2003, le Menteur promettait le gel des frais de scolarité pour les études post-secondaires tout en maintenant son désir de baisser les impôts
  • Lors de l'adoption du budget 2004-2005, le gouvernement annonce une réforme du régime d'aide financière aux études qui consistera en une augmentation de la limite d'endettement ainsi qu'en une conversion de 103 millions $ de bourses en prêts.
  • Dès octobre 2004, l'ASSÉ militera de façon claire en faveur d'une grève générale illimitée pour la session d'hiver 2005. La FECQ et la FEUQ suivent parla suite.
  • Le 30 mars 2005, au bas mot, 12 000 étudiants se réunissent au Parc Lafontaine à Montréal pour souligner le premier anniversaire des modifications au programme des prêts et bourses.
  • Après 6 semaine de grève, une entente de principe avec le ministère de l'Éducation, qui consiste à réinvestir 482 millions de dollars de prêts en bourse, pour les cinq prochaines années. Le retour des 103 millions de dollars est promis pour 2006. (tiré et édité à partir de Wikipédia)
Pour Le Périscope, ce que l'on doit retenir de ce conflit, c'est que non seulement le gouvernement Charest a-t-il tenté de couper dans le régime de prêts et bourses, mais surtout, c'est qu'il a négocié la sortie de crise au mépris de la démocratie syndicale étudiante:
Sur les 185 000 étudiants ayant participé au mouvement de grève générale illimitée, 110 000 voteront contre l'entente, alors que 75 000 l'accepteront. (Radio-Canada)
À cet effet, voir aussi notre bilan des assemblées-générale étudiantes lors de la grève (et notre fil de presse).

***
Ajoutons enfin que le PLQ affirme aujourd'hui - au moins il nous prévient - qu'il veut dégeler les frais de scolarité à l'université (voir aussi le texte Quel gel !). Cela dit, "chassez le naturel, il revient au galop". Ainsi, se cachant derrière le fait qu'il propose d'augmenter les droits de scolarité de 2 $ par semaine, le PLQ ne crie pas trop fort que cela représentera, au bout d'un éventuel mandat, une augmentation de 30 %.

Pire encore, il affirme que la contribution des étudiants ne représentera que 10 % du refinancement... ce qui ne résiste pas à l'épreuve des faits, même pas celle de Radio-Canada (voir le cinquième item sur la liste). Dans les faits, selon le plan libéral envisagé, les étudiants assumeront la très grande partie du réinvestissement. On l'a compris et on ne votera pas pour cela.

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Liste Charest # 20 : Les "ainés" sacrifiés par la politique du médicament 


Il y a quelques jours Patapouf annoncait la création - dans l'éventualité de moins en moins certains qu'il soit réélu - d'un ministère des ainés. Soit. Mais pourquoi ne pas l'avoir fait avant. N'est-ce pas sous son règne que l'on a pu constater les lacunes dans les CHLSD et surtout, dans les maisons privées pour "personnes en perte d'autonomie" ?

Surtout, s'il a les "ainées" à coeur, pouquoi la Politique du médicament rendue publique au début février (2007) par le ministre Couillard - celui qui s'est transformé en Capitaine Bonhomme - omet-elle d'accorder la gratuité aux 380 000 "ainés" recevant en partie le supplément de revenu garanti ? Charest l'avait pourtant promis en 2003. Menteur. Again.

Encore une fois, le PLQ a choisi de favoriser ses tizamis du privé.
Le gel des prix des médicaments reconnus par le régime public d'assurance, décrété en 1994, sera aboli dès le printemps prochain, ouvrant ainsi la porte à des hausses substantielles des prix (...) Le gouvernement Charest s'est en effet plié à l'argumentaire des compagnies pharmaceutiques qui réclament depuis des années le dégel des prix de leurs produits(Radio-Canada)
Voilà ce qu'en pense la Coalition Solidarité Santé:
La nouvelle Politique du médicament avantage l’industrie pharmaceutique qui l’a accueillie très favorablement. À l’opposé, ce sont les consommateurs qui feront les frais des largesses d’un gouvernement trop à l’écoute du lobby pharmaceutique.

Le Québec, qui est au dernier rang des provinces canadiennes pour les dépenses de santé, est pourtant la province qui dépense le plus en médicaments d’ordonnance par habitant. En nous ramenant au niveau de la moyenne canadienne, le Québec économiserait annuellement 470 millions. En autorisant la croissance du prix des médicaments, le gouvernement risque d’élargir l’écart qui défavorise le Québec.

«A-t-on pensé aux citoyennes et aux citoyens dans cette politique, se demande Gabrielle Pelletier, porte-parole de la coalition qui constate que le coût de l’assurance privée pour médicaments pour une famille québécoise s’élève maintenant à plus de1400 $ par an ? Il n’y a pas de frein à la croissance des coûts dans cette politique. Il faut donc s’attendre à une croissance annuelle de 10 % par an, soit des frais additionnels de près de 150$ pour chaque famille assurée ». Les assurés du régime public, dont les revenus sont généralement moins élevés, se verront pénalisés par de semblables hausses annuelles, estime Gabrielle Pelletier.

Les entreprises et les employés qui se partagent les cotisations aux assureurs privés sont les grands perdants de cette politique. Les seuls vrais gagnants sont les multinationales pharmaceutiques et les assureurs.La Coalition déplore que dans la Politique du médicament se mêlent les enjeux touchant l’accessibilité et la santé publique avec les enjeux de politiques industrielles du gouvernement.

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DemocraticSpace: "De mal en pis pour Jean Charest" 


Treizième mise à jour pour DS, en comptabilisant les données du sondage de StrategicCouncil (lequel sondage ne fait pas l'affaire de Pratte - on sait ben, quand ça ne l'arrange pas, il boude). Les chiffres parlent d'eux-même:



17 mars 2007

Sondage StrategicCouncil-G&M-CTV: Le PQ en tête 


Autre jour, autre sondage: Strategic Concil a réalisé un sondage pour le compte du Globe & Mail/CTV plaçant pour la première fois de la campagne le Parti Québécois en tête des intentions de vote, avec 32%. Le gang Charest s'en tire avec 30%, mais la surprise ici est de voir l'ADQ à 26% - une sacrée marge en comparaison avec la dernière livraison de Léger Marketing. Le sondage a été mené dans les deux journées suivant le débat des chefs, auprès de 1000 répondants.

Détails ici et ici.

N.B.: les lecteurs qui ont tenté de se rendre à la page de DemocraticSpace hyperlinké dans notre précédent post pourraient, ou non, prendre le champ virtuel. Aucune idée de ce qui se passe dans le camp DS mais depuis que nous avons affiché les résultats de leur 12e mise à jour, l'entrée est disparue, puis réapparue, à deux reprises. Pour l'instant [12h45], la mise à jour n'est toujours pas disponible... On a hâte de voir si DS se mettra une 13e fois à jour avec les résultats du sondage StrategicCouncil. On attend également un sondage CROP-La Presse pour le début de cette prochaine semaine.


16 mars 2007

DemocraticSpace: "Les Libéraux désormais en territoire minoritaire" 


Le site DemocraticSpace vient de mettre à jour ses projections en fonction du dernier sondage Léger Marketing. Mettons que Charest & co. viennent de prendre une méchante débarque. Voyez par vous même:



Tiré du blogue de campagne électorale québécoise 2007:
La vue d’ensemble demeure celle d’une course très serrée. 36 circonscriptions (29%) sont «trop serrées pour prédire» et 24 (19%) d’entre elles sont «serrées». Considérant que presque la moitié des comtés sont considérés «concurrentiels». Cette campagne se dirige vers une victoire décidée à l’aide d’un photo-finnish. Avec 10 jours à faire, rien n’est joué, surtout en raison du dépôt le 19 mars prochain du budget fédéral par le gouvernement minoritaire conservateur de Stephen Harper.Il semble de plus en plus certain que l’élection québécoise sera décidée en fonction de la réaction des Québécois à un budget fédéral, que les experts estiment d’ores et déjà généreux pour le Québec, en raison de l’alliance stratégique entre Charest et Harper.


Considérant la méthodologie de DemocraticSpace, le prochain sondage CROP-LaPresse devrait confirmer encore la chute libérale et donner une mesure plus précise de la lutte PQ-ADQ dans les comtés chauds. À suivre.


15 mars 2007

Liste Charest # 19 : la loi 142 imposant les conditions des employéEs du secteur public 


Parce qu'on manque de temps, mais aussi parce que c'est le fun de profiter du "feedback" des lecteurs, je propose de procéder un peu différemment pour ce nouvel élément de la Liste Charest.

D'abord, je rappelle - pour ceux qui vivraient sur une autre planète - ce qu'est la loi 142 adoptée sous le baillon (encore) par le PLQ en 2005:
La loi 142, adoptée le 15 décembre 2005, impose les conditions de travail aux employé-es de l'ensemble du secteur public. Elle fixe les salaires pour une période de 6 ans et 9 mois. Les salarié-es du secteur public recevront un total de 8 % d'augmentation, soit à peine un peu plus de 1 % par année. De plus, elle retire le droit à la libre négociation jusqu’en 2010. Elle met en place des mesures répressives qui commandent l’exercice normal de toutes les fonctions des salarié-es en tout temps et qui interdisent tout ralentissement, diminution ou altération quantitative ou qualitative d’activités, et ce, peu importe les raisons légitimes ou non. Cette loi comporte des sanctions très lourdes et des amendes pour les individus et les associations de personnes qui voudraient exprimer, par des actions concertées, leur désaccord avec une position patronale. (Le site du monde du travail)
Mais surtout, j'aimerais inviter les lecteurs et lectrices concernéEs à nous faire part de leurs expériences personnelles en laissant un message dans les commentaires. Je rajouterai les "meilleures" citations au corps du billet.

Enfin, juste pour boucher ceux qui oseraient dire que les travailleurs du secteur public sont des "privilégiés", j'ajouterai ceci:
Selon le rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), en 2006, « le salaire des employés de l’administration québécoise est en retard de 15,2 % par rapport à celui de l’ensemble des autres salariés québécois travaillant dans les établissements de 200 employés et plus. Un retard est aussi noté vis-à-vis du secteur privé (- 15,7 %).

Sur le plan de la rémunération globale, qui considère les avantages sociaux et les heures de travail en plus du salaire, l’administration québécoise affiche un retard de 12 % face à l’ensemble des autres salariés québécois et de 8,2 % face au secteur privé ». Plus encore, « lorsque les années 2001 et 2006 sont considérées, la situation comparative de l’administration québécoise s’affaiblit vis-à-vis de presque tous les secteurs (…) par rapport au secteur privé dans trois catégories d’emplois, soit les professionnels (- 12,9 %), les employés de bureau (- 9,1 %) et les ouvriers (- 10,4 %).

Lorsqu’on observe l’évolution de l’écart salarial entre le secteur public et le secteur privé sur une plus longue période, on constate un retournement complet de la situation: "entre 1990 et 1998, un affaiblissement est constaté face à tous les secteurs, tant pour les salaires que pour la rémunération globale, l’affaiblissement le plus marqué est observé vis-à-vis du secteur privé, soit 8,4 % sur le plan salarial et 7,7 % pour la rémunération globale » (IRIR, 1998 : 1, 7).

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Lâche pas bonhomme 


L'ineffable André Pratte se plaint des méchants médias. Au sujet de l'incident de ce matin alors que Patapouf s'est fait varlopé, il écrit:
Mais pourquoi les travailleurs d’usine qui applaudissent quand Charest (ou Boisclair ou Dumont) passe par chez eux n’ont-ils même pas droit à un entrefilet?
On croirait lire un vulgaire blogueur frustré [comme nous tiens! ;)]. On retiendra cependant cet éclair de "lucidité" :
"Les médias - dont je suis, évidemment - ont le don d’imposer une vision des choses et il est parfois difficile de savoir d’où vient cette vision exactement".
À encadrer.

Allez donc lire Michel C. Auger. Lui, il l'a l'affaire.

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Liste Charest # 18: Les baisses d'impôt (bis) 


Ah! Les promesses de baisses d'impôt de Jean Charest! C'est comme les promesses sur la santé: quatre ans plus tard, on voit ce que ça donne.

Nous nous sommes déjà penchés sur les chiffres de ces promesses; mais rien ne veut le fiel de l'homme de la rue, servez-vous un bon café et prenez connaissance de cet échange qu'a eu le premier ministre avec un travailleur d'une usine de la ville de Varenne, qui l'attendait à la sortie de son autobus. Niiiice, comme dirait Borat.

Tiré de l'article "Charest apostrophé par des travailleurs", Tommy Chouinard, La Presse:
«Je m’excuse mais la comparaison n’est pas bonne. Si vous seriez (sic) comme moi un salarié qui se fait manger la moitié de sa paie, et qu’il arrive avec un compte d’Hydro qui à toutes les estick d’années augmente, je ne comparerais pas ça de la même manière. Je pense que je préférerais être en Alberta. Qui s’enrichit? Les compagnies ou nous autres les payeurs de taxes?»

- Je vous donne un exemple, a répondu M. Charest. En 2005, avec 3% d’exportation de son énergie, Hydro-Québec a fait 30% de ses profits. C’est pour ça que ça devient intéressant.

- Ça n’a pas empêché l’augmentation de nos comptes d’Hydro.

- Mais personne ne propose de geler non plus les comptes. L’électricité se paie moins cher au Québec.

- Mais moi, je ne vois pas où je m’enrichis. Nos comptes d’Hydro augmentent à toutes les maudites années. À quoi ça sert d’agrandir et de vendre ailleurs si ça me coûte toujours plus cher.

- L’électricité au Québec coûte à peu près 60% moins cher qu’en Ontario.

