Voilà. C'est fait. On y est arrivé. La Liste Charest des trentes bourdes du Gouvernement Charest est complète. Autant de bonne raisons de ne pas voter Patapouf aujourd'hui.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 10:50
Liste Charest #30 : La non réforme du mode de scrutin
En 2003, Patapouf incluait la réforme du mode de scrutin dans sa plate-forme électorale. Elle fut même annoncée lors du discours inaugural de Jean Charest pour le printemps 2004 et confirmée par le ministre Dupuis (Geneviève Dorais, dans Le Devoir)
Et après ? Le "Rapport Béland" faisait ses recommandations. D'autres ont aussi fait des propositions. Une "solution", favorable au Libéraux et dénaturant le projet de proportionnelle a été avancée pour un temps. Depuis, rien, nada, niet. Le projet de réforme n'apparait même plus dans le programme 2007.
J'espère juste que le résultat de ce soir mettra en évidence la désuétude de notre mode de scrutin. Peut-être que ça va en motiver quelques-uns à faire quelque chose à cet égard. Mais, même si comme eux, jespère, sachez très bien chers lecteurs que je ne me berce pas d'illusions.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 10:15
Liste Charest #29: Le financement des écoles juives
L’histoire avait fait grand bruit et marquait au fer rouge le règne, déjà contesté, du Menteur. C’était en janvier 2005, presque à la moitié d’un mandat litigieux. Alors qu’on apprenait dans les journaux que le Parti Libéral du Québec avait tenu une campagne de financement auprès de la communauté juive de Montréal – campagne qui avait rapporté près de 750 000$ au parti -, Jean Charest autorise le financement à 100% de cinq écoles privées confessionnelles juives, sous prétexte d’une « mission de solidarisation ».
Il s’agit d’un débat à deux volets. D’abord, d’un point de vue strictement sociologique. En dépit de ce que pourraient en penser les fanatiques de Mario (…), il n’y a rien de mal à financer une école privée, qu’elle soit de confession juive ou catholique, d’ailleurs le ministère de l’Éducation le fait depuis toujours. Problème il y a lorsque les contribuables financent à 100% l’école privée – catho ou juive ou mooniste, peu importe. Privé, c’est privé. Remarquez, c’est ça le visage du PLQ en 2007 : prendre aux pauvres pour donner aux riches… En vérité, non seulement cet épisode venait cristalliser dans le public ce rejet des actions du PLQ qui se mesure si bien en ce jour d’élection, mais on pourrait presque voir dans l’affaire du financement des écoles juives la graine des accomodements raisonnables plantée dans la terre populaire…
Puis, il y a la manière. Du grand Menteur. Voyons-y de plus près. Il y a d’abord cette campagne de financement – 750 000$, rappelons-nous. Puis, quelques jours plus tard, cette annonce de financement entier de cinq écoles privées juives. Une décision prise en catimini, apprenons-nous peu après : le financement a été « approuvé » par Conseil du Trésor… pendant que sa présidente, Monique Jérôme-Forget, était en vacances! Le moment était choisi : elle avait désapprouvé le financement des écoles quelques semaines plus tôt…
Puis, Jean Charest envoie le pôvre ministrucule Pierre Reid (en passant, on risque de ne plus le revoir, il serait en danger dans sa circonscription d’Orford) au batte, assurant, à qui voudrait le croire, qu’il s’agit bien d’une décision du ministère de l’Éducation, qu’il dirigeait alors. Mais le mal était fait, et malgré son dévouement aveugle envers son chef, Reid est tassé le 18 février suivant vers le poste, moins reluisant, de ministre des Services gouvernementaux. Février 2006, autre scandale, autre remaniement : Reid est exclu du conseil des ministres du Parti Libéral du Québec. Craquant sous la pression, Charest retire aux cinq écoles juives le financement qui leur avait été promis.
L’affaire du financement des écoles juives est unanimement dénoncée par les observateurs de la chose politique. Dans La Presse du 20 janvier 2005, Vincent Marissal résume magnifiquement la chose :
De deux choses l'une: ou bien Jean Charest savait que le boomerang reviendrait, mais il l'a lancé tout de même au mépris des avis contraires (ou parce qu'il avait promis de le faire) ou alors, il s'est aventuré dans ce champ miné sans se douter des risques qu'il courait. Dans les deux cas, ce n'est pas très rassurant puisque cela démontre que le premier ministre est borné, ou souffre d'une méconnaissance profonde de la société québécoise. De toute évidence, son Conseil des ministres, qui avait enfin l'occasion de discuter du sujet, lui a sonné quelques cloches.
De toute évidence, même après deux ans et un mois de campagne électorale, Jean Charest n’a pas changé…
#
lâché lousse dans le cyberespace par PostKrock
@ 10:07
25 mars 2007
Liste Charest #28 : Patapouf et le développement économique des régions
Olivier Niquet de Goudaille et Cent Papiers est l'un de nos célèbres lecteurs ;) Et il sait flatter dans le sens du poil. Il est aussi assez blood pour nous libérer un tant soit peu de la tâche de rédiger la Liste Charest.
Pour ma part, suis pas trop partisan de laisser la production d'énergie liée aux éoliennes au secteur privé, mais le texte d'Olivier, largement inspiré du travail de Louis-Gilles Francoeur (encore!) met bien en évidence l'incapacité du gouvernement Charest à diriger le développement économique, même quand cela pourrait se faire en conformité avec sa politique du tout-au-privé. Ou peut-être est-ce cela qui "clochait"; Siemens étant prêt à collaborer avec Hydro-Québec. Voici donc sa seconde contribution à la liste.
***
Le Devoir, sous la plume de Louis-Gilles Francoeur rapportait hier que le gouvernement Libéral avait refusé une offre de la compagnie allemande Siemens, désireuse d’implanter au Saguenay Lac Saint-Jean une usine où aurait été développé un nouveau modèle d’éoliennes nordiques. La compagnie aurait aussi envisagé la construction d’un centre de recherche à Montréal. L’usine sera plutôt construite en Iowa.
Radio-Canada, qui semble être le seul média à avoir repris la nouvelle (et bizarrement, dans son édition « Abitibi-Témiscamingue »), résume ainsi certaines caractéristiques inhérentes à l’offre de Siemens :
« La multinationale Siemens offrait de faire du Québec son centre de production éolienne pour l’ensemble du marché nord-américain, prévoyant entre autres faire affaire avec des entreprises québécoises de composantes éoliennes. Elle était aussi prête à verser des royautés à Hydro-Québec pour la vente du modèle dans le monde.