- Mais on est loin de s’enrichir. Nous, les payeurs de taxe, on est loin de s’enrichir. On s’appauvrit. C’est vrai que les compagnies s’enrichissent. Regardez les maisons qui se bâtissent et les voitures qui se promènent. Il y a de l’argent sur la route. Des cabanes de 1 ou 2 millions, il y en a en masse (…) Nous autres, on déménage, on rapetisse nos maisons à cause du compte de taxe d’Hydro, du compte de taxe scolaire, du compte de taxes municipales qui augmentent. (…) On s’enrichit, nous?

- Il faut faire en sorte qu’on puisse baisser les impôts de manière…

- Comment vous avez dit à votre denier mandat… On va baisser les impôts…

- On a fait 65% du chemin.

- Moi, j’ai perdu du pouvoir d’achat en maudit. Vous êtes mieux de rien dire parce que ca me coute trop cher.

- On a fait 65% du chemin depuis qu’on a été élu. On va atteindre la moyenne canadienne. On va y arriver en tenant compte de nos moyens financiers.»

Un autre travailleur, Jacques Chicoine, a lancé : «Allez-vous les baisser, les impôts? Vous seriez dû!

- Dans notre plan, on est les seuls à dire qu’on va le faire graduellement. Merci»

***
[Bonus track...nous inventons]

[travailleur] Pis tu sais quoi Jean ?
[Patapouf] Non
[Travailleur] J't'ai cassé.

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"L'ADQ n'est pas prête à gouverner seule" 


Ce sont les mots de Bryan Breguet, Directeur des affaires politiques de la Commission des jeunes adéquistes et membre de la "Coalition des esprits libres " (ahem!), tels qu'exprimés sur l'entrée intitulée "Je veux une coalition" de son blogue, De gauche à droite. "L'ADQ n'est pas prête à gouverner SEULE, et en fait, je ne suis pas sûr que l'ADQ aura jamais l'opportunité d'être élue majoritaire", croit le militant adéquiste.

Philippe Schnobb de Radio-Canada a relevé l'observation de Breguet, qui a voulu préciser ses propos en effectuant une mise à jour. Le fond reste néanmoins limpide. Le membre de l'exécutif de la CJADQ souhaite voir une coalition ADQ-PLQ dans l'éventualité , de plus en plus réaliste, d'un prochain gouvernement minoritaire, puisque " de plus, PLQ et ADQ ne sont pas si éloignés sur bien des sujets et Charest ne serait sans doute pas si mécontent d'avoir une aile droite plus forte", écrit-il. Nous ne saurions mieux dire.

Quand la sonnerie de la réalité se fait entendre...

[MàJ] J'ai oublié un détail capital. Tiré du carnet de Schnobb:
Le blogueur Stéphane Dion m'indique aussi que le membre de l'exécutif de la commission des jeunes s'est prononcé en faveur de la partition du Québec.


C'est donc vrai qu'ils ont des positions en commun, les adéquistes et les libéraux...

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14 mars 2007

À tête reposée 


Cette 22e journée de campagne électorale s'est avérée plutôt instructive, tant dans les nombreuses analyses d'après débat des chefs (suivi par 1.7M de Québécois) que dans le déroulement de la journée aux côtés des chefs.

Amusons-nous d'abord à dresser un bref bilan des différents points de vue exprimés par les spécialistes sur le débat des chefs d'hier.

La Presse/Le Soleil/ Gesca:
André Pratte:"Le chef du Parti québécois, André Boisclair, ne pouvait se permettre aucune erreur, tellement de Québécois avaient une piètre opinion de lui. Il est certainement celui qui a le plus surpassé les attentes.[...]Pour le reste, le premier ministre sortant a décliné ses réalisations, parfois sans passion. [...]Au total, M. Charest n’a probablement ni perdu ni gagné d’appuis hier soir."
Yves Boisvert: "Y a-t-il un gagnant? Il n'y a pas vraiment de perdant en tout cas. Pas de coup assassin, de gaffe terrible."
Alain Dubuc: "[Boisclair] n'a certainement pas réussi à corriger son image, qui lui nuit tant, et de communiquer aux téléspectateurs le fait qu'il était capable de chaleur et de compassion. Et son agressivité a pu avoir un effet pervers. [...] Mario Dumont [...] est peut-être celui qui a le mieux fait."
Michel C.Auger: "L'or à Dumont, l'argent à Boisclair", titre-t-il. "Mais il est impossible de donner une médaille, même de bronze pour la troisième place, à un Jean Charest qui est apparu fatigué après avoir passé la soirée sur défensive et sans jamais trouver les mots qu’il fallait pour défendre efficacement le bilan de son gouvernement."

Le Devoir:
Michel David: Avantage au PQ, titre-t-il: "André Boisclair a démontré hier soir qu'il était trop tôt pour l'enterrer. Alors que plusieurs le tenaient pour une quantité négligeable, le chef du PQ a dominé le débat."

Bon, on pourrait encore vous référer aux bulletins télévisés de Radio-Canada, à LCN, RDI, TVA, vous voyez le portrait. Plus important encore, si vous avez écouté le débat, vous vous êtes fait votre idée, laquelle comptera davantage auprès de vos proches qui ne l'ont pas écouté que tout ce qu'auront résumé les spécialistes.

C'est une autre évidence, les prochains jours vont confirmer s'il y a bel et bien eu un gagnant - on semble ne pas s'entendre sur qui - ou un perdant - ça, c'est clair: Charest a perdu. En fait, un simple coup d'oeil sur les manchettes d'aujourd'hui révélait beaucoup à propos de l'issue du débat.

Qu'a fait Boisclair? La tournée des animatrices radiocanadiennes, une rencontre avec les représentants de la Fédé des municipalités, un saut à Trois-Rivières, un happening au National avec des jeunes. Ça avait presque l'air d'une journée de congé pour Boisclair, qui visiblement surfait sur la vague de réactions positives à propos de sa performance de la veille.

Pas de congé pour Mario. C'est tout comme s'il avait encore envie de se battre après avoir asséné de bons coups à Charest hier soir. Non seulement il défend son "lapin" de document relatif au viaduc La Concorde, mais en il rajoute en réclamant la tête du ministre Després (ça, on est bien d'accord, mais pas forcément pour cette raison précise...) et remet en question l'impartialité du comité que pilote M.Johnson. Vraiment, Dumont s'arrange pour qu'on parle encore longtemps de son lapin... et Charest ne trouve rien de mieux que mordre à l'hameçon.

En fait, toute la journée s'est avérée catastrophique pour Jean Charest. Non seulement a-t-il eu à répondre aux journalistes (et aux membres de son parti, devinons-nous) de sa contre-performance, non seulement a-t-il eu à se frotter à nouveau à Dumont à cause du "lapin", mais en plus, il a réussi à se mettre à dos les maires des régions en leur faussant compagnie à la dernière minute (il a préféré visiter la Chambre de commerce de Saguenay)! Vraiment mal avisé d'envoyer chier ceux qui pourraient faire la différence le jour du scrutin... Le maire de St-Prime (célèbre village bleuet qui a vu naître Fred Fortin, sauf erreur) ne s'est pas gêné pour dénoncer le chef libéral. Franchement, Jean, ça ne valait pas la peine de mentionner par trois fois le nom de la région Saguenay-Lac-St-Jean durant le débat, si c'est pour les laisser tomber le lendemain...

Anyway, on a hâte au prochain sondage. On vous laisse enfin avec la dernière production des Alarmistes...

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Liste Charest # 17 : Modification à l'article 45 du code du travail et mise au pas des travailleurs québécois 


D'abord, voudrais dire un chaleureux bienvenu aux nombreux nouveaux visiteurs qui passent par ici depuis quelques jours... depuis que notre "Drinking game" a été "linké" à de nombreux endroits. C'est d'ailleurs fort agréable de constater que cette initiative ait suscité tant d'entrain... Cela dit, on se démène depuis deux semaines afin de fournir du "contenu" au débat avec la Liste Charest qui, elle, semble susciter moins d'enthousiasme chez les observateurs de la blogosphère [on doit exclure ici M. Schnobb de Radio-Canada qui rapporte assiduement nos initiatives depuis quelques semaines]... Anyway, ca doit être un signe des temps.

Voici donc le dix-septième élément de la liste, "la modification de l'article 45 et la mise au pas des travailleurs du Québec"!

***

Nous le savons, les grandes corporations sont de plus en plus nombreuses à vouloir scinder leurs activités afin de se dégager des conventions collectives. Les luttes largement médiatisées menées autant par les téléphonistes de Bell que par les préposés aux services à la clientèle de Vidéotron en ont fait foi au tournant du siècle, celles à la SAQ, l’ont rappelé plus récemment.

La loi 31, adoptée par Patapouf à l’automne 2003, est venue cautionner l’antisyndicalisme du patronat québécois. Elle avait suscité — s’en surprendra-t-on — l’enthousiasme du Conseil du patronat qui était alors «très content» de cette modification puisqu'elle représente une «réelle amélioration », pour reprendre les termes de son président, Gilles Taillon, aujourd’hui numéro 2 de l’ADQ…

Dans les faits, non seulement le projet de loi 31 est-il venu cautionner le recours à l’impartition, la sous-traitance, et, par le fait même, le glissement d’un nombre toujours plus grand de travailleurs vers les marchés périphériques du travail, mais surtout, il permettait dorénavant aux entreprises de se débarrasser des conventions collectives qu’elles avaient auparavant signées avec ses employés sans risque de poursuites judiciaires. Deux ouvertures béantes sont créées :
1) Dans le cas d’une concession partielle à un sous-traitant, l’article 45 qui protège les droits syndicaux des travailleuses et des travailleurs s’appliquerait seulement lorsqu’il y a vente de la plupart des éléments caractéristiques de l’entreprise. Par exemple, un sous-traitant n’aurait pas à reconnaître les droits du personnel syndiqué si l’établissement lui confiait seulement une partie de ses fonctions (ex. : l’entretien des chambres dans un hôtel, les services cliniques à certains types de clientèle, etc.) ; 2)Dans le cas où l’article 45 continuerait de s’appliquer, une nouvelle disposition obligerait la renégociation immédiate de la convention collective avec le sous-traitant. Dans le Code du travail actuel, la convention collective existante est maintenue pour une période pouvant atteindre 12 mois. Avec le projet de loi 31, dès que le sous-traitant prend en charge les opérations cédées par le donneur d’ouvrage, la convention collective est réputée expirée.. (CSN)
Du coup, du jour au lendemain, c’est toute l’histoire des luttes et des revendications pour de meilleures conditions de travail dans ces entreprises qui est balayée du revers de la main.

Il faut aussi rappeler qu’au Québec, la législation encadrant le recours à la sous-traitance était déjà plus permissive que celle existant dans le ROC*. Autrement dit, l’article 45 du Code du travail, avant qu’il ne soit modifié, n’empêchait pas la sous-traitance, mais avait pour objectif d’assurer le respect des conventions collectives. Pire :

La comparaison entre l’encadrement juridique québécois et (notamment) ontarien et canadien indique en outre que la nouvelle formulation du Code du travail accentuerait le déséquilibre dans la défense des droits des travailleurs et de leurs organisations représentatives (Gagnon, Avignon et Collombat, 2003)
Il faut aussi mettre en lien l’adoption de loi no 31 par le clan Patapouf modifiant l’article 45 du Code du travail et l’impact négatif de l’intégration continentale sur l’encadrement juridique du marché du travail au Québec. Fait important à noter, l’esprit des modifications au Code du travail, en ce qui a trait au transfert de propriété d’une entreprise est calqué sur le modèle américain (National Labor Relations Act) où seule l’obligation de l’employeur à négocier de bonne foi avec le syndicat survit à la passation des pouvoirs. Bref, comme cela était prévisible, l’intégration continentale conduit progressivement une « course vers le bas », sous prétexte d’ajustement à la norme continentale (lire états-unienne) et les révisions - le PQ de Bouchard s'y était mis en 2001 - de l’article 45 s’inscrivent clairement dans cette perspective. D'ailleurs, le ministre Després — oui, oui, celui qui est sur la corde raide aujourd’hui —cautionnait la loi 31 en faisant expressément référence au fait que : « la mondialisation est un phénomène qui se traduit par une concurrence sans cesse croissante. [Que de] de nouvelles puissances émergent sur la scène internationale et les ententes régionales de libre-échange se multiplient. [Qu’] une économie ouverte comme celle du Québec doit s'adapter à un environnement économique en constante évolution » (Presse Canadienne, 13 novembre 2003).

Ben oui, la mondialisation est évoquée comme un phénomène extérieur devant lequel nos hauts dirigeants assistent impuissants…comme si ce n’est pas eux qui négociaient ces accords (**)…

En somme, le gouvernement Charest avait la responsabilité de protéger les travailleurs et les travailleuses contre les effets pervers de la mondialisation et de ses concurrences effrénées. Malheureusement, la loi 31 adoptée, en ayant recours à la procédure douteuse du bâillon, fut un autre coup de canon adressé par le PLQ aux travailleurs du Québec. D'ailleurs, ce n’est pas demain que les travailleurs en récolteront les fruits, car, comme le rappelait en 2003 Mme Françoise Bertrand de la Fédération des Chambres de commerces du Québec, si, à court terme, certaines conventions collectives devront être ajustées à la baisse, « à long terme, ce sera très bénéfique ». Autrement dit, à l’inverse de ce qui se passe dans le circuit de la consommation, c’est payez maintenant, vous récolterez peut-être plus tard!

*Dans une étude intitulée « La sous-traitance dans le secteur manufacturier : une comparaison Québec-Ontario », Jalette constate « qu’au Québec, 95,2 % des établissements confient au moins une activité à l’externe tandis qu’en Ontario cette proportion se situe à 87,9 % (2003 : 14). Plus de 60 % de ces entreprises en donnent plus de trois à l’extérieur (2003 : 14). Par ailleurs, au Québec, 39,3 % du chiffre d’affaires total des PME vient de la sous-traitance alors que celui-ci s’établit à 33,2 % en Ontario et à 39,2 % dans l’ouest du Canada (32,9 %). Jalette, Patrice. Octobre 2003. « La sous-traitance dans le secteur manufacturier : une comparaison Québec-Ontario, Rapport de recherche, École des relations industrielles de l’Université de Montréal, Montréal, 28p.