Siemens offrait de plus de plus la diminution du coût de revient de l’électricité éolienne à 6 cents le kilowattheure, plutôt qu’à 6,5 cents, comme obtenu lors du premier appel d’offres éolien de 1000 mégawatts en 2002. »
De plus, Louis-Gilles Francoeur explique que :
« Ce projet, selon Siemens, aurait « confirmé la place du Québec comme leader nord-américain dans la production d’énergie verte », aurait généré des investissements de 4,5 milliards de dollars, aurait assuré pendant sept ans un minimum de 600 emplois directs en région ainsi que 2000 emplois permanents dans des secteurs connexes et aurait placé le Québec en tête de la production éolienne en Amérique du Nord. »
Néanmoins, le gouvernement Québécois, par l’entremise du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, a refusé l’offre de Siemens, choisissant plutôt d’aller de l’avant avec une procédure d’appel d’offres pour 2000 MW (procédure à laquelle Siemens ne participera pas, selon les sources du Devoir).
Le Saguenay Lac Saint-Jean fait parti des cinq régions périphériques dites « ressources ». Généralement, les entreprises voulant s’y installer bénéficient de primes de localisation aux entreprises. Il semble que ce ne soit pas le cas ici et que Siemens aura principalement voulu bénéficier du fort potentiel éolien de la région.
Région qui est relativement dépendante de la multinationale Alcan qui y exploite quelques barrages privés alimentant en électricité ses usines de transformation de l’aluminium. L’usine d’Alcan à Alma serait la plus polluante au Québec, et l’entreprise comptait en 2005 pour 6,9% des émissions polluantes du Canada.
« Nous avons consacré l’engagement du Québec dans les énergies renouvelables en relançant le développement hydroélectrique et en propulsant le Québec parmi les principaux producteurs d’énergie éolienne en Amérique du Nord. »
En regard du souci croissant de la population envers les changements climatiques, on peut se demander s’il n’y aurait pas eu là une erreur de jugement (ou trois erreurs, comme l’explique Fernand Saulnier, expert consulté par Le Devoir) de la part du gouvernement de l’époque ?
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 09:52
24 mars 2007
La liste Charest: à trois jours du scrutin
À trois jourd fu du scrutin, voici les 27 premiers éléments de notre liste des Trente bourdes du gouvernement du Parti Libéral du Québec lors de son mandat amorcé en 2003.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 11:40
Liste Charest # 27 : Le PLQ radote
Enfin, une petite facile pour compléter ce sprint de rattrapage en ce samedi matin.
Il y a un certain temps de cela, les ministre Després et Boulay décidaient de radoter. C'est aussi la stratégie que semble avoir choisi d'adopter le "redoutable campainer" Jean Charest depuis un mois. Dans tous les cas, à mon humble avis, cela symbolise bien toute l'arrogance de ce gouvernement.
Criss que j'espère qu'ils vont se faire planter lundi, même si, quand on regarde cela de façon plus large (i.e. la montée de l'ADQ et le faux vernis altermondialiste féministe et progressiste du PQ), ça regarde mal. Je vous reviens avec un petit édito la-dessus. Compte faire un André Pratte de moi même.
Augmenter de 8% l’achalandage des transports en commun. Cet objectif sera notamment atteint par la réalisation du Train de l’est, entre Montréal et sa couronne Nord, et le versement de 650 millions de dollars en 5 ans aux 9 sociétés de transport du Québec et aux conférences régionales des élus afin de développer les transports publics en milieu urbain comme en milieu rural.
C'est bien beau cette jolie rhétorique, mais pourquoi alors avoir annoncé la construction du pont de la 25, en mode PPP de surcroit...
Quelques faits à ce propos
En ajoutant 100 000 automobiles et camions sur le réseau artériel et dans les rues de Montréal, le pont de la 25 alimenterait ce processus sans fin de mal-développement urbain, si préjudiciable à Montréal. (Projet Montréal)
La construction de routes et de ponts ouvre de nouveaux territoires au développement urbain, ce qui signifie transformer une plaine agricole en mer de bungalows, permettant à des spéculateurs fonciers, amis du régime et généreux donateurs à ses caisses, de réaliser des profits d’un montant plusieurs fois supérieur au coût de la route ou du pont eux-mêmes. (Projet Montréal)
La compagnie Monit International possède dans le secteur 33,2 millions de pieds carrés acquis entre 1986 et 1988. Son président, Alex Kotler est un souscripteur à la caisse du parti libéral. Selon La Presse, en 1988, la famille d’Alex Kotler a fourni 6 000$ à la caisse du Parti Libéral. En 1989, le gouvernement libéral de Bourassa change le zonage de ses terrains à Laval. La valeur marchande de ses terrains est présentement de 7,6 M$ (millions de dollars) et passerait à la construction de l’autoroute 25 à 45,8 M$. Soit un bénéfice de plus 38 M$ ! (Parti vert)
Concernant un éventuel PPP, il est déjà acquis que la comptabilité du projet demeurera secrète, si bien qu’on ne saura pas quelle part du financement sera en fait assumée par le gouvernement. Or, selon nous, cette part ne sera pas inférieure à 60 %. C’est dire que, par le pont de l’autoroute 25, le gouvernement Charest voudrait dépenser au minimum 200 millions de dollars sans droit de regard pour la population, en plus de la livrer pieds et poings liés à la rapacité financière de l’une des franges les plus prédatrices du milieu des affaires, les constructeurs de routes et de ponts. (Projet Montréal)
Bref, comme disent les anglos, They talk the talk but they don't walk the walk. En fait pas tous, certains n'hésitent pas à cacher le fond de leur pensée :
«Le Québec est une société en croissance et une société en croissance, c’est une société qui bâtit des routes». - Yvon Marcoux, Ministre du Transport sous Patapouf
Au moins, il y a de l'espoir, il semble que la partie n'est pas encore complètement jouée.
***
Pour rester sur le thème du transport en commun, dans son budget 2006, Michel Audet annonçait ceci:
l’instauration d’un incitatif fiscal pour les entreprises qui assument les coûts du laissez-passer de leurs employés en tout ou en partie et la non-imposition de l’avantage qui en découle pour les employés.