**Parlant d’accords négociés par nos gouvernements, il faut noter – ce n’est pas anodin – que l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail (ANACT) — qui fut conclu parallèlement à l’ALENA pour gérer les questions du travail sur le continent —respectait la primauté des législations nationales du travail et n’exigeait aucune harmonisation à la hausse (une approche qui se situait à l’opposé des exigences de l’ALENA en ce qui concerne l’investissement (le fameux chapitre 11) ou encore la protection intellectuelle). Autrement dit, l’ANACT est un simulacre de « clause sociale ». Depuis dix ans, les « groupes d’arbitrage spéciaux » chargés du règlement des différents concernant les accrocs à la législation du travail n’ont imposé aucune sanction à qui que ce soi.

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13 mars 2007

Boisclair s’élève au dessus de la mèlée, Dumont vacille mais résiste, Charest nous endort 


Bon, soyons justes, ce débat ne passera pas à l’histoire comme l’un des plus pertinents. On note d’abord que plusieurs attaques anticipées – de l’affaire Robin Philpot à l’affaire du des députés adéquistes, en passant par la sortie de Pierre Paradis – n’ont pas alimenté le débat. De vous à moi, ce n’est qu’une bonne chose.

Le plus grand perdant du débat fut sans aucun doute Jean Charest. Coudonc’, avait-il fumé un joint avant de rejoindre son podium? Il a paru amorphe durant tout le débat; on devine qu’il voulait afficher l’assurance du Premier ministre qu’il est toujours. Charest ne s’est jamais levé de son lazyboy. Plate de même… Faudrait aussi qu’il comprenne que c’est lui qui gouverne, bref qu’il défende son bilan au lieu de toujours renvoyer au gouvernement précédent pour expliquer ce qui va mal. De plus, ses attaques auront été molles – surtout sur le domaine de la gestion de l’état et de l’avenir du Québec, où il devait impérativement marquer des points.

Mario Dumont a été inégal; tantôt cinglant, tantôt défaillant – surtout devant Boisclair. Ses attaques ont été assez bonnes lorsqu’elles se sont manifestées, et on a bien aimé le document sur le viaduc La Concorde, même si la véracité de la chose reste encore à être démontrée... Mais clairement, Dumont n’a pas livré la marchandise, toujours pris au piège lorsque vient le temps d’expliciter ses engagements. Quelques bonne lignes quand même de sa part, mais le spécialiste du one-liner n’est pas capable d’aller au fond des choses. Et enfin, on est vraiment pas un grand fan de Boisclair, le plus néolibéral des péquistes depuis Bouchard, mais franchement, il a été au-dessus des attentes. Faut lui donner ça.


Au final, c'est Boisclair qui a remporté le débat. Son style aggressif a souligné un trait de caractère que les médias n'avaient pas dépeigné, et son argumentaire était étoffé - il nous aura surpris sur les sujets de l'environnement et de la gestion de l'état. Surtout, Boisclair a donné l'impression que sa propre personne comptait moins que l'impression qu'il avait vraiment un parti derrière lui. Ses attaques envers Dumont et Charest étaient non seulement précises, mais pertinentes, alors que Charest paraissait encore une fois au-dessus de ses affaires, et que Dumont cherchait à parer les attaques en rappliquant avec des arguments complètement hors contexte.

Pas un grand débat (quand est-ce qu'on a droit à un bon débat, de toute façon?), mais Boisclair était le mieux préparé, et surtout, paraissait presque chaleureux à la fin de la joute, une fois la pression évacuée. Bref, on lui donne notre morceau de robot!

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Débat des chefs en direct 


[21h49] "C'est pour ça que vous êtes plus populaire à Winnipeg [qu'au Québec]": une crisse de bonne ligne de Dumont, envoyé dans les côtes de Charest, à la toute fin du débat!
[21h48] Wow: Boisclair et Dumont ont la même attaque envers Charest: "Vous serez le premier Premier ministe à se présenter devant la population avec un programme qui n'exige rien du fédéral" (ou a peu près)
[21h47] Charest fesse encore sur la "position confuse" de Dumont. Bonne ligne, au risque de se répéter.
[21h46] Fusion, défusion, confusion... bon coup de Dumont
[21h44] Charest marque encore un point sur Dumont: "Pas facile à vous suivre sur votre option nationaliste"
[21h42] Oh! Charest ramène l'épouvantail de la péréquation qui ne serait plus versée après l'élection du PQ, alors que tous les observateurs l'ont démenti! Les couteaux ont volé plutôt pas durant cet échange
[21h41] Charest a un bon point sur la "radicalité" du programme du PQ en matière d'avenir du Québec
[21h40] Bon, Charest se plaint que Boisclair laisse personne parler... Faudrait lui repasser la cassette de 2003
[21h38] Dumont montre encore une fois la faiblesse de ses proposition de gros bon sens qui teinne sur rien. Kaput sur ses demandes d'amendements à la Constitution.
[21h32] Si ca existait ou l'aurait... et n'oubliez pas comme le disait monsieur Charest on en a les moyens...bonnes lignes de Boisclair, faut dire qu'il s'y connait en ligne.
[21h29]C'est bien beau l'autonomie Mario, mais pour qui? Tes amis du conseil du patronat?

Avenir politique du Québec (zzz)

[21h30] Canadiens perd 3-2, Charest se dirige vers une défaite encore plus cinglante.
[21h26] Dumont résiste aux attaques de Charest... Ce n'est pas facile, mais il ne perd pas la face
[21h23] Lucien Bouchard n'est pas d'accord avec Boisclair? Personne n'est d'accord avec Bouchard...
[21h18] Vous promettiez de ne pas les augmenter, la vous promettez pas de ne pas les augmenter, ca commence à être compliqué. Point à Boisclair. Charest baradine. Sort de ton lazyboy Jean. ca commence a aller très mal. Reste plus grand temps pour sauver la mise.
[21h16]Dumont est cuit sur la questions des commission scolaires, mais ça c'étais à prévoir.
[21h14] Dumont veut retourner les femmes aux foyers.
[21h12]Ben oui Charest, c'est toi qui contrôle le taux de natalité . Félicitation à papy Charest.
[21h10] Me semble qu'is mériteraient un petit break entre les thèmes.

- EDUCATION, FAMILLE et DEVELOPPEMEMT HUMAIN -


[21h08] Ouf! Boisclair est en train de coincer Dumont... C'est quoi l'affaire, les prisons? Tres bon point pour le chef du PQ.
[21:06] L'argent de Monopoly. Dumont diverge sur les prisons. Ouf, Boisclair me surprend, il est en train de planter Dumont.
[21h00] Oh shit! L'arme secrète de Dumont: un document interne concernant le Pont La Concorde... Dumont ne serait pas en train de tricher? En tous cas, il mène son débat comme sa campagne: populiste. J'ai hate de voir si ça va avoir eu l'effet espéré... Bref, Charest se faire servir sa propres medecine (remember l'affaire Parizeau]
[20h58] Charest, bon mais rationnel: on n'écoute pas. Il se "concentre" plutôt à chérir son image de gars reposé, détendu... Boisclair m'étonne: il est plutôt bien ferré en questions économiques.
[20h56] Charest vante le bas taux de chomage... Et la QUALITÉ des emplois Jean...
[20h53] Dumont-le-bon-père-de-famille... bonne ligne
[20h52] Va falloir que Charest se réveille, parce que pour l'instant, il traîne de la patte...

- GESTION ETAT ET ECONOMIE -


[20h48]: Bilan environnement, ils se gargarise tous, essaient de faire du milage, mais on a ben de la misère à les croire !
[20h47] : (Boisclair) Je comprends qu'ils vous ont appuyé, ils nous ont fourré de bord en bord. Pas mal.
[20h46] Charest: "L'amendement de la déclaration de la personne?" wtf?
[20h45] Jean, rappelle-moi donc c'était quoi, ta coalition? Si c'est ta seule défense... mettons que c'est pas fort
[20h41] Va falloir que Jean se lève de son lazy boy, complètement amorphe...
[20h39] Boisclair est en feu sur le dossier de l'environnement! Il est en train de torcher Dumont: "Vous etes pas souvent a l'Assemblée..."
[20h38] Dumont diverge, point à Boisclair.
[20h36] Vont tu se battre coudonc
[20:32] Tiens, Dumont a une opinion sur l'environnement? Plutôt creux, si on se fie à son mot d'introduction

- ENVIRONNEMENT -


[20:26] Encore le précédent gouvernement. Come on Jean, change de tape.
[20:26] Bon coup de Boisclair: alors, Charest, tu vas nous regarder dans les yeux ou non?
[20;25] Et Mario..On va les prendre où les medecins... Point à Boisclair, bel effort de citer Trudeau Chrétien et Dion par contre...
[20:24] Dumont a une bonne ligne: le "modèle québécois" en santé (pour ce que ça veut dire, mais bel effet, Boisclair a été surpris d'être comparé à PET)
[20h20] Point à Dumont
[20:17] Hey Charest, y'a jamais été question d'un ticket modérateur à 50$! Charriez pas...
[20:15] Pourquoi ça va mal la santé, Charest? Encore le gouvernement précédent...
[20:14] Boisclair lit un peu trop ses notes... va falloir qu'il se décoince
[20:13] Ouf! Charest a l'air pas mal plus nerveux que ses adversaires... Faut dire que le sujet de la santé n'est pas pour le mettre à l'aise...
[20:12] Bon, encore la faute au précédent gouvernement... Mr. Charest, pendant combien d'années encore allez vous porter le blâme sur vos prédécesseurs? Me semble qu'après un mandat...
[20:10] Beau décor!
[20:09 Premier mensonge de Charest, les soins des cancereux aux USA, c'était fini six mois avant l'arrivée des libéraux en 2003

-SANTÉ-

[20:08] Boisclair représente l'ÉQUIPE du PQ, pas anodin non plus
[20:05] Mario se pare en promettant d emblée de chiffrer son plan budgétaire au lendemain du budget fédéral...
[20:03] Mario parle au je... c'est pas anodin.
[19h58] Déjà 1-0 pour les Islanders, la migration vers le débat s'amorce...


***
"Nous sommes prêts", comme disait l'autre.

Reste moins d'une heure avant le début des hostilités. La bière est au froid (ah! merci à tous les blogueurs qui ont parlé de notre Drinking Game!), les amis sont en chemin, nous sommes prêts.

Impatients, même. Pour l'équipe du Périscope, il s'agit de notre quatrième couverture de débat; de notre courte expérience, rarement un "show" politique n'aura été aussi excitant et imprévisible que celui qui nous occupera ce soir - comme en témoigne d'ailleurs l'abondante couverture médiatique qui le précède.

Monsieur Pointu et moi-même commenterons en direct le déroulement du débat; vous n'aurez qu'à rafraîchir votre page régulièrement - les commentaires les plus récents apparaitront en haut.

À tout de suite! Et n'oubliez pas, nous proposons aussi du contenu...

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Débat des chefs 2007: ze Drinking Game! 



Oh que oui, mesdames et messieurs: l'équipe du Périscope est enfin prête à lever le voile sur les règlements officiels du Drinking Game du Débat des Chefs 2007!

Nous vous invitons tout-de-go à télécharger la chose, un élégant fichier .pdf (right clic & save) qui saura donner du pep à cette soirée de débat - laquelle, selon nos prédictions, promet d'être passionnante (mais si, mais si!).

Voyez du côté de La Presse pour vous en convaincre. Charest, un grand campaigner, vorace débatteur, rompu aux tactiques mensongères (on se souvient tous de la "passe du P'tit Parizeau" du débat 2003, n'est-ce pas?), l'homme à abattre au débat de cette élection? Plus pour les éditorialistes du quotidien de la rue St-Jacques, qui s'emploient depuis quelques jours à rabaisser les attentes envers le premier ministre, histoire d'en pelleter davantage sur ses deux concurrents. Bien sûr, si Charest part avec une avance, sa chute ne pourrait qu'être plus brutale...

Ben nous aussi, allons-y d'un pronostic. C'est l'évidence, Charest a beaucoup plus à perdre que Dumont et Boisclair. Ce dernier a cependant une pression énorme, car l'issue du débat pourrait complètement changer la perception que les médias et les électeurs ont du chef; s'il bafouille, il restera le petit chef qu'on semble voir en lui. S'il s'en sort, Boisclair pourrait obliger les commentateurs à jeter un regard neuf sur cette campagne qu'il roule à son avantage, devons-nous convenir.

Dumont sera le vrai Joker du débat. Sa performance à Tout le monde en parle lui a fait mal; il se doit non seulement de mieux paraitre lors du débat, mais aussi de savoir attaquer le chef du Parti Libéral du Québec - là où l'ADQ doit aller chercher des votes s'il veut poursuivre son ascension dans les sondages.

À suivre, mardi le 13 mars, dès 20h. L'équipe du Périscope sera en ligne pour commenter le débat en direct pendant le déroulement, puis donnera son verdict. Que le moins pourri gagne.

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12 mars 2007

La Liste Charest: deux semaines plus tard. 


Voilà. On est presque rendu à la moitié de la liste de Trente bourdes du gouvernement du Parti Libéral du Québec lors de son mandat amorcé en 2003. Pourrez-pas nous accuser de nous intéresser qu'aux gaffes et pelures de bananes de campagne électorale... Le meileur (sic) est encore à venir!