Je réitère notre appel lancé il y a plus d'un an. Quelqu'un a profité de cette mesure ?
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 11:01
Liste Charest # 25 : Loi 124 et gestion chaotique du dossier des CPE
On a déjà évoqué dans cette liste les fameuses hausses de tarif dans les garderie à 5/7 $. Nous savons aussi depuis le débat que le Menteur - qui cherche à prendre de bonnes habitudes - refuse cette fois de s'engager à maintenir le tarif de 7 $ au cours d'un éventuel - mais de moins en moins sûr - mandat. À cela il faut ajouter, vous vous en rappelez sans doute, l'adoption de la loi 124 en décembre 2005 et la gestion chaotique du dossier des CPE par la ministre Carole Théberge et le gouvernement patapoufien.
Rappel sommaire des évènements :
Antécédents: Octobre 2003 : Le gouvernement force la désyndicalisation des travailleuses dans les CPE en milieu familiale.
LA CRISE
Octobre 2005 : Le gouvernement dépose le projet de loi 124. Il est répudié de toute part, la pression monte et plusieurs montent aux barricades parce que :
Les fondements de la qualité des services éducatifs à la petite enfance étaient mis en péril : ouverture à la commercialisation, diminution du pouvoir des parents, évacuation de la notion de programme éducatif, démembrement du lien CPE-milieu familial et atteinte aux partenariats avec la communauté. Le tout accompagné de compressions budgétaires majeures et de pertes d’emplois (AQCPE)
Il ne répond nullement aux préoccupations les plus souvent exprimées par les parents, soit les heures d'ouverture et les listes d'attente. Le projet de loi s'en prend au droit des parents de s'impliquer et de participer à la gestion et à l'orientation des services que fréquentent leurs enfants et constitue un recul important des principes de responsabilisation et de démocratisation. Le projet de loi soutire aux CPE la tâche qu'ils assumaient de soutenir d'encadrer et de guider les travailleuses en milieu familiale La ministre fait fi du fait démontré par plusieurs experts que la qualité des services de garde dans les CPE est supérieure à celle qu'on retrouve dans les garderies commerciales. (CSN)
Novembre 2005 : La mobilisation s'organise. Une coalition de syndicats et de représentants de la société civile réclame un débat public sur cette question. 12 000 personnes se rassemblent au Parc Jarry. 210 000 signent une pétition. Une mamam pas contente écrit à la ministre. D'autres dénoncent la walmartisation éventuelle du réseau des CPE
Novembre 2005 (suite) : Carole Théberge fait en partie marche arrière deux modifications au projet de loi 124: Il sera prévu très clairement et de façon non équivoque dans la loi qu'il sera impossible de mettre en place des « chaines » de garderies ET les 130 bureaux de coordination relèveront des Centres de la petite enfance (CPE) et non des fonctionnaires.
Décembre 2005 : Comme dans le cas des étudiant, on méprise la démocratie populaire. Un référendum bidon est organisé afin de berner la population. La campagne de désinformation est en marche :
Campagne de désinformation et de peur; intimidation auprès des éducatrices et éducateurs en milieu familial; gonflement artificiel des signatures de leur pétition contre le projet de loi 124; fermeture des CPE ce mercredi, qui aura pour seul effet de priver les enfants des services de garde éducatifs auxquels ils ont droit; utilisation et manipulation éhontées des « petits coeurs » d’un CPE à qui on « apprend » une comptine de protestation; tenue d’un « référendum » dont on prédit à l’avance le résultat favorable; et, pour ajouter l’insulte à l’injure, une interprétation très libre, pour ne pas dire une déformation pure et simple des résultats dudit référendum… (AEMFQ)
15 décembre. "Coup de force à Québec", la loi 124 est adoptée dans des "tristes circonstances"; la ministre Théberge étant tassée le temps de passer le projet. Le résultat n'est pas à à la hauteur :
adoption de la Loi 124 sous bâillon,
retrait du milieu familial de plus de 700 CPE,
perte nette de plus de 1000 postes en soutien pédagogique et en encadrement touchant principalement des femmes, pionnières du réseau,
coupure de plus de 50 % du budget alloué à l’encadrement de la garde en milieu familial [réduit de 104 M$ à 50 M$ en deux ans], etc." (AQCPE),
Pas étonnant que les travailleuses des CPE menacent encore de faire la grève.
Voilà c'est un peu brut. Pas aussi étoffé qu'on le voudrait, mais bon, je suis en mode rattrapage avec cette putain de liste. Pas que je manque d'idées... mais le temps, lui, fait défaut.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 10:43
21 mars 2007
Liste Charest # 24 : La loi 57 contre les pauvres
Encore une fois, faute de temps, vais devoir emprunter la plume des autres.
La loi 57 sur l'aide au personnes et aux familles, qu'est-ce que c'est ?
Cette loi "qui viole l'égalité des droits" et qui donne au gouvernement le pouvoir de persister à dévaluer une prestation de base qui a perdu 30% de sa valeur en 20 ans, a été adoptée en juin 2005. Le PLQ l'a présentée comme étant la mise en oeuvre de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale (loi 112) de 2002... MAIS, dans les faits, il s'agit plutôt de lutte contre les pauvres:
"elle [la loi] appauvrira davantage les personnes et les familles à l'aide sociale: en mettant fin à l'allocation de 113 $ par mois pour les 55 ans et plus; en n'instaurant pas un vrai barème plancher, c'est-à-dire une prestation de base qui assure la couverture des besoins essentiels; en continuant de s'approprier la pension alimentaire versée au bénéfice d'un enfant; en augmentant les pouvoirs discrétionnaires du ministre tout en diminuant les droits de recours" (Francoise David, dans Le Devoir, 14 juin 2005)
Aussi - et vous verrez qu'on ne peut pas dire que Patapouf manque de cohérence et de suite dans les idées lorsqu'il s'agit d'aider ses tizamis du privé ou de démanteler l'État - Madame David relève ceci:
Un autre élément inquiétant du projet de loi 57 est passé inaperçu jusqu'à maintenant. Le ministère de la Solidarité sociale ouvre la porte à des partenariats avec des fondations privées, des municipalités et des organismes communautaires pour la mise en place de «programmes spécifiques» (...) Avec le projet de loi 57 adopté d'ici à la fin de la présente session parlementaire, le gouvernement Charest tente-t-il de transférer la responsabilité de la lutte contre la pauvreté aux individus, aux familles, aux communautés, aux fondations?
Pour sa part Lucie Poirier s'insurge, avec raison, du fait " que les personnes assistées sociales sont désormais soumises au bon vouloir, à l’arbitraire, à l’humeur, à la condescendance, aux reflux gastriques, aux démangeaisons gênantes et autres virements de girouettes des agentEs ainsi que de la ministre qui peut, selon son irritation du moment, ses caprices du jour ou l’air du temps ajouter des conditions particulières autres que celles prévues au règlement". Bref:
les normes d’application des Programmes spécifiques de l’Aide sociale ne sont pas publiées. Les recours (demande de révision et droit d’appel sur les décisions rendues) deviennent impossibles. Tout en contrevenant à la loi d’accès à l’information, le gouvernement fournit ainsi à ses agentEs la possibilité d’abuser de leur pouvoir décisionnel et l’occasion d’humilier, insécuriser, menacer les pauvres assistéEs qui ne savent pas à quoi s’attendre et sont d’avance condamnéEs à l’impuissance [Sisyphe, 8 janvier 2007]
Voir aussi le dossier compilé par le Collectif pour un Québec sans pauvreté.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 13:18
18 mars 2007
Liste Charest: Trois semaines plus tard
Comme prévu, dix jours avant la date fatidique, nous voici rendu à plus du deux tiers de la liste des Trente bourdes du gouvernement du Parti Libéral du Québec lors de son mandat amorcé en 2003. Le meileur (sic) est encore à venir!
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 13:43
Liste Charest # 21 : Tentative de vol de 103 millions dans la caisse des prêts et bourses
Impossible de passer à coté de ce 21ème élément de la liste puisque les manoeuvres déloyales du gouvernement de Jean Charest ont engendrés la plus grande grève étudiante de l'histoire du Québec qui regroupa, à son apogée, plus de 230 000 étudiants de niveau post-secondaire sur un total d'environ 450 000.
Rappel de quelques faits
Au cours de la campagne électorale de 2003, le Menteur promettait le gel des frais de scolarité pour les études post-secondaires tout en maintenant son désir de baisser les impôts
Lors de l'adoption du budget 2004-2005, le gouvernement annonce une réforme du régime d'aide financière aux études qui consistera en une augmentation de la limite d'endettement ainsi qu'en une conversion de 103 millions $ de bourses en prêts.
Dès octobre 2004, l'ASSÉ militera de façon claire en faveur d'une grève générale illimitée pour la session d'hiver 2005. La FECQ et la FEUQ suivent parla suite.
Le 30 mars 2005, au bas mot, 12 000 étudiants se réunissent au Parc Lafontaine à Montréal pour souligner le premier anniversaire des modifications au programme des prêts et bourses.
Après 6 semaine de grève, une entente de principe avec le ministère de l'Éducation, qui consiste à réinvestir 482 millions de dollars de prêts en bourse, pour les cinq prochaines années. Le retour des 103 millions de dollars est promis pour 2006. (tiré et édité à partir de Wikipédia)
Pour Le Périscope, ce que l'on doit retenir de ce conflit, c'est que non seulement le gouvernement Charest a-t-il tenté de couper dans le régime de prêts et bourses, mais surtout, c'est qu'il a négocié la sortie de crise au mépris de la démocratie syndicale étudiante:
Sur les 185 000 étudiants ayant participé au mouvement de grève générale illimitée, 110 000 voteront contre l'entente, alors que 75 000 l'accepteront. (Radio-Canada)
À cet effet, voir aussi notre bilan des assemblées-générale étudiantes lors de la grève (et notre fil de presse).
***
Ajoutons enfin que le PLQ affirme aujourd'hui - au moins il nous prévient - qu'il veut dégeler les frais de scolarité à l'université (voir aussi le texte Quel gel !). Cela dit, "chassez le naturel, il revient au galop". Ainsi, se cachant derrière le fait qu'il propose d'augmenter les droits de scolarité de 2 $ par semaine, le PLQ ne crie pas trop fort que cela représentera, au bout d'un éventuel mandat, une augmentation de 30 %.
Pire encore, il affirme que la contribution des étudiants ne représentera que 10 % du refinancement... ce qui ne résiste pas à l'épreuve des faits, même pas celle de Radio-Canada (voir le cinquième item sur la liste). Dans les faits, selon le plan libéral envisagé, les étudiants assumeront la très grande partie du réinvestissement. On l'a compris et on ne votera pas pour cela.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 13:30
Liste Charest # 20 : Les "ainés" sacrifiés par la politique du médicament
Il y a quelques jours Patapouf annoncait la création - dans l'éventualité de moins en moins certains qu'il soit réélu - d'un ministère des ainés. Soit. Mais pourquoi ne pas l'avoir fait avant. N'est-ce pas sous son règne que l'on a pu constater les lacunes dans les CHLSD et surtout, dans les maisons privées pour "personnes en perte d'autonomie" ?
Surtout, s'il a les "ainées" à coeur, pouquoi la Politique du médicament rendue publique au début février (2007) par le ministre Couillard - celui qui s'est transformé en Capitaine Bonhomme - omet-elle d'accorder la gratuité aux 380 000 "ainés" recevant en partie le supplément de revenu garanti ? Charest l'avait pourtant promis en 2003. Menteur. Again.
Encore une fois, le PLQ a choisi de favoriser ses tizamis du privé.
Le gel des prix des médicaments reconnus par le régime public d'assurance, décrété en 1994, sera aboli dès le printemps prochain, ouvrant ainsi la porte à des hausses substantielles des prix (...) Le gouvernement Charest s'est en effet plié à l'argumentaire des compagnies pharmaceutiques qui réclament depuis des années le dégel des prix de leurs produits(Radio-Canada)
La nouvelle Politique du médicament avantage l’industrie pharmaceutique qui l’a accueillie très favorablement. À l’opposé, ce sont les consommateurs qui feront les frais des largesses d’un gouvernement trop à l’écoute du lobby pharmaceutique.
Le Québec, qui est au dernier rang des provinces canadiennes pour les dépenses de santé, est pourtant la province qui dépense le plus en médicaments d’ordonnance par habitant. En nous ramenant au niveau de la moyenne canadienne, le Québec économiserait annuellement 470 millions. En autorisant la croissance du prix des médicaments, le gouvernement risque d’élargir l’écart qui défavorise le Québec.