***

No. 1 : Privatisation du Mont-Orford, baîllon, juin 2006.
No. 2 : Les défusions municipales, publié sur Goudaille.
No. 3 : La hausse déguisée des impôts aux particuliers. (Merci à Infoman)
No. 4 : Accommodements raisonnables
No. 5 : La création de l'Agence des partenariats public-privé
No. 6 : Remembering "l'ostie de/maudite chienne"
No. 7 : La centrale le Suroit
No. 8 : Structurite et fusions d'établissements dans le secteur de la santé, publié sur L'Akratique
No. 9 : Privatisation de la gestion de l'eau par les municipalités
No. 10 :Les promesses en santé, bis

No. 11: Patapouf et la partition du Québec.
No. 12: Multiples hausses des tarifs d'électricité et gestion de l'Énergie, par Zircona sur la Tribu du verbe.
No. 13 : Loi 7 et 8 : Désyndicalisation forcée et condamnation par l'OIT.
No. 14 : Le "développement économique" de la faune
No. 15 :
Patapouf et l'étiquetage obligatoire des OGM, par Mathieu C.
No. 16 : Tentative de mise à mort des CEGEPS, par Stephane Thellen

No. 17-30 : Dévoilement, à raison d'un item par jour, entre le 13 et le 26 mars.

N'hésitez pas à contribuer : voir notre appel à la blogosphère. Merci à ceux qui nous ont aidé jusqu'ici (Olivier Niquet, Zircona, L'Akratique et Slalker (à venir demain...).

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Liste Charest # 16 : Tentative de mise à mort des CEGEPS 


Au tour de Stéphane Thellen de « Sociéterre, notre monde, notre environnement » de mettre la main à la pâte.

***

Pendant quelques mois, début 2004, une épée de Damoclès fut suspendue au-dessus de nos collèges publics. Bien sûr, ce n'était pas la première fois que cette institution fut remise en question. Or, cette fois-ci, il semblait bien y avoir péril en la demeure dans la mesure où ce fut le gouvernement dirigé par néo-ré-ingénierieur M. Charest qui s'est attaqué au dossier de l'avenir des CEGEPs avec arrogance. C'est en grand admirateur du modèle ontarien (avec ses community colleges) que le gouvernement Charest a lancé son Forum sur l'avenir des collèges. D'aucun y ont vu la possibilité de mettre à mort ce qui fait l'originalité de CEGEPs : le lien entre la culture générale et la formation technique.

Il faut rappeler que la tenue de ce Forum a fait suite aux recommandations controversées du rapport Bédard commandé par la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ, une organisation patronale) qui a défendu l'idée qu'il faille abolir les CEGEPs et qu'ainsi, le Québec ferait de grandes économies financières (1 milliard). Pour ce faire, la FCSQ proposait de transférer une année d'étude du collégial au secondaire et une autre année à l'université. Or, la plupart des analystes, même le très à droite économiste Pierre Fortin, ont remis en question cette supposée économie d'échelle que constituerait l'abolition des CEGEPs, allant même jusqu'à parler de coûts supplémentaires à court terme très importants. Sans mentionner le fait que les CEGEPs constituent un pôle économique et culturel très important dans les régions de la province, pôle dont la remise en question risque d'accélérer l'exode des populations de ces régions.

Ensuite, sur le strict plan pédagogique, nos CEGEPs sont des institutions qui comptent parmi les meilleures et ont permis à la classe moyenne québécoise d'accéder, plus que partout ailleurs, aux études post-secondaires. Comme l'a souligné le sociologue Guy Rocher, au moment fort de la mobilisation contre l'abolition des CEGEPs, ces derniers constituent le plus bel héritage de la Révolution tranquille !

Quant aux conséquences de l'abolition des CEGEPs, il y a tout lieu de penser qu'ajouter une sixième année au secondaire constituerait un facteur de décrochage supplémentaire. Six ans dans les polyvalentes, c'est trop ! Sans compter que tous ne disposeraient pas des moyens financiers ou ne seraient pas prêts à débourser les sommes nécessaires pour cette année universitaire supplémentaire dans une institution où les frais ne cessent d'augmenter.

Nombreux sont ceux et celles qui sont montés aux barricades pour défendre les CEGEPs. Une vaste Coalition-CEGEPs fut créé pour contrer la volonté des libéraux.

Bien sûr, les CEGEPs, comme toutes les institutions publiques, doivent se soumettre à des évaluations périodiques, mais les critiques qu'on leur adresse doivent être constructives et non viser à implanter des réformes structurelles pilotées par des technocrates en mal de réingénierie. Tout comme les coupures dans les programmes de santé déguisées en virages ambulatoires, les réingénieries dans le domaine de l'éducation sont contre-productives et nuisent à l'épanouissement de nos institutions publiques.

La cannibalisation que le gouvernement actuel a tenté d'institutionnaliser entre les collèges, les commissions scolaires et les universités a aboutit, pathétiquement, à une situation où chacun a tenté d'empiéter sur le terrain de l'autre, au détriment du Bien commun. Cela étant dit, des arrimages entre les réseaux sont en cours qui font toujours planer la menace d'abolir les cours de français et de philo aux domaines techniques, ce qui constituerait une brèche dans l'idée que les collèges visent à démocratiser l'accès à des savoir de sens...

Continuions à faire démentir les propos réducteurs de Jean Charest qui, devant une réunion patronale, prétendait que « l'éducation, c'est fournir un bon capital humain au marché ».

*****

Fait : comble de l'arrogance, le Forum sur l'Avenir des CEGEP'S, Deux jours de cirque à Québec s'est tenu au même moment où se déroulait le Congrès de l'AQPC (l'Association Québécoise de Pédagogie Collégiale) auquel tous les intervenants du milieu collégial étaient invités et mobilisé. De plus, les modalités de participation au forum virtuel de l'ex-ministre de l'éducation Pierre Reid étaient extrêmement restrictives : textes très courts portant sur un des cinq thèmes déterminés par le ministre, délais de préparation très courts aussi, présentation de mémoires réservés à des organismes, etc. On a bien vu, encore une fois, le mépris pour la véritable consultation démocratique de ce gouvernement.

Stéphane Thellen

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Mario Dumont rossé à TLMEP 


Au cas où vous l'auriez manqué, on vous repasse la visite de Chantal Hébert sur le plateau de Tout le monde en parle, hier soir. On vous vend le punch tout de suite: Mario mord la poussière... Bien sûr, les mauvaises langues diront que si elle n'avait pas manqué son avion à cause de la tempête la semaine précédente, c'est Boisclair qui l'aurait eu dans les dents. Oh, Madame Hébert aurait certainement décoché quelques flèches à son endroit, mais je n'ai pas l'impression qu'il y eut goûté autant que Mario Dumont, dont elle a exposé toute la vacuité devant près de 1.2 M de téléspectateurs. On l'aime, Chantal. Même si elle a un léger "liberal bias", comme dirait Stephen Colbert...
Première partie:

Seconde partie:


11 mars 2007

Liste Charest # 15 : Patapouf et l'étiquetage obligatoire des OGM 


C'est au tour de Mathieu C, du laid, mais cinglant "blogue de Mathieu C" de nous alimenter avec un texte précédé d'un titre à "coucher dehors" dans un champ de soya transgénique. Voici ce qu'il a à dire concernant une autre promesse qui a pris le champ, celle concernant l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM).

***
Onirique Gouvernement Munificient
Envers et contre tous en Amérique, un Québec dirigé par le Parti libéral exigera l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM) utilisés dans les aliments vendus sur son territoire. (…) La position du PLQ face à l'étiquetage obligatoire des OGM constitue l'élément le plus audacieux de ses "priorités d'actions politiques pour le secteur bio-alimentaire québécois". (…)
Le Québec peut difficilement imposer seul à toutes les compagnies qui exportent sur son territoire d'indiquer obligatoirement la présence d'OGM. "Mais on peut au moins le faire pour les entreprises qui produisent chez nous", dit David Whissel. Et si les entreprises québécoises se plaignent de souffrir d'un lourd désavantage face à leurs concurrentes d'outre-frontières? Une mention "contient des OGM" n'est pas perçue comme étant appétissante... David Whissel balaie les récriminations en disant que le rôle du gouvernement est de répondre aux attentes des citoyens. "Le consommateur veut être informé." L'étiquetage obligatoire ne pourra être imposé sans une "période de réflexion", admet M. Whissel, "mais on le veut et on prendra les moyens pour y parvenir". Et tant pis si le reste du Canada ne suit pas, "le Québec sera un chef de file". (La Presse, mercredi 15 janvier 2003, p. A6)
Ha… c'était le bon temps! On était naïf, on croyait que c'était possible. Il faut dire qu'à cette époque si lointaine, on croyait également aux baisses d'impôts et pour nous, la réingénierie de l'État, ça voulait dire de mettre plus d'ingéniosité dans l'État.

Mais aujourd'hui, j'ai beau faire le tour de mon épicerie en scrutant à la loupe emballages, empaquetages et contenant, je ne vois nulle part quelque mention que ce soit quant à la présence d'OGM dans ma nourriture.

Alors, là, deux solutions : soit le Québec est devenu complètement bio, soit le gouvernement s'est férocement pogné le beigne transgénique.
Le PLQ a reconnu qu'il avait abandonné une promesse formulée à la dernière campagne électorale en 2003, l'étiquetage obligatoire des OGM contenus dans plusieurs aliments, en raison de la résistance chez certaines entreprises agroalimentaires québécoises. (Le Soleil, Actualités, dimanche 25 février 2007, p. 8)
Voilà qui explique tout : les entreprises ne voulaient pas. C'est un peu comme quand on leur demande si elles veulent qu'on augmente leurs impôts. Voilà une situation qui n'était absolument pas prévisible lorsque la promesse a été faite. Qui aurait pu se douter que les entreprises ne seraient pas très chaudes à l'idée de dire ouvertement à leurs clients que leurs produits contiennent des OGM…
«Aux lettres d'intention, on oppose l'action», a déclaré André Ménard, l'attaché de presse du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Yvon Vallières. Le gouvernement Charest a créé un site Internet sur les OGM et commandé une étude sur les répercussions économiques de l'étiquetage obligatoire des OGM au Québec ainsi que deux recherches concernant des méthodes de détection de la présence d'OGM dans des aliments, a mentionné M. Ménard. «Le droit de la population à obtenir cette information-là [concernant la présence d'OGM], on y croit fermement, mais il faut le faire de façon responsable», a-t-il dit. (Le Devoir, Politique, jeudi 10 août 2006, A3)
Donc, en 3 ans et demi au pouvoir (août 2006), ils ont monté un site web et commandé une étude. Voilà ce qui arrive quand on croit fortement à quelque chose : on y mets le paquet!
(…) Le système d'étiquetage obligatoire, promis par les libéraux de Jean Charest lors de la dernière campagne électorale, est compromis, a appris La Presse. "Il n'y a pas de projet de loi dans le radar", confirme l'attaché du ministre de l'Agriculture Yvon Vallières, André Ménard.

"Nous ne ferons rien avant d'avoir reçu les recherches qu'on a demandées sur la question", indique-t-il. Or les deux études commandées par Québec à l'automne 2005 ne seront pas prêtes avant l'automne 2007.

De plus, Québec refuse maintenant d'aller de l'avant sans les autres provinces dans ce dossier. Celles-ci sont toutefois réticentes ou carrément opposées à l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés.

Déjà, l'Alberta a fait connaître son refus. "Les systèmes actuels de sécurité alimentaire sont suffisants et nous ne voyons pas la nécessité de l'étiquetage obligatoire", précise un porte-parole du ministère de l'Agriculture albertain, Wilma Teklemariam. L'Ontario, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick sont aussi opposés à l'étiquetage obligatoire des OGM. La Presse, Actualités, mercredi 12 juillet 2006, p. A2
La position du reste du Canada, on le savait déjà en 2003, et ça n'a pas empêché les Libéraux de faire la promesse et même de dire, et je le répète, puisque c'est bien drôle à lire, que « le Québec sera un chef de file » si le Canada ne s'y mettait pas.
« On n'ira pas de l'avant sans les autres provinces. On ne peut pas isoler le Québec et pénaliser certaines entreprises », explique M. Ménard. Aucun État nord-américain n'oblige présentement l'étiquetage obligatoire des OGM.

(…)D'autant plus que, selon Éric Darier [de Greenpeace], il resterait beaucoup de chemin à parcourir si le gouvernement voulait se doter d'une politique d'étiquetage. Trois ans après son élection, Québec n'a pas encore établi de système de traçabilité. Un tel mécanisme est pourtant nécessaire pour garantir qu'un produit ne contient pas d'OGM. En fait, il n'existe aucun système de ce genre au Canada. (La Presse, Actualités, mercredi 12 juillet 2006, p. A2)
Bref, le gouvernement Charest a promis l'étiquetage des OGM, parce que les sondages disaient que les Québécois le voulaient. Bref encore, ils ont laissé faire parce que le big buissness agroalimentaire n'était pas d'accord et parce que le reste de l'Amérique du Nord ne suivait pas, ce que n'importe quel badaud pas informé aurait pu leur dire.

Serions-nous en présence d'une promesse opportuniste du PLQ qui fut bafouée au cours de leur mandat? Je n'irais pas aussi loin. Après tout, le PLQ n'a pas eu l'habitude de nous faire de telles déceptions.

Pour cette élection, ni le PQ, ni le PLQ, ni l'ADQ n'en font mention dans leur programme. Est-ce un progrès?

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10 mars 2007

Liste Charest #14: Le "développement économique" de la faune 


D'entrée de jeu, je dois dire que j'ai toujours été étonné qu'il n'y ait qu'un Louis-Gilles Francoeur.

Oh, bien sûr, La Presse, le JdM aussi peut-être, la radio de Radio-Canada, ont chacun des journalistes affectés aux questions environnementales. Mais pourquoi diable, dans un pays aussi richement pourvu en matières premières, dont l'économie se repose tant sur l'exploitation des ressources naturelles, dont l'industrie agricole est aussi importante dans les centres ruraux, pourquoi diable n'y a-t-il qu'un seul homme aussi savant, compétent, passionné et acharné que Louis-Gilles Francoeur?