«A-t-on pensé aux citoyennes et aux citoyens dans cette politique, se demande Gabrielle Pelletier, porte-parole de la coalition qui constate que le coût de l’assurance privée pour médicaments pour une famille québécoise s’élève maintenant à plus de1400 $ par an ? Il n’y a pas de frein à la croissance des coûts dans cette politique. Il faut donc s’attendre à une croissance annuelle de 10 % par an, soit des frais additionnels de près de 150$ pour chaque famille assurée ». Les assurés du régime public, dont les revenus sont généralement moins élevés, se verront pénalisés par de semblables hausses annuelles, estime Gabrielle Pelletier.
Les entreprises et les employés qui se partagent les cotisations aux assureurs privés sont les grands perdants de cette politique. Les seuls vrais gagnants sont les multinationales pharmaceutiques et les assureurs.La Coalition déplore que dans la Politique du médicament se mêlent les enjeux touchant l’accessibilité et la santé publique avec les enjeux de politiques industrielles du gouvernement.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 12:08
15 mars 2007
Liste Charest # 19 : la loi 142 imposant les conditions des employéEs du secteur public
Parce qu'on manque de temps, mais aussi parce que c'est le fun de profiter du "feedback" des lecteurs, je propose de procéder un peu différemment pour ce nouvel élément de la Liste Charest.
D'abord, je rappelle - pour ceux qui vivraient sur une autre planète - ce qu'est la loi 142 adoptée sous le baillon (encore) par le PLQ en 2005:
La loi 142, adoptée le 15 décembre 2005, impose les conditions de travail aux employé-es de l'ensemble du secteur public. Elle fixe les salaires pour une période de 6 ans et 9 mois. Les salarié-es du secteur public recevront un total de 8 % d'augmentation, soit à peine un peu plus de 1 % par année. De plus, elle retire le droit à la libre négociation jusqu’en 2010. Elle met en place des mesures répressives qui commandent l’exercice normal de toutes les fonctions des salarié-es en tout temps et qui interdisent tout ralentissement, diminution ou altération quantitative ou qualitative d’activités, et ce, peu importe les raisons légitimes ou non. Cette loi comporte des sanctions très lourdes et des amendes pour les individus et les associations de personnes qui voudraient exprimer, par des actions concertées, leur désaccord avec une position patronale. (Le site du monde du travail)
Mais surtout, j'aimerais inviter les lecteurs et lectrices concernéEs à nous faire part de leurs expériences personnelles en laissant un message dans les commentaires. Je rajouterai les "meilleures" citations au corps du billet.
Enfin, juste pour boucher ceux qui oseraient dire que les travailleurs du secteur public sont des "privilégiés", j'ajouterai ceci:
Selon le rapport de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), en 2006, « le salaire des employés de l’administration québécoise est en retard de 15,2 % par rapport à celui de l’ensemble des autres salariés québécois travaillant dans les établissements de 200 employés et plus. Un retard est aussi noté vis-à-vis du secteur privé (- 15,7 %).
Sur le plan de la rémunération globale, qui considère les avantages sociaux et les heures de travail en plus du salaire, l’administration québécoise affiche un retard de 12 % face à l’ensemble des autres salariés québécois et de 8,2 % face au secteur privé ». Plus encore, « lorsque les années 2001 et 2006 sont considérées, la situation comparative de l’administration québécoise s’affaiblit vis-à-vis de presque tous les secteurs (…) par rapport au secteur privé dans trois catégories d’emplois, soit les professionnels (- 12,9 %), les employés de bureau (- 9,1 %) et les ouvriers (- 10,4 %).
Lorsqu’on observe l’évolution de l’écart salarial entre le secteur public et le secteur privé sur une plus longue période, on constate un retournement complet de la situation: "entre 1990 et 1998, un affaiblissement est constaté face à tous les secteurs, tant pour les salaires que pour la rémunération globale, l’affaiblissement le plus marqué est observé vis-à-vis du secteur privé, soit 8,4 % sur le plan salarial et 7,7 % pour la rémunération globale » (IRIR, 1998 : 1, 7).
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 17:05
Liste Charest # 18: Les baisses d'impôt (bis)
Ah! Les promesses de baisses d'impôt de Jean Charest! C'est comme les promesses sur la santé: quatre ans plus tard, on voit ce que ça donne.
Nous nous sommes déjà penchés sur les chiffres de ces promesses; mais rien ne veut le fiel de l'homme de la rue, servez-vous un bon café et prenez connaissance de cet échange qu'a eu le premier ministre avec un travailleur d'une usine de la ville de Varenne, qui l'attendait à la sortie de son autobus. Niiiice, comme dirait Borat.
«Je m’excuse mais la comparaison n’est pas bonne. Si vous seriez (sic) comme moi un salarié qui se fait manger la moitié de sa paie, et qu’il arrive avec un compte d’Hydro qui à toutes les estick d’années augmente, je ne comparerais pas ça de la même manière. Je pense que je préférerais être en Alberta. Qui s’enrichit? Les compagnies ou nous autres les payeurs de taxes?»
- Je vous donne un exemple, a répondu M. Charest. En 2005, avec 3% d’exportation de son énergie, Hydro-Québec a fait 30% de ses profits. C’est pour ça que ça devient intéressant.
- Ça n’a pas empêché l’augmentation de nos comptes d’Hydro.
- Mais personne ne propose de geler non plus les comptes. L’électricité se paie moins cher au Québec.
- Mais moi, je ne vois pas où je m’enrichis. Nos comptes d’Hydro augmentent à toutes les maudites années. À quoi ça sert d’agrandir et de vendre ailleurs si ça me coûte toujours plus cher.
- L’électricité au Québec coûte à peu près 60% moins cher qu’en Ontario.
- Mais on est loin de s’enrichir. Nous, les payeurs de taxe, on est loin de s’enrichir. On s’appauvrit. C’est vrai que les compagnies s’enrichissent. Regardez les maisons qui se bâtissent et les voitures qui se promènent. Il y a de l’argent sur la route. Des cabanes de 1 ou 2 millions, il y en a en masse (…) Nous autres, on déménage, on rapetisse nos maisons à cause du compte de taxe d’Hydro, du compte de taxe scolaire, du compte de taxes municipales qui augmentent. (…) On s’enrichit, nous?