On se console en se disant qu'au nombre de nouvelles qu'il pond en une semaine, monsieur Francoeur compte bien pour trois journalistes... Quoiqu'il en soit, le journaliste du Devoir a signé un texte plus tôt cette semaine qu'on croirait taillé sur mesure pour notre Liste Charest.

L'article s'intitule Faune: un échec libéral bien camouflé; les abonnés du quotidien peuvent le consulter sur le site web du Devoir:
À première vue, le bilan gouvernemental en matière de faune donne l'impression d'une intendance qui ronronne. Le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, n'a pas fait beaucoup de bruit dans ce dossier. Et comme la faune est abondante, les critiques devraient, en principe, se taire. Mais ce dossier est à l'image de la gestion libérale en environnement: sous des dehors rassurants, on en a profité pour modifier plusieurs règles du jeu fondamentales en se fiant au fait qu'elles auront échappé à l'oeil d'un public ignare et de médias superficiels. Mais pendant qu'on donnait le change, le navire changeait de cap.


Pour les autres, voici un résumé, serti de quelques citations.

* "La première et la plus importante décision structurelle prise par le gouvernement Charest en matière de faune a été le rattachement des services fauniques au ministère des Ressources naturelles, donnant au secteur une vocation principale de développement économique alors qu'il devrait constituer le principal bastion de la conservation."

* "Le gouvernement Charest, qui s'est fait élire au son des PPP, n'a heureusement pas osé remettre en question la démocratisation de l'accès aux forêts publiques et à la faune, par exemple en privatisant les réserves ou les zecs pour les donner aux pourvoyeurs privés. L'affrontement aurait trop attiré les médias. Mais on a fait pire, en un sens, lorsque Québec a modifié le plan d'affectation des terres publiques. Les territoires fauniques et les zecs ont ainsi été zonés «polyvalents», ce qui permettra aux MRC d'attaquer l'intégrité de ces territoires fauniques par une intensification de la villégiature, voire par la construction de condos." - tiens tiens, ça nous rappelle la vente d'une certaine montagne...

Il ne s'agit que deux exemples tirés d'un article qui dresse un portrait de la situation nous semblant fort bien documenté, et pondéré par le journaliste - qui accorde des D et des E à chacun des éléments avant de conclure:
Si on fait la somme du bilan gouvernemental en matière de faune, malgré le camouflage habile et la bonne santé des cheptels, force est de conclure que cette gestion n'obtient pas globalement la note de passage.


C'est dans la liste.

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Vieille politique 


Après s'être essayé avec les pensions de vieillesse et sa théorie du "trou noir", voilà que Patapouf récidive et cherche à gagner des votes avec des bouts d'autoroutes...

Tiens, ca nous rappelle sa décision d'aller de l'avant avec le prolongement de la 25. Faudra le rajouter à notre liste...

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Liste Charest #13 : Loi 7 et 8 : Désyndicalisation forcée et condamnation par l'OIT 


En 2003, au même moment où il adoptait le projet de loi 31 (modifiant l’article 45 du Code du travail du Québec [oui, oui, on va finir par en parler dans la liste!], Patapouf promulguait, sous le bâillon (again !), la Loi modifiant la Loi sur les services de santé et les services sociaux (projet de loi 7) et la Loi modifiant la Loi sur les centres de la petite enfance et autres services de garde à l'enfance (projet de loi 8 ) qui forcaient la désyndicalisation des personnes (surtout des femmes) travaillant dans ce que l'on appelle les "ressources intermédiaires et de type familial" et les CPE à domicile. On parle d'environs 25 000 personnes ici.

En agissant ainsi, le gouvernement Charest a bien montré qu'il a choisi de mener la vie dure aux "travailleurs autonomes" qui cherchent à s'organiser collectivement. En agissant ainsi, Patapouf allait également contre ce que lui recommandait le "Rapport Bernier" sur les personnes en situation de travail non traditionnelle, un rapport très favorablement accueilli par les chercheurs s'intéressant à la transformation du travail. D'ailleurs, les 52 autres recommandations du rapport non pas été entendues par Patapouf...

Pour revenir à notre mouton, dans les faits, la principale conséquence de l’adoption des projets de loi 7 et 8 est de transformer en travailleur autonome, sans droit de syndicalisation, des travailleurs qui avaient été reconnus par les tribunaux comme des salariés au sens du Code du travail, ce qui leur conférait le droit de se syndiquer(*). On exclut donc de cette manière tout un groupe de travailleurs et de travailleuses de l’application des lois du travail, tant du Code du travail que de la Loi sur les normes minimales du travail.

Pire encore, comme le note Au bas de l’Échelle, ces projets de loi ont pour effet, dans ces cas, d’enlever aux tribunaux le pouvoir de qualifier la relation de travail existante entre un employé et un employeur. Autrement dit, c'est assez simple, une des parties en présence - le gouvernement - utilise son pouvoir législatif pour qualifier la relation d’emploi et se place en conflit d’intérêts. La critique de la CSQ vise dans le mille:

N’est-ce pas paradoxal que le législateur impose à tous les employeurs du Québec de respecter le Code du travail et propose, par le projet de loi 7 (et 8), de passer outre cette loi d’ordre public (...). N’est-ce pas un très mauvais exemple à donner aux employeurs du Québec ? N’est-ce pas une façon indirecte d’encourager le contournement du Code du travail ? (CSQ)

Enfin - et c'est sans doute la confirmation la plus claire que Patapouf rit dans la face des travailleurs depuis le début de son mandat-, en avril 2006, l'Organisation Internationale du Travail rendait une décision demandant au gouvernement du Québec d'amender les lois 7 et 8 afin de les rendre conformes aux principes de la liberté syndicale. Bref, l'OIT confirmait que le gouvernement Charest n'a que faire de la liberté d'association. [voir aussi notre billet du 5 avril 2006]

Autre démontration d'arrogance, Monique Gagnon-Tremblay, qui manifestement a le sens du one-liner, répliqua ainsi : "Elles [les décisions de l'OIT] n'ont pas force de loi". Gnan, gnan gnan gna gnan... [si vous me permettez d'ajouter: Ah que c'est jolie cette mondialisation néolibérale à deux poids deux mesures, les lois mondiales du commerce devant s'appliquer, alors que les lois du travail de l'OIT sont appliquées selon la bonne volonté de chaque pays. Tout est là mes chers amis!]

*Voir, entre autres, les décisions du Tribunal du travail dans les affaires Centre Florès, décision du juge Claude St-Arnaud rendue le 5 juin 2001 et Centre de réadaptation de l’Ouest de Montréal, décision de la juge Louise Ménard rendue le 17 décembre 2002. La décision Florès a été maintenue par les tribunaux supérieurs.

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Le PLQ achète le "vote par anticipation" 


On avais laissé passer cette histoire d'usurpation d'identité et de détournement de traffic virtuel dont plusieurs se sont entichés en début de semaine (voir aussi les précisions de Houssein, qui lui, a compris comment ca marche) .

Pas que ce n'était pas intéressant. Ça mettait assez bien en évidence l'arrogance légendaire de Charest pis sa gang, mais bon, on est habitué. Pis, on se disait que c'était un peu comme les "batailles de pancartes" sur les lampadaires.

Mais là, franchement, en achetant les expressions "jour du vote" et "vote par anticipation", me semble que le clan Charest montre bien qu'il n'a aucune d'idée où se situent les limites de la décence.

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Plein-feux sur l'ADQ (bis) 


Lu sur le blogue de l'hebdomadaire Le Mirabel, l'extrait suivant d'un article d'une journaliste suite à un entretien avec Christian Raymond, candidat adéquiste dans le compté de Prévost:
«Il faut encourager la natalité, sinon les ethnies vont nous envahir», a affirmé le candidat adéquiste dans Prévost, Christian Raymond.(...)

Les différents cas d'accommodements raisonnables qui ont défrayé la manchette récemment ont fait réagir le candidat. «Les gens viennent ici et il faudrait qu'on les laisse porter le turban et embrasser l'asphalte. Ils crevaient de faim chez eux, ou ils étaient en guerre, on les laisse venir chez nous, alors il faut qu'ils respectent notre façon de vivre. S'ils ne veulent pas se conformer, qu'ils s'en retournent chez eux.» «Moi, je leur dis : Tu n'es pas chez vous ici, tu es en visite. À long terme, mais quand même», a-t-il ajouté, lors d'une rencontre jeudi dernier.
Ouf. [trouvé sur le site de Lagacé]

[m-à-j]: Tiens, lui aussi passe à Go et ramasse sont 4 %.

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9 mars 2007

L'énigme graphique adéquiste résolue? 


Enfin, quelqu'un nous éclaire à propos du curieux "accent circonflexe" couché au-dessus du "d" du nouveau sigle de l'ADQ!

Par la même occasion, Olivier Bruel, directeur artistique et rédacteur du site "Référencement, marketing de recherche et web 2.0" Go-Rérérencement.org, s'adonne à un lumineux exercice: l'analyse graphique des nouveaux logos adoptés par les cinq principaux partis politiques dans la présente course électorale.

Cliquez par ici pour connaitre l'avis d'un expert.


Liste Charest # 12 : Multiples hausses des tarifs d'électricité et gestion de l'Énergie 


L'appel à la blogosphère envoyé sur la Tribu du Verbe porte fruits. Zircona, lié au site Musironie, "La Radio poubelle de gauche", nous interpelle sur la gestion du dossier Hydro-Québec par notre Patapouf national. Voici sa contribution.

***

Dans l'espoir de respecter sa promesse de nous baiser les impôts de 1 milliard de douleurs par année (promesse jamais tenue et, semble-t-il, abandonnée à tout jamais) et considérant ce qu'il n'a pas appelé officiellement, mais c'est tout comme, "le trou de la grosse Pauline", Patapouf envisagea dans le début de son supposé mandat clair, d'augmenter tout ce qui n'était pas appelé de près ou de loin "impôt sur le revenu des particuliers".

C'est ainsi qu'il se tourna vers sa plus grosse vache à lait (non, pas Monique Gagnon-Tremblay, vous êtes impolis là les enfants), l'Hydro-Québec. Et qu'il décréta, bien appuyé sur les opinions (et le poignon) des radottorialistes de Gesca, que le gel de ses tarifs avait assez duré. Aussitôt les tarifs dégelés et très bien pourvue depuis qu'on l'avait sciendé en 3 estomacs (Distribution, Transport et Production), la vache à lait rumina ses profits de 2,2 milliards jusqu'à la Régie de l'Énergie en prétendant que son estomac distributif manquait de foin. C'est ainsi que la régie du bidon d'énergie fut obligée, selon la réglementation qui ne lui permettait pas de regarder l'ensemble de la vache, mais juste son profil qui distribue de fil en fil et de pilône en pilône, de lui accorder 5 augmentations en ligne en un peu plus de 3 ans, pour un total de près de 13% d'augmentation au total (et d'autres demandes d'augmentations attendent leur tour de nous étouffer encore plus).

Parallèlement à ce tour de magie, Patapouf fit en sorte d'augmenter en même temps d'autres services essentiels ou presque comme les tarifs des frais de garde d'enfants, les permis de conduire, l'assurance médicaments et les frais parallèles de santé, le tout selon la même logique néo-libérale qui fait que tout prix qui monte ne redescent plus jamais, n'en déplaise à Newton qui était dans les pommes et n'avait pas de maîtrise en économie de Harvard.

Il n'oublia pas non plus de faire en sorte que la vache à lait demeure à peu près strictement dans l'énergie hydraulique et qu'elle ne s'intéresse surtout pas au dieu Éole, si ce n'est bien sûr que pour acheter ce que le bon vent libéral fournit au secteur privé...

***

Encore un gros merci à Zircona qui nous a alimenté avec du tout cuit dans le bec. N'hésitez pas à y ajouter votre grain de sel.

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Les promesses de 2003... 


Vous cherchiez la plate-forme 2003 du PLQ - qui n'apparait plus sur leur site - afin de faire votre propre bilan de ce mandat désastreux ? C'est ici [quel outil indispensable que cette Wayback Machine...].

Pis non, on ne vous a pas oublié, la Liste Charest se poursuivra avec un "2 pour 1" aujourd'hui. De retour en fin d'après midi.

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8 mars 2007

Trève féministe 


99 % de la propriété de la planète sont entre les mains des hommes
10 % des revenus mondiaux, c’est tout ce que gagnent les femmes
80 % de la nourriture dans le monde est produite par les femmes
80 % des tâches de ménage en Europe sont assurées gratuitement par les femmes
75 millions de filles dans le monde ne vont pas à l’école, soit les deux tiers des enfants qui n'ont pas accès à l'éducation
[Arte.tv]

[via le Hou hou blog]

Qu'est-ce qu'il disait l'autre ?


Il n'y a pas de hasard... 


C'était tellement prévisible que nous devons être en partie d'accord avec André Pratte lorsqu'il avance
Comment se fait-il que M. Boisclair apprenne seulement ce matin que M. Philpot a défendu cette thèse controversée? Le livre Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali est cité dans la biographie du candidat qu’on retrouve sur le site internet du PQ. M. Philpot a fait dans les médias de nombreuses interventions à ce sujet depuis 2003, notamment à la suite de la sortie du film Un dimanche à Kigali, l’an dernier, et du retour au Canada du général Roméo Dallaire. Si le chef du Parti québécois trouve la thèse de M. Philpot scandaleuse aujourd’hui, pourquoi n’était-ce pas le cas jusqu’à maintenant? Pourquoi est-il allé jusqu’à assister à l’investiture de M. Philpot, louant «son expérience, son dynamisme, mais aussi son expérience»?

En effet. Il est, pour le moins, audacieux de nier qu'il y ait eu génocide au Rwanda, même si Philpot réussit à argumenter une thèse au point d'en éditer un livre. De notre point de vue, y'a pas photo; j'ai personnellement eu l'occasion de discuter avec une victime du génocide rwandais (dans le sens que la personne en question a perdu toute sa famille), les horreurs qui s'y sont déroulées il y a plus de dix ans ne laissent vraiment pas beaucoup de place à l'argumentation - j'ajoute que je n'ai pas lu le livre de Philpot, que je n'ai pas l'intention de le faire, mais que j'avais suivi avec attention le débat qui s'était ensuivi dans les pages du Devoir, il y a quelques années. - DERNIÈRE HEURE: Robin Philpot se rétracte: "Le génocide rwandais est une grande tragédie", Presse Canadienne

On est en droit de se demander où était André Boisclair lorsque le débat faisait rage dans les pages du Devoir. À Harvard, peut-être? Possible. Faudrait que je vérifie. Ainsi, comme l'écrivait Pratte, ou bien Boisclair le savait mais a choisi d'endosser quand même le candidat Philpot, ou bien il l'ignorait. Traitez-moi de poisson si vous voulez, je pense que Boisclair n'était pas au courant.

Ça n'empêche pas que son entourage aurait dû connaitre la position de Philpot (avant bien sûr qu'il ne se rétracte). De là à dire que, conséquemment, Philpot erre aussi dans le dossier Option Canada (histoire pour laquelle il a écrit un livre, en collaboration avec Normand Lester), il y a un fossé que Pratte franchit sans gêne.

Non seulement son jupon anti-PQ dépasse, mais c'est rendu qu'on voit aussi son cul en dessous du jupon. Avant de dire que Philpot erre, attendons voir les conclusions du rapport... qui, tiens tiens, ne surviendront qu'après les élections. Eh ben.

D'autre part, vous, chers lecteurs, et moi-même, savions très bien que l'histoire Philpot/Rwanda finirait par ressortir au cours de la campagne. Trop facile. Ce qu'il faut noter, c'est que La Presse a choisi de sortir cette histoire AUJOURD'HUI. Juste comme Charest-le-Menteur allait encore devoir passer une belle journée ensoleillée à se dépatouiller dans un autre de ses mensonges, celui du lapsus "indivisible". On gage que CROP/La Presse va commencer dès aujourd'hui à faire un sondage, qui sera publié lundi, histoire de camoufler tant que faire se peut, la glissade de Charest ?

Au bout du compte, en plus de voir Charest commencer à trouver le temps long entre le déclenchement des élections et l'ouverture des bureaux de vote, l'autre bon spectacle est de voir Pratte user de tous les moyens possibles pour embêter Boisclair et essayer de redonner un peu de crédit au PLQ, quitte à spinner une nouvelle "du bon bord".

Heureusement, ça fait longtemps que les Québécois ne sont plus dupes.

[m-à-j, par Mr. Pointu]. Puisque je ne connais rien, sinon trop peu de choses, sur le génocide, loin de moi de m'insérer dans un débat entre Philpot et ses détracteurs, encore moins d'endosser la thèse dudit Philpot. Mais il me semble que de lui faire dire, comme le titre La Presse, qu'il "nie le génocide rwandais" ne réflète pas la pensée de Philpot. Extrait de son livre - que j'ai recu à Noël, mais que je n'avais pas touché avant de lire l'introduction tout à l'heure -, "Ça ne s'est pas passé comme cela à Kigali", p. 21 :
"Et le génocide ? Les massacres, les tueries ? On a vu les images, les machettes, les corps les squelettes. Personne ne peut prétendre que cela n'a pas eu lieu. Non, pas du tout !" Mais les tentatives de ramener cette tragédie à une histoire d'horribles génocidaires hutus qui ont tué tous les Tutsis innocents aidé par une France colonialiste ne font qu'occulter les causes du drame et protéger les vrais criminels".
Mais, bon, peut-être a-t-il dit autre chose en d'autres lieux... J'ai comme l'impression que La Presse va encore avoir besoin de chercher les "enregistrements audios"... [m-à-j 2] Tiens, ca rame...

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7 mars 2007

Liste Charest # 11 : Patapouf et la partition du Québec. 


Encore un autre épisode de "À soir, on fait peur au monde". C'est le fun des journées comme cela où le Menteur nous facilite la tâche... grâce à la première gaffe majeure de la campagne.

***
  • Jean Charest, 6 mars 2007, vers 15 h 15 :
«Je ne crois pas que le Québec serait indivisible»

«le lendemain d’un vote pour la souveraineté, on s’engage dans un processus de sécession et de partition d’un territoire [la séparation du Québec], on s’engage dans ce que j’appelle un trou noir» [NDLR, traduction de l'anglais et ce n'est pas anodin..)
  • Jean Charest, 6 mars 2007, 18h 38, par voie de communiqué et plaidant le "lapsus":
«Je réitère, comme premier ministre et comme chef du Parti libéral du Québec, que le territoire du Québec est indivisible"
  • Jean Charest en 1996, tel que cité dans la Gazette:
«Si les séparatistes ont un droit à la dissidence, ils ne peuvent nier ce même droit aux autres» (..) «Il est loin d’être clair que le Québec n’est pas divisible. (tous les citations sont tirées du texte du Devoir)
  • En 1995, alors qu'il était vice-président de la campagne du Non, Jean Charest évoque le trou noir pour la première fois.
Serait peut-être temps qu'il se branche le Menteur. Anyway, l'opération "damage control", digne d'une mise en scène de la Ste-Flanelle, est en marche. André Pratte, propagandiste officiel, prend son rôle très au sérieux (1,2,)...

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Combattez... le PLQ! 



(trouvé sur le blogue de Tristan Péloquin/Cyberpresse)

Et tant qu'a y être, voici... le retour des Alarmistes!

(trouvé sur le blogue de Sophie-Hélène Leboeuf/Radio-Canada online)


6 mars 2007

Liste Charest #10: La santé, bis. 


On a chez nous une détermination sur laquelle on veut que la populaiton nous juge après notre premier mandat : de réduire et de couper dans les listes d’attente et de traiter les citoyens du Québec avec respect. […] Je vais remettre sur pied le système de santé. Et si je n’y arrive pas, vous saurez quoi faire.

- Jean Charest, lors du lancement de la campagne électorale du PLQ, 2003

Pas besoin d’être JoJo pour deviner que le sujet de la santé reviendrait sur le tapis électoral. Peut-il en être autrement? Comment dire… sinon qu’en terme de sujet de discussion principal dans les grands médias, la santé se situe en deuxième place, entre la météo et les déboires de Canadien. Un bon bock de c.difficile frette en regardant couler le CH, Marcel?

Mais revenons-en à la santé, à propos de laquelle mon confrère Monsieur Pointu a précédemment aligné quelques arguments de nature plus « scientifique ». Comme plusieurs autres d’ailleurs, et en reveux-tu par ici aussi, bon yeu que la santé a le teint vert depuis que les Libéraux nous ont promis de remettre sur pied notre système. (Ben oui, mes deux hyperliens pointent vers le Devoir; faites une simple recherche, vous en trouverez partout ailleurs).

À propos de ce bilan, donc, les chiffres sont désormais bien connus des observateurs de la chose politique et de leur auditoire – si bien, d’ailleurs, si évocateurs, justement, que l’Infoman en a fait un gag on ne peut plus limpide.

Ce dernier clip est, en vérité, le témoignage d’une tendance lourde que Charest n’a sûrement pas devinée.

Après la phase « panique », puis la phase « négation », les Québécois sont désormais de plein pied dans la phase « acceptation ». Laquelle, dois-je préciser, s’accompagne aussi de la colère des contribuables devant attendre quatre mois avant de se faire opérer le tendon du pied.

Acceptation, donc. Ben oui, notre système de santé va mal. C’est vrai ce que disent les « spécialistes », tous les hôpitaux du monde doivent aussi faire avec les irruptions de bactéries nosocomiales? Ah ben oui, garon, les Ontariens l’ont pognée la semaine dernière.

Ainsi, le problème de Charest avec le dossier de la santé est double et franchement impossible à juguler. D’abord, le Menteur doit vivre avec ses promesses électorales non tenues. Certes, il y a bien d’autres fausses promesses, mais celles concernant le système de santé est d’autant plus dommageable que le premier ministre la réchauffe à cette campagne. Et rebelotte, la santé est de retour au sommet des priorités du prochain mandat libéral, comme en fait foi le programme du PLQ :
« Le travail de reconstruction du réseau de la santé se poursuivra au cours de notre deuxième mandat. Cette priorité à la santé est le reflet d’une conviction profonde : un système public et universel, à l’intérieur duquel le secteur privé peut jouer un rôle, demeure le meilleur moyen d’améliorer la santé des citoyens et de contrôler la croissance des coûts. C’est aussi un avantage économique concurrentiel. Notre système de santé est un lieu de science et d’excellence créateur de richesse, qui inspire une industrie des sciences de la vie d’avant-garde contribuant de manière puissante au positionnement du Québec parmi les économies de haut savoir. »


…et bla bla bla. Lisez par deux fois, si vous en avez le courage, et notez le vide sidéral (heu, libéral, plutôt?) qui souffle sur cette synthèse des engagements du PLQ en matière de santé. pour le prochain mandat.

Note aux stratèges libéraux : les Québécois sont résignés à vivre avec un système de santé qui connaît des ratés. Il n’est pas parfait, peut-être est-il moins pire que d’autres, on va chialer quand même, avec raison mais aussi parce que le fond de l’air et la garnotte de Souray, à un moment donné, on a fait le tour.

Mais surtout, on ne croit plus ceux qui se présentent à nous comme les sauveurs du système qu’ils ne sont pas, qu’ils ne seront jamais, qu’ils n’ont jamais été. Or, en campagne électorale, lorsque le Parti Libéral du Québec met la santé en priorité, il nous prend pour des cons. Lorsqu’il affirme, comme sur son site web, que « Le PLQ est le seul parti qui fait de la santé sa première priorité », les Québécois lisent que le clan Charest fait du mensonge sa première stratégie électorale.

Tous les observateurs de la vie politique l’ont dit, du Devoir à La Presse : le gouvernement Charest n’a pas tenu ses engagements en matière de santé. Plus encore : le Menteur en chef l’a subtilement (et par défaut) admis en mutant de comté Philippe Couillard – le « Messie » de la précédente élection -, puis en recrutant un nouveau « Messie » - le Dr. Yves Bolduc, d’Alma, père de la « méthode Bolduc », candidat dans la forteresse péquiste de Lac-Saint-Jean.

Dommage, car c’est sûrement un chic type, le Doc Bolduc. Honnêtement, même s’il s’était présenté dans Westmount-St-Louis, on lui aurait souhaité une défaite. S’il désire vraiment améliorer le système de santé, Dr. Bolduc serait mieux de rester en poste à l’Hôtel-Dieu d’Alma. Il ne fera pas mieux que Couillard.

Remarquez, pour l’heure, ni le PQ, ni l’ADQ ne seraient davantage équipés pour « réchapper » notre système de santé. Sauf qu’eux n’en font pas la priorité de leur campagne et, surtout, n’ont pas à traîner le boulet d’un premier mandat de promesses non tenues. Cette priorité de la santé au programme des Libéraux est autant une épine dans leur pied qu’une poignée dans notre dos. Continuez à clamer être le défendeur du système de santé que vous n’êtes pas, M. Charest, criez le haut et fort encore pour les 20 prochains jours. Comme ça, plus de citoyens réaliseront à quel point vous mentez.

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Liste Charest # 9 : Privatisation de la gestion de l'eau par les municipalités 


[NDLR : on a pris du retard, ce sera un deux pour un aujourd'hui, le compadre PostKrock prépare un autre truc sur le bilan du gouvernement Charest en santé. En attendant, vous pouvez toujours vous distraire en lisant les propos Charlotte L'Ecuyer, candidate libéral dans Pontiac]
Dans une région où au moins 25 000 personnes sont privées de médecins, la candidate libérale dans Pontiac, Charlotte L'Ecuyer, a tenu des propos qui ont plongé, samedi dernier, ses collègues du Parti libéral du Québec (PLQ) dans l'embarras. Elle a en effet laissé entendre que l'accès aux soins ne posait pas un si grave problème au Québec puisque, après tout, les gens en santé n'ont pas besoin d'un médecin de famille (Cyberpresse, la suite ici)
Fin de l'aparté. Allons-y avec le neuvième item parvenant à se glisser dans notre Liste Charest.

***

Nous l'avons déjà dit, Patapouf aime bien flatter dans le sens du poil ses copains du secteur privé. On a d'ailleurs déjà disséqué dans cette liste les tenants et les aboutissants liés à la création de l'Agence des partenariats public-privé. Il ne s'est pas arrêté là.

Ainsi en est-il du projet de loi 134, adopté en catimini en décembre 2005 par le gouvernement du PLQ. Cette loi vient modifier la Loi 62, celle-là même qui ouvre la porte au partenariat public-privé (PPP) dans l'exploitation des aqueducs ainsi que des égouts municipaux. Ainsi faisant, on favorise le recours à l’impartition et la sous-traitance dans le secteur municipal en permettant dorénavant aux municipalités de confier non seulement la gestion- mais également le financement - de l'eau, des parcs et des matières résiduelles, à l'entreprise privée.