- Il faut faire en sorte qu’on puisse baisser les impôts de manière…
- Comment vous avez dit à votre denier mandat… On va baisser les impôts…
- On a fait 65% du chemin.
- Moi, j’ai perdu du pouvoir d’achat en maudit. Vous êtes mieux de rien dire parce que ca me coute trop cher.
- On a fait 65% du chemin depuis qu’on a été élu. On va atteindre la moyenne canadienne. On va y arriver en tenant compte de nos moyens financiers.»
Un autre travailleur, Jacques Chicoine, a lancé : «Allez-vous les baisser, les impôts? Vous seriez dû!
- Dans notre plan, on est les seuls à dire qu’on va le faire graduellement. Merci»
*** [Bonus track...nous inventons]
[travailleur] Pis tu sais quoi Jean ? [Patapouf] Non [Travailleur] J't'ai cassé.
#
lâché lousse dans le cyberespace par PostKrock
@ 09:53
14 mars 2007
Liste Charest # 17 : Modification à l'article 45 du code du travail et mise au pas des travailleurs québécois
D'abord, voudrais dire un chaleureux bienvenu aux nombreux nouveaux visiteurs qui passent par ici depuis quelques jours... depuis que notre "Drinking game" a été "linké" à de nombreux endroits. C'est d'ailleurs fort agréable de constater que cette initiative ait suscité tant d'entrain... Cela dit, on se démène depuis deux semaines afin de fournir du "contenu" au débat avec la Liste Charest qui, elle, semble susciter moins d'enthousiasme chez les observateurs de la blogosphère [on doit exclure ici M. Schnobb de Radio-Canada qui rapporte assiduement nos initiatives depuis quelques semaines]... Anyway, ca doit être un signe des temps.
Voici donc le dix-septième élément de la liste, "la modification de l'article 45 et la mise au pas des travailleurs du Québec"!
***
Nous le savons, les grandes corporations sont de plus en plus nombreuses à vouloir scinder leurs activités afin de se dégager des conventions collectives. Les luttes largement médiatisées menées autant par les téléphonistes de Bell que par les préposés aux services à la clientèle de Vidéotron en ont fait foi au tournant du siècle, celles à la SAQ, l’ont rappelé plus récemment.
La loi 31, adoptée par Patapouf à l’automne 2003, est venue cautionner l’antisyndicalisme du patronat québécois. Elle avait suscité — s’en surprendra-t-on — l’enthousiasme du Conseil du patronat qui était alors «très content» de cette modification puisqu'elle représente une «réelle amélioration », pour reprendre les termes de son président, Gilles Taillon, aujourd’hui numéro 2 de l’ADQ…
Dans les faits, non seulement le projet de loi 31 est-il venu cautionner le recours à l’impartition, la sous-traitance, et, par le fait même, le glissement d’un nombre toujours plus grand de travailleurs vers les marchés périphériques du travail, mais surtout, il permettait dorénavant aux entreprises de se débarrasser des conventions collectives qu’elles avaient auparavant signées avec ses employés sans risque de poursuites judiciaires. Deux ouvertures béantes sont créées :
1) Dans le cas d’une concession partielle à un sous-traitant, l’article 45 qui protège les droits syndicaux des travailleuses et des travailleurs s’appliquerait seulement lorsqu’il y a vente de la plupart des éléments caractéristiques de l’entreprise. Par exemple, un sous-traitant n’aurait pas à reconnaître les droits du personnel syndiqué si l’établissement lui confiait seulement une partie de ses fonctions (ex. : l’entretien des chambres dans un hôtel, les services cliniques à certains types de clientèle, etc.) ; 2)Dans le cas où l’article 45 continuerait de s’appliquer, une nouvelle disposition obligerait la renégociation immédiate de la convention collective avec le sous-traitant. Dans le Code du travail actuel, la convention collective existante est maintenue pour une période pouvant atteindre 12 mois. Avec le projet de loi 31, dès que le sous-traitant prend en charge les opérations cédées par le donneur d’ouvrage, la convention collective est réputée expirée.. (CSN)
Du coup, du jour au lendemain, c’est toute l’histoire des luttes et des revendications pour de meilleures conditions de travail dans ces entreprises qui est balayée du revers de la main.
Il faut aussi rappeler qu’au Québec, la législation encadrant le recours à la sous-traitance était déjà plus permissive que celle existant dans le ROC*. Autrement dit, l’article 45 du Code du travail, avant qu’il ne soit modifié, n’empêchait pas la sous-traitance, mais avait pour objectif d’assurer le respect des conventions collectives. Pire :
La comparaison entre l’encadrement juridique québécois et (notamment) ontarien et canadien indique en outre que la nouvelle formulation du Code du travail accentuerait le déséquilibre dans la défense des droits des travailleurs et de leurs organisations représentatives (Gagnon, Avignon et Collombat, 2003)
Il faut aussi mettre en lien l’adoption de loi no 31 par le clan Patapouf modifiant l’article 45 du Code du travail et l’impact négatif de l’intégration continentale sur l’encadrement juridique du marché du travail au Québec. Fait important à noter, l’esprit des modifications au Code du travail, en ce qui a trait au transfert de propriété d’une entreprise est calqué sur le modèle américain (National Labor Relations Act) où seule l’obligation de l’employeur à négocier de bonne foi avec le syndicat survit à la passation des pouvoirs. Bref, comme cela était prévisible, l’intégration continentale conduit progressivement une « course vers le bas », sous prétexte d’ajustement à la norme continentale (lire états-unienne) et les révisions - le PQ de Bouchard s'y était mis en 2001 - de l’article 45 s’inscrivent clairement dans cette perspective. D'ailleurs, le ministre Després — oui, oui, celui qui est sur la corde raide aujourd’hui —cautionnait la loi 31 en faisant expressément référence au fait que : « la mondialisation est un phénomène qui se traduit par une concurrence sans cesse croissante. [Que de] de nouvelles puissances émergent sur la scène internationale et les ententes régionales de libre-échange se multiplient. [Qu’] une économie ouverte comme celle du Québec doit s'adapter à un environnement économique en constante évolution » (Presse Canadienne, 13 novembre 2003).