L’article 64 du projet de loi 134, adopté en fin de session à l’Assemblée nationale, ouvre la porte à une gestion de l’eau par le secteur privé dans les villes québécoises. L’article stipule que "toute municipalité locale peut, pour une durée maximale de 25 ans, confier à une personne l’exploitation de son système d’aqueduc ou d’égout ou de ses autres ouvrages d’alimentation en eau ou d’assainissement des eaux" (Planète Bleue)

Pourtant, comme le rappelle Eric Lachance dans un article paru sur la Tribu du verbe (dont on s'inpire fortement dans ce billet) : " Le rapport du Bureau d'audience publique sur l'environnement (BAPE) concernant la gestion de l'eau au Québec a établi clairement son désaccord avec le principe de la privatisation des équipements municipaux. Encore une fois, poursuit-il, "en agissant ainsi, [Patapouf] balaie du revers de la main l'opinion publique et impose sa vision des choses:
Cette modification de la loi sur les compétences municipales au Québec, entrée en vigueur deux jours après son adoption, va à l’encontre des principes de la Déclaration sur l’eau de Développement et paix. Cette déclaration, signée par 233 000 Canadiens et Canadiennes, a été ratifiée par 105 municipalités depuis son lancement à l’automne 2003. (Planète Bleue)
On comprendra aussi que le modèle de partenariat public-privé que l'on favorise ainsi 1) implique souvent un transfert d'employés du secteur public vers l'entreprise privée (ce qui permait de se défaire des conventions collectives en vigueur [on y reviendra en discutant le projet de loi 31 qui a modifié l'article 45 du Code du travail), 2) que le consommateur, pourrait quant à lui, faire face à une hausse du coût des services d'eaux. Enfin, et ce n'est pas la moindre chose, 3) cela risque d'engendrer une diminution de la qualité du service offert ainsi que l'interruption des services d'eaux...

Bref, voilà un autre pan de la contribution de Patapouf à la destruction de la propriété publique et à la privatisation du bien commun. Est-ce que ca prendre un autre Walkerton pour se réveiller ?

Plus d'infos:

Eau Secours : Voir aussi l'excellent dossier sur la privatisation de l'eau.

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5 mars 2007

Plein-feux sur l'ADQ 


Il trouvait qu'à force de guetter les Libéraux de Patapouf, on laissait filer un peu vite Mario. Il nous avait promis quelque chose. Et bien, c'est fait, Simon C. lance et compte. Voici sa contribution:

***

Plusieurs blogues plutôt de droite ont fait leur gorge chaude du « premier scoop politique » de l’histoire de la blogosphère québécoise, doublé d’un pseudo « second ». Mais, étrangement, les réactions sur « l’affaire Plante » qui est en développement sont plus rares alors que la chose est en train de prendre des proportions dépassant largement celles des histoires précédentes…

Pour résumer rapidement, Jean-François Plante est un ex-conseiller municipal de Montréal, « X » revendiqué, collaborateur à la Radiopirate de Jeff Fillion
et à CHOI Radio X (les roteux de baloney). Il est aussi lui-même animateur d’une émission webcastée et maintenant candidat de l’ADQ dans Deux-Montagnes - bio sur le site de l’ADQ - et siége même sur l’exécutif national du parti. M. Plante a fait parler de lui lundi à cause de certains propos tenus par le passé sur sa webradio portant sur l’équité salariale et la violence faites aux femmes qui ont été déterrés par « l’escouade internet » des libéraux.
Dans son blogue audio Radio XTREM, Jean-François Plante, candidat adéquiste de Deux-Montagnes, remet en question le bien-fondé de l'équité salariale pour les employées de l'État. La discrimination positive à l'endroit des femmes créera, selon lui, une forme «d'apartheid où on bloque les hommes», un «effet pervers» de discrimination. Faire plus de place aux femmes signifie que moins d'hommes seront embauchés, déplore-t-il.

Le 6 décembre, pour souligner la tuerie de Polytechnique, M. Plante insiste : il refuse de porter le ruban blanc, symbole d'appui aux familles des victimes, révélaient ses entrevues sur sa radio XTREM.
(Article de Denis Lessard qui a, je crois, parti le bal dans les médias "trad")
Jean Charest, bulldog s’il en est un et qui ne rate jamais un mollet [ni les chiennes], n’a pas tardé à demander sa tête :
Sur un ton grave, le chef libéral a soutenu que les propos de Jean-François Plante avaient pour effet de «banaliser» les massacres de "la Polytechnique" et du Collège Dawson. Il a par la suite réclamé la démission du candidat controversé.

«À mes yeux, il ne devrait pas seulement être discipliné, il devrait démissionner», a-t-il dit. (Cyberpresse)
Tristan Peloquin, blogueux de La Presse, nous apprend que « Jean-Marc M., membre de You tube depuis 18 heures » a mis en ligne des extraits suplémentaires de la webradio de Jef Plante :
Dans ces clips, on entend notamment la théorie de Jef Plante sur les Québécois: “Les Québécois ont souvent un profil de petits crosseurs. (C’est comme) les Mexicains, qui sont un peu plus magouilleurs (ou les) Tunisiens, qui fonctionnent avec le backshish."
Jef parle aussi des femmes: "Y’a des filles que tu connais et que tu as le goût de les baiser la première fois que tu les vois. D’autres, ça prend quelques mois avant que tu te dises: “en fin de compte, elle est regardable; je lui donnerais bien un coup”".
Bref, les extraits sont assez fascinants…

Dans une entrevue avec Yves Pageau, masculiniste bien connu qui respecte manifestement les femmes[1], Jef Plante semble dire au début de l’entrevue que les « garderies de la CSN » (garderie à 5 7 $, qui dit mieux..ben oui, Patapouf) ont été mises sur pied pour offrir du travail aux femmes. Pour rester dans les limites de ce que l’on entend, mentionnons que l’on ne sait pas trop de quoi il parle :
…imagine, on va embrigader DE FORCE tes enfants, qu’on t’enlève déjà pour les mettre en garderie, parce que c’est important, faut que les femmes travaillent. On s’inquiète pas du bien-être des enfants, on s’inquiète des femmes qui faut qu’y aillent travailler, donc parker les enfants à’ garderie… Ça c’est important!

Vous voulez aller travailler mesdames, aucun problème ! Allez y, vous êtes ben bonnes, vous êtes ben fines… aucun problème! Mais là c’est parce qu’y a des enfants… » (retranscription sommaire, voir l'original)

Parlant de Gilles Duceppe : « Toi là, le préposé aux bénéficaire maoïste là! Fais attention quand tu regardes le monde de haut… Je pense que t’es pas un exemple, je pense que t’as pas contribué à la société ben gros… ». (ici)

Faut quand même le faire de dire que Gilles Duceppe – certainement l’une des figures politiques québécoises qui aura marqué le plus les 10 dernières années – serait un genre de gros raté qui n’a rien apporté à la société… D’autre part, les préposés aux bénéficiaires ne contribueraient pas à notre société? Il semble pourtant qu’en avoir davantage dans nos hôpitaux ne ferait pas de tort…

Enfin, dernier rebondissement à l’affaire, Jef Plante fait son mea culpa.

Sur son site, il s’explique davantage.

Pour se défendre contre les accusations portées contre lui, il affirme avoir toujours été « égalitariste ». Mais à propos de la tragédie de la Polytechnique, il écrit :
J'ai vu combien on a voulu ostraciser une partie de la société québécoise (les hommes), j'ai vu qu'on a voulu nous faire porter à tous les hommes ce terrible drame. Eh bien moi, je refuse. Oui bien sur, il y a de la violence de faite aux femmes et je déplore chacun de ces gestes. Mais la violence, je suis désolé, n'a pas de sexe, elle n'a pas de couleur, elle n'a pas de religion. Chaque violence est inacceptable, et de pointer un sexe en particulier est aussi stupide et puéril que de pointer une communauté culturelle en particulier. (Radio XTRM)

Et ben! C’est fort quand même de dire qu’on a voulu « ostraciser une partie de la société ». 31 % de représentation à l’Assemblée nationale, les femmes ont presque évincé les hommes du pouvoir… Et je ne vous parle même pas des entreprises dont je n’ai pas les chiffres [NDLR : 12 % si je m'abuse, Mr Pointu], mais je suis certain qu’il doit y avoir encore beaucoup de mecs aux réunions du Conseil du Patronat...

Enfin, dire que « la violence[…] n'a pas de sexe[…] de couleur, [ou] de religion », ce n’est certainement pas se distinguer par la profondeur de sa vision historique. Certes, la violence n’est pas liée intrinsèquement à l’essence même d’un sexe, de la couleur de la peau ou de certaines religions. Mais est-ce nécessaire de rappeler que dans la réalité sociale et historique, la violence peut et va souvent avoir un sexe, une couleur ou une religion.


[1] Voir l’édifiant avant-avant dernier paragraphe de Gars Content : J'aime les femmes. J'estime qu'on devrait en avoir chacun au moins une. D'abord c'est utile quand on part en vacances. Ça porte les bagages et ça permet d'éviter le supplément pour l'occupation simple d'une chambre d'hôtel. Ça nettoie la maison, ça prépare les repas et ça critique. Quand on est chanceux on peut même la baiser quand on n'a rien de mieux à se mettre sous la bite. Vraiment j'aime bien les femmes. Ce n'est pas là mon problème

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4 mars 2007

Liste Charest # 8 : Structurite et fusions d'établissements dans le secteur de la santé 


En ce dimanche, c'est L'Akratique qui sauve la mise avec sa critique de la "La priorité no.1 la plus importante du PLQ*". Nous lui laissons le crachoir et intégrons sa contribution à la Liste Charest.

***

La santé, la santé, la santé, la santé. S'il y a quelque chose qui symbolise le vide sidéral derrière le programme du PLQ, c'est bien son bilan en santé. Transportez-vous lors de la précédente campagne. Charest nous annonçait alors en grande pompe l'abolition des régies de la santé. Bien sûr, pour les personnes qui ne connaissent pas l'organisation des soins de santé au Québec, la chose a l'apparence d'une idée de génie: "enfin, débarassons-nous de ces bureaucrates qui foutent rien et qui sont certainement responsables des maux du système".

Or, la réforme n'en est une que de papier entête**: les régies [régionales de la santé et des service sociaux] se voient simplement donner un nouveau mandat, celui de procéder à l'intégration territoriale des établissements en santé. Fini "la gestion en silo", la 8e plaie d'Égypte, à en croire le barbu.

Qu'est-ce qu'on fait? On intègre les directions des hôpitaux, des CHSLD et des CLSC avoisinants. On en profite aussi pour faire disparaître le terme "CLSC" pour le changer pour "installation". "Chéri, j'ai mal, vite à l'installation"! Super. Toutefois, le problème no.1 des québécois, c'est la porte d'entrée du réseau. Si tout le monde avait accès à un médecin de famille, on ne verrait plus les gens se précipiter dans les urgences pour des maux de tête. Or, lorsque vous fusionnez des hôpitaux (gros, 2e ligne) et des CLSC/installations (petits, 1ère ligne) ensemble, qui va dominer dans le partage du gâteau? Et si les CLSC se retrouvent avec les miettes, qu'en est-il de l'accès aux services de première ligne? Ils sont en meilleure posture?

La gestion en silo, ça peut se contrer de multiples façons. On a fait que renforcer le poids du curatif dans un système où il prend déjà toute la place, y compris dans la tête de la population. On a changé deux fois de papier entête dans les régies pour rien. On a tué (pas encore, du moins) le branding d'un établissement connu de tous. Mes félicitations.


(Les GMF? Ah oui, le bébé de François Legault?)

*Mes hommages à M.C. Auger.

**En fait, ce sont deux réformes de papier entête qui ont eu lieu. La première, à la création des Agences de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux, et la deuxième, à la création des Agences de santé et de services sociaux. Notez les changements subtils.

***
Voilà pour le bilan de la structurite dans le secteur de la santé. Au sujet des "portes d'entrée", j'ajouterai qu'il n'y a même pas un foutu médecin à mon CLSC (Petite-Patrie).

Nous aurons l'occasion de revenir sur "l'oeuvre" du gouvernement Charest au sujet de la plus première priorité absolue totale de Patapouf (tm)... Encore une fois, merci à l'Akratique pour sa contribution. N'hésitez pas à l'imiter.

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3 mars 2007

La liste Charest : une semaine déjà 


Une semaine plus tard, voici les sept premiers éléments de notre liste des Trente bourdes du gouvernement du Parti Libéral du Québec lors de son mandat amorcé en 2003. Le meilleur (sic) est à venir.

***


No. 1 : Privatisation du Mont-Orford, baîllon, juin 2006.
No. 2 : Les défusions municipales, publié sur Goudaille.
No. 3 : La hausse déguisée des impôts aux particuliers. (Merci à Infoman)
No. 4 : Accommodements raisonnables
No. 5 : La création de l'Agence des partenariats public-privé
No. 6 : Remembering "l'ostie de/maudite chienne"
No. 7 : La centrale le Suroit
No. 8 : Structurite et fusions d'établissements dans le secteur de la santé, publié sur L'Akratique
No. 9 : Privatisation de la gestion de l'eau par les municipalités
No. 10: Les promesses en santé, bis

No. 11: Patapouf et la partition du Québec.
No. 12-30 : Dévoilement, à raison d'un item par jour, entre le 8 et le 26 mars.

N'hésitez pas à contribuer : voir notre appel à la blogosphère.

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Liste Charest # 7 : La centrale le Suroit. 


Il se fait tard en ce samedi et Postkrock m'ayant laissé tomber, vais donc sauver la mise en ajoutant à notre liste, l'épisode du Suroit, cette centrale thermique que notre Patapouf national croyait bon lancer dans ma Montérégie natale.