Ben oui, la mondialisation est évoquée comme un phénomène extérieur devant lequel nos hauts dirigeants assistent impuissants…comme si ce n’est pas eux qui négociaient ces accords (**)…
En somme, le gouvernement Charest avait la responsabilité de protéger les travailleurs et les travailleuses contre les effets pervers de la mondialisation et de ses concurrences effrénées. Malheureusement, la loi 31 adoptée, en ayant recours à la procédure douteuse du bâillon, fut un autre coup de canon adressé par le PLQ aux travailleurs du Québec. D'ailleurs, ce n’est pas demain que les travailleurs en récolteront les fruits, car, comme le rappelait en 2003 Mme Françoise Bertrand de la Fédération des Chambres de commerces du Québec, si, à court terme, certaines conventions collectives devront être ajustées à la baisse, « à long terme, ce sera très bénéfique ». Autrement dit, à l’inverse de ce qui se passe dans le circuit de la consommation, c’est payez maintenant, vous récolterez peut-être plus tard!
*Dans une étude intitulée « La sous-traitance dans le secteur manufacturier : une comparaison Québec-Ontario », Jalette constate « qu’au Québec, 95,2 % des établissements confient au moins une activité à l’externe tandis qu’en Ontario cette proportion se situe à 87,9 % (2003 : 14). Plus de 60 % de ces entreprises en donnent plus de trois à l’extérieur (2003 : 14). Par ailleurs, au Québec, 39,3 % du chiffre d’affaires total des PME vient de la sous-traitance alors que celui-ci s’établit à 33,2 % en Ontario et à 39,2 % dans l’ouest du Canada (32,9 %). Jalette, Patrice. Octobre 2003. « La sous-traitance dans le secteur manufacturier : une comparaison Québec-Ontario, Rapport de recherche, École des relations industrielles de l’Université de Montréal, Montréal, 28p.
**Parlant d’accords négociés par nos gouvernements, il faut noter – ce n’est pas anodin – que l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail (ANACT) — qui fut conclu parallèlement à l’ALENA pour gérer les questions du travail sur le continent —respectait la primauté des législations nationales du travail et n’exigeait aucune harmonisation à la hausse (une approche qui se situait à l’opposé des exigences de l’ALENA en ce qui concerne l’investissement (le fameux chapitre 11) ou encore la protection intellectuelle). Autrement dit, l’ANACT est un simulacre de « clause sociale ». Depuis dix ans, les « groupes d’arbitrage spéciaux » chargés du règlement des différents concernant les accrocs à la législation du travail n’ont imposé aucune sanction à qui que ce soi.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 18:46
12 mars 2007
La Liste Charest: deux semaines plus tard.
Voilà. On est presque rendu à la moitié de la liste de Trente bourdes du gouvernement du Parti Libéral du Québec lors de son mandat amorcé en 2003. Pourrez-pas nous accuser de nous intéresser qu'aux gaffes et pelures de bananes de campagne électorale... Le meileur (sic) est encore à venir!
Pendant quelques mois, début 2004, une épée de Damoclès fut suspendue au-dessus de nos collèges publics. Bien sûr, ce n'était pas la première fois que cette institution fut remise en question. Or, cette fois-ci, il semblait bien y avoir péril en la demeure dans la mesure où ce fut le gouvernement dirigé par néo-ré-ingénierieur M. Charest qui s'est attaqué au dossier de l'avenir des CEGEPs avec arrogance. C'est en grand admirateur du modèle ontarien (avec ses community colleges) que le gouvernement Charest a lancé son Forum sur l'avenir des collèges. D'aucun y ont vu la possibilité de mettre à mort ce qui fait l'originalité de CEGEPs : le lien entre la culture générale et la formation technique.
Il faut rappeler que la tenue de ce Forum a fait suite aux recommandations controversées du rapport Bédard commandé par la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ, une organisation patronale) qui a défendu l'idée qu'il faille abolir les CEGEPs et qu'ainsi, le Québec ferait de grandes économies financières (1 milliard). Pour ce faire, la FCSQ proposait de transférer une année d'étude du collégial au secondaire et une autre année à l'université. Or, la plupart des analystes, même le très à droite économiste Pierre Fortin, ont remis en question cette supposée économie d'échelle que constituerait l'abolition des CEGEPs, allant même jusqu'à parler de coûts supplémentaires à court terme très importants. Sans mentionner le fait que les CEGEPs constituent un pôle économique et culturel très important dans les régions de la province, pôle dont la remise en question risque d'accélérer l'exode des populations de ces régions.
Ensuite, sur le strict plan pédagogique, nos CEGEPs sont des institutions qui comptent parmi les meilleures et ont permis à la classe moyenne québécoise d'accéder, plus que partout ailleurs, aux études post-secondaires. Comme l'a souligné le sociologue Guy Rocher, au moment fort de la mobilisation contre l'abolition des CEGEPs, ces derniers constituent le plus bel héritage de la Révolution tranquille !
Quant aux conséquences de l'abolition des CEGEPs, il y a tout lieu de penser qu'ajouter une sixième année au secondaire constituerait un facteur de décrochage supplémentaire. Six ans dans les polyvalentes, c'est trop ! Sans compter que tous ne disposeraient pas des moyens financiers ou ne seraient pas prêts à débourser les sommes nécessaires pour cette année universitaire supplémentaire dans une institution où les frais ne cessent d'augmenter.
Nombreux sont ceux et celles qui sont montés aux barricades pour défendre les CEGEPs. Une vaste Coalition-CEGEPs fut créé pour contrer la volonté des libéraux.
Bien sûr, les CEGEPs, comme toutes les institutions publiques, doivent se soumettre à des évaluations périodiques, mais les critiques qu'on leur adresse doivent être constructives et non viser à implanter des réformes structurelles pilotées par des technocrates en mal de réingénierie. Tout comme les coupures dans les programmes de santé déguisées en virages ambulatoires, les réingénieries dans le domaine de l'éducation sont contre-productives et nuisent à l'épanouissement de nos institutions publiques.
La cannibalisation que le gouvernement actuel a tenté d'institutionnaliser entre les collèges, les commissions scolaires et les universités a aboutit, pathétiquement, à une situation où chacun a tenté d'empiéter sur le terrain de l'autre, au détriment du Bien commun. Cela étant dit, des arrimages entre les réseaux sont en cours qui font toujours planer la menace d'abolir les cours de français et de philo aux domaines techniques, ce qui constituerait une brèche dans l'idée que les collèges visent à démocratiser l'accès à des savoir de sens...