Rappel des faits

En janvier 2004, le gouvernement du Québec annonce, contre l'avis du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) qui le jugeait trop polluant, qu'il ira de l'avant avec une «version améliorée» de la centrale au gaz naturel du Suroît. (Radio-Canada)

Oui , oui, le clan Charest est revenu sur sa décision neuf mois plus tard (Cf, Le Suroit remis aux Calendes grecques), mais ce n'est que devant la désaprobation générale et après que tous les "arguments de vente" furent déboulonnés un à un :
  • Pour chaque million de dollars investi, le Suroît ne créerait de l’emploi que pour 2,2 à 2,8 personnes/ années; l’efficacité énergétique en créerait 12,7, et l’éolien, entre 5,7 et 6,2.
  • Chaque kilowatt/heure produit par la centrale thermique du Suroît coûterait entre 7,6 et 9,2 ¢, alors que ceux produits par l’efficacité énergétique coûteraient 2,8¢, et ceux de la filière éolienne, 8,14¢.
  • De surcroît, les 6,1 milliards de dollars que coûterait le projet d’Hydro-Québec serviraient en large partie à payer pour les importations de gaz naturel nécessaires à son fonctionnement… C’est donc de l’argent exporté hors du Québec! [source : Équiterre]
Voir ici et ici aussi. "Pas très glorieux" encore une fois. Et c'est ce gouvernement qui aujourd'hui se fait le chantre du développement durable - tellement in ces temps-ci -. Mais est-ce si surprenant [by the way, cela vaut pour Dion, Dumont, Boisclair et compagnie qui se sont mis à la mode verte] :
(...) Personne ne peut croire sérieusement que la célébration du développement durable, qui se traduit par le mitage des paysages par des éoliennes, la relance du nucléaire, la culture des biocarborants, l'investissement sociale responsable, et autres démarches des lobbies en quête de nouveaux marchés, puisse ne serait-ce qu'infléchir le cours des choses. Le "développement durable" est une arme sémantique pour évacuer le mot écologie. (...] Il n'a pour fonction que de maintenir les profits et d'éviter les changements des habitudes en modifiant, à peine le cap."

Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, p. 32-33.
Bon, je sais. C'est vite fait, moins étoffé et un peu plus brouillon que les autres items sur la liste. On aura l'occasion de se reprendre. Mais n'oubliez pas que vous - lecteurs, lectrices, blogueurs, blogueuses - êtes aussi invités à collaborer...

Z'en voulez plus ?
  • Réécoutez Louis-Gilles Francoeur sur le gâchis évité (lire aussi son article dans Le Devoir)
  • Le site de la Coalition Vert Kyoto

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2 mars 2007

Tel que vu à la télé 




Liste Charest # 6 Remembering "l'ostie de/maudite chienne" 


D'abord, scusez-nous. Non seulement l'hébergeur des images du Périscope a-t-il planté ce matin, mais on est un peu en retard et à la sauvette. On va donc garder ça court et profiter de l'actualité d'hier pour passer notre message d'aujourd'hui.

Vous l'avez sans doute entendu, Louis Champagne, filiforme animateur de radio-poubelle à CHRS-Jonquière, a traité Sylvain Gaudrault [et Boisclair indirectement], candidat péquiste au Lac-St-Jean de "tapette".

Pendant ce temps Dumont et Charest laissait passer la parade sans rien dire. Lagacé écrivait d'ailleurs que :
Ce qui est odieux, c’est le silence de MM. Charest et Dumont sur cette affaire. Pas un mot, pas une déclaration, pas une « soundbite » pour rappeler que l’homosexualité du chef péquiste ne devrait pas être utilisée contre lui, de cette façon. Pas un mot pour purifier l’air. C’est drôle, MM. Charest et Dumont ont trouvé le temps de parler de soccer, l’autre jour.
Pour une fois qu'on était d'accord avec lui, il se retracte - d'où la rayure dans le texte - parce que Dumont et Charest ont abordé le sujet ce matin. Too late, si vous voulez mon avis, à peu près tous les commentateurs avaient dénoncé la chose...

Tout ça pour dire - et cela nous amène à l'item #6 de la Liste Charest - que Patapouf est lui-aussi capable d'en dire des conneries. Ais-je besoin de vous rappeler qu'il a lui même traité Elsie Lefebvre de rien de moins que d'ostie de/maudite chienne (voir aussi Marissal, La Presse, 17 juin 2005) , tout ça dans le vénérable - l'est-il tant que ça - Salon Bleu de l'Assemblée-nationale. Ce n'est que du bout des lèvres qu'il s'était alors excusé.


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1 mars 2007

On réclame un nouveau DGE 



Nous avions laissé passer cette histoire à propos de FlixRob, l'internaute qui a téléversé plusieurs clips anti-PLQ sur YouTube et qui avait fait l'objet d'une plainte - gagez-vous qu'elle émane du pitbull en chef Jacques Dupuis? Nous l'avions laissée passer parce que jamais nous n'aurions cru que FlixRob eut plié à la requête du PLQ, officialisée par Marcel Blanchet, Directeur général des élections du Québec.

Ben, nous étions dans le champ. Les clips ont été retirés. Voici la réponse de FlixRob et son "Robin", du collectif Les Alarmistes:


Sur cette histoire, nous ne saurions être plus d'accord avec ce qu'en pense Michel C.Auger:
"essayer de faire la police sur ce que font les individus sur Internet, c’est comme essayer de vider l’océan avec une cuiller. On ne va juste jamais y parvenir, c’est juste un cas où la Loi électorale est en retard sur la réalité."


Soit, en cette époque où les citoyens maitrisent de mieux en mieux les nouveaux outils technologiques, la loi électorale est désuète. Mais ce que prouve cet épisode, c'est que Marcel Blanchet n'est plus dans le coup.

En poste depuis 2000, Marcel Blanchet avait pourtant déclaré, à la veille des élections, qu'il "ne compte pas s'improviser en " police du Web " pour contrôler les dépenses électorales des partis politiques sur Internet. Marcel Blanchet rencontre d'ailleurs les représentants des partis aujourd'hui pour leur demander de ne pas profiter de cette brèche durant la campagne." (cf: Le DGE n'a pas l'intention de patrouiller l'internet, La Presse, 23 février 2007). Il aurait pu nous prévenir qu'il n'aurait pas les couilles et la vision pour savoir faire la différence entre un site comme bondebarras.tv et l'exercice du droit à la liberté d'expression de chacun des citoyens québécois.

"L'affaire FlixRob" est la goutte qui fait déborder l'urne électorale, déjà pas mal pleine, si vous voulez notre avis. Les Alarmistes n'ont pas le droit de donner leur opinion sur le gang Charest, mais les ministres du PLQ ont le droit de distribuer des chèques juste avant et pendant les élections, du moment que le député du coin ne soit pas dans la photo-op? Poser la question...

À cela s'ajoute les ahurissantes négociations entourant la tenue du Débat des chefs (en vue de laquelle nous planchons déjà sur notre traditionnel drinking game - tenez vous prêts!). Les télédiffuseurs ne veulent pas pas le lundi à cause du Chien Noir et autres niaiseries du genre. Les politiciens ne veulent pas le mardi à cause du hockey (ce sera le mardi, finalement). Surtout, Québec Solidaire et le Parti Vert n'ont pas droit de cité - youhou, y'a quelqu'un au bureau du DGEQ qui a entendu parler de Kyoto ces derniers mois?

Pour terminer, deux choses. Avant que n'apparaisse une pétition en ligne pour donner à Marcel Blanchet son 4%, prenez le temps d'aller signer celle qui demande que Québec Solidaire puisse prendre part au débat des chefs.

Et de deux: on s'engage à déterrer les clips sur YouTube, réalisés par des citoyens et prenant position contre ces partis qui ne font pas leur affaire. Bring it on, Marcel.


Liste Charest # 5 : La création de l'Agence des partenariats public-privé (PPP) 


D'abord, je voudrais juste rappeler que l'idée derrière l'appel à la blogosphère, c'était, entre autres, de ne pas avoir à se taper toute la job. À ce rythme, vais finir par avoir le DGE sur le dos (mais non, ne croyez pas que le Périscope estime avoir une influence quelconque sur le vote]. Anyway, pour le cinquième élément de la liste, la mise en place de l’Agence des partenariats publics-privés (projet de loi 61, adopté sous le baillon en décembre 2004) par lequel le PLQ a consolidé sa politique autoritaire envers les travailleurs québécois, j'ai décidé de vous bricoler un petit quelque chose à partir d'un éditorial que je vous ai rédigé l'an dernier.

***

D'abord, il ne faut pas se leurrer, les "partenariats" entre le secteur public et le secteur privé existent depuis longtemps. Ici, au Québec, qui ne se souvient des dépassements de coûts lors de la construction du stade olympique ! Du métro à Laval ! Des « partenariats publics-privé» entre les médecins (payés par les contribuables, faut-il le préciser) et les pharmaciens, entre les compagnies pharmaceutiques et l’État (on pense ici aux coûts astronomiques du régime d’assurance-médicaments) ! L’Ontario a quant à elle « rencontré son Walkerton », où la mauvaise gestion de l’eau (sous forme de PPP "nouvelle mouture") a tourné à la tragédie (voir aussi le cas de Grenoble). Ailleurs, les "Profits-Pour-le-Privé" se sont déjà insinués dans de nombreux secteurs de l’économie. Pensons simplement à l’engagement d’Halliburton en Irak, un « PPP » dans le secteur de la guerre ! Le mercenariat au service de la réduction de la taille de l’État.

Vous trouvez que j'y vais avec les gros sabots, qu’il ne s’agit pas là de la "formule PPP" telle que le gouvernement du PLQ l'a mise en place sous le faux prétexte qu'ils coûteraient moins chèrs et seraient plus "efficaces". En effet, même s'il a dans sa poche plus de projets PPP qu'il ne le prétend (voir aussi ici), celui-ci préfère évoquer des projets dans la construction de tronçons d’autoroute, d’aires de repos, voire de salle de concert et de méga-hopitaux (nous aurons l'occasion d'y revenir dans un dossier qui y est exclusivement consacré !), etc. Mais ce n’est que diversion. À la vérité, c’est plutôt l’ensemble des services publics qui deviennent susceptibles d’être soumis à la « formule PPP » comme le souligne l’article 6 et 13 de Loi sur
l’Agence des partenariats publics-privés*. Parmi les organismes publics susceptibles de mettre en place des PPP, l’article 7 cite nommément : les ministères (alinéa 1, aucune exception n’est notée), les sociétés d’État (alinéa 2), les écoles et les collèges (alinéa 3), les commissions scolaires (alinéa 4), les universités (alinéa 5), les établissements du réseau de la santé (alinéa 6 et 7), les organismes municipaux (alinéa 8). Surtout, l’alinéa 9 souligne que peut être considéré comme un organisme public pouvant mettre en place des PPP, « tout autre organisme désigné par le gouvernement ». Une formule idéale pour mettre à l'encan nos services publics.

Il y a évidemment plusieurs bonnes raisons de s’opposer à cette nouvelle mouture des PPP, : le manque de transparence ; les risques élevés de conflits d’intérêts et de relations incestueuses entre les dirigeants publics et ceux de l’entreprise privée ; la gestion « managériale » de la chose publique où les « indicateurs de qualité » inspirés de la « nouvelle gestion publique », née dans les business schools anglo-saxonnes, sont sensés protéger l’intégrité des services offerts aux citoyens ; la centralisation des décisions vers le Conseil du trésor et l’exécutif du gouvernement, la chimère du partage du risque, le fait que la comptabilité privée ne peut pas être inspectée comme c'est le cas des finances publiques, etc.

Bref, de nombreuses questions éthiques se posent. Mais, les conséquences de cette ouverture éventuelle de l’ensemble des services publics au secteur privé consacré par le projet de loi 61 vont encore beaucoup plus loin. Petit à petit, c’est l’ensemble des services publics qui est à risque de passer sous la houlette de l’Agence des partenariats publics-privés.

Au premier rang des victimes [et là il faut faire un le lien avec la loi 31 qui, s'attaquant aux travailleurs du secteur privé, a modifié l’article 45 du Code du travail pour favorisant le recours à la sous-traitance, un autre dossier à venir], on peut certes penser aux travailleurs du secteur public dont les conditions de travail risquent d’écoper lors de la transition au PPP. En termes de salaire bien sûr, mais aussi en terme de santé et sécurité. Un reportage du Point (1er décembre 2003**) sur les risques élevés encourus par les agents de sécurité dans les prisons ontariennes (en mode PPP) — qui a suscité "l’intérêt du ministre" de la sécurité publique— était à cet effet très évocateur.

En somme, ce que l’on doit éviter d’occulter, c’est que cette mise en place du cadre législatif propice à la prolifération des PPP s’insère dans la droite ligne de la politique autoritaire envers les travailleurs québécois instituée par le gouvernement Charest depuis son arrivée au pouvoir. D’abord, la loi 31 consacrant les modifications à l’article 45 du Code du travail. Ensuite, le gouvernement imposait le fractionnement des unités d’accréditation syndicales dans les hôpitaux (encore un autre dossier à traiter dans notre Liste Charest). Puis, le projet de loi 61 sur les partenariats publics-privés. En procédant de la sorte, le Patapouf a lancé une attaque frontale contre l’ensemble des travailleurs québécois de plus en plus soumis au joug de la sous-traitance, de l’impartition, de la quête absolue de flexibilité sur le marché du travail. Plus encore, ces mesures entraînent la désorganisation des travailleurs et tendent à les opposer les uns aux autres.

Pas convaincu? D'autres que moi sauront peut-être le faire. Lire notamment:

Main-basse sur l'État
, Dorval Brunelle et al, 2005. (extrait en ligne)
Tout doit disparaître :Partenariats publics-privés et liquidation des services publics, Gaétan Breton, Lux Éditeur, 2005.
Sur le front des PPP, SCFP. En ligne.
Explications sur les PPP : Réseau vigilance. En ligne.

(*) Un contrat de partenariat public-privé est un contrat à long terme par lequel un organisme public associe une entreprise du secteur privé, avec ou sans financement de la part de celle-ci, à la conception, à la réalisation et à l'exploitation d'un ouvrage public. Un tel contrat peut avoir pour objet la prestation d'un service public (article 6). Un organisme public partie à un contrat de partenariat peut, aux conditions qu'il détermine, déléguer à un partenaire l'exercice de toute fonction ou de tout pouvoir autre que réglementaire requis pour l'exécution du contrat (article 13).

(**) Le même reportage permettait également de prendre la mesure de ce que signifie la « transparence » dans un PPP : les gardiens sont tenus au silence, les ennuis de santé des détenus ne sont pas signalés pour éviter les risque d’évasion lors d’une visite à l’hôpital (santionnée par des pénalités monétaires), etc.




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