Continuions à faire démentir les propos réducteurs de Jean Charest qui, devant une réunion patronale, prétendait que « l'éducation, c'est fournir un bon capital humain au marché ».
*****
Fait : comble de l'arrogance, le Forum sur l'Avenir des CEGEP'S, Deux jours de cirque à Québec s'est tenu au même moment où se déroulait le Congrès de l'AQPC (l'Association Québécoise de Pédagogie Collégiale) auquel tous les intervenants du milieu collégial étaient invités et mobilisé. De plus, les modalités de participation au forum virtuel de l'ex-ministre de l'éducation Pierre Reid étaient extrêmement restrictives : textes très courts portant sur un des cinq thèmes déterminés par le ministre, délais de préparation très courts aussi, présentation de mémoires réservés à des organismes, etc. On a bien vu, encore une fois, le mépris pour la véritable consultation démocratique de ce gouvernement.
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 18:19
11 mars 2007
Liste Charest # 15 : Patapouf et l'étiquetage obligatoire des OGM
C'est au tour de Mathieu C, du laid, mais cinglant "blogue de Mathieu C" de nous alimenter avec un texte précédé d'un titre à "coucher dehors" dans un champ de soya transgénique. Voici ce qu'il a à dire concernant une autre promesse qui a pris le champ, celle concernant l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM).
***
Onirique Gouvernement Munificient
Envers et contre tous en Amérique, un Québec dirigé par le Parti libéral exigera l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM) utilisés dans les aliments vendus sur son territoire. (…) La position du PLQ face à l'étiquetage obligatoire des OGM constitue l'élément le plus audacieux de ses "priorités d'actions politiques pour le secteur bio-alimentaire québécois". (…)
Le Québec peut difficilement imposer seul à toutes les compagnies qui exportent sur son territoire d'indiquer obligatoirement la présence d'OGM. "Mais on peut au moins le faire pour les entreprises qui produisent chez nous", dit David Whissel. Et si les entreprises québécoises se plaignent de souffrir d'un lourd désavantage face à leurs concurrentes d'outre-frontières? Une mention "contient des OGM" n'est pas perçue comme étant appétissante... David Whissel balaie les récriminations en disant que le rôle du gouvernement est de répondre aux attentes des citoyens. "Le consommateur veut être informé." L'étiquetage obligatoire ne pourra être imposé sans une "période de réflexion", admet M. Whissel, "mais on le veut et on prendra les moyens pour y parvenir". Et tant pis si le reste du Canada ne suit pas, "le Québec sera un chef de file". (La Presse, mercredi 15 janvier 2003, p. A6)
Ha… c'était le bon temps! On était naïf, on croyait que c'était possible. Il faut dire qu'à cette époque si lointaine, on croyait également aux baisses d'impôts et pour nous, la réingénierie de l'État, ça voulait dire de mettre plus d'ingéniosité dans l'État.
Mais aujourd'hui, j'ai beau faire le tour de mon épicerie en scrutant à la loupe emballages, empaquetages et contenant, je ne vois nulle part quelque mention que ce soit quant à la présence d'OGM dans ma nourriture.
Alors, là, deux solutions : soit le Québec est devenu complètement bio, soit le gouvernement s'est férocement pogné le beigne transgénique.
Le PLQ a reconnu qu'il avait abandonné une promesse formulée à la dernière campagne électorale en 2003, l'étiquetage obligatoire des OGM contenus dans plusieurs aliments, en raison de la résistance chez certaines entreprises agroalimentaires québécoises. (Le Soleil, Actualités, dimanche 25 février 2007, p. 8)
Voilà qui explique tout : les entreprises ne voulaient pas. C'est un peu comme quand on leur demande si elles veulent qu'on augmente leurs impôts. Voilà une situation qui n'était absolument pas prévisible lorsque la promesse a été faite. Qui aurait pu se douter que les entreprises ne seraient pas très chaudes à l'idée de dire ouvertement à leurs clients que leurs produits contiennent des OGM…
«Aux lettres d'intention, on oppose l'action», a déclaré André Ménard, l'attaché de presse du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Yvon Vallières. Le gouvernement Charest a créé un site Internet sur les OGM et commandé une étude sur les répercussions économiques de l'étiquetage obligatoire des OGM au Québec ainsi que deux recherches concernant des méthodes de détection de la présence d'OGM dans des aliments, a mentionné M. Ménard. «Le droit de la population à obtenir cette information-là [concernant la présence d'OGM], on y croit fermement, mais il faut le faire de façon responsable», a-t-il dit. (Le Devoir, Politique, jeudi 10 août 2006, A3)
Donc, en 3 ans et demi au pouvoir (août 2006), ils ont monté un site web et commandé une étude. Voilà ce qui arrive quand on croit fortement à quelque chose : on y mets le paquet!
(…) Le système d'étiquetage obligatoire, promis par les libéraux de Jean Charest lors de la dernière campagne électorale, est compromis, a appris La Presse. "Il n'y a pas de projet de loi dans le radar", confirme l'attaché du ministre de l'Agriculture Yvon Vallières, André Ménard.
"Nous ne ferons rien avant d'avoir reçu les recherches qu'on a demandées sur la question", indique-t-il. Or les deux études commandées par Québec à l'automne 2005 ne seront pas prêtes avant l'automne 2007.
De plus, Québec refuse maintenant d'aller de l'avant sans les autres provinces dans ce dossier. Celles-ci sont toutefois réticentes ou carrément opposées à l'étiquetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés.
Déjà, l'Alberta a fait connaître son refus. "Les systèmes actuels de sécurité alimentaire sont suffisants et nous ne voyons pas la nécessité de l'étiquetage obligatoire", précise un porte-parole du ministère de l'Agriculture albertain, Wilma Teklemariam. L'Ontario, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick sont aussi opposés à l'étiquetage obligatoire des OGM. La Presse, Actualités, mercredi 12 juillet 2006, p. A2
La position du reste du Canada, on le savait déjà en 2003, et ça n'a pas empêché les Libéraux de faire la promesse et même de dire, et je le répète, puisque c'est bien drôle à lire, que « le Québec sera un chef de file » si le Canada ne s'y mettait pas.
« On n'ira pas de l'avant sans les autres provinces. On ne peut pas isoler le Québec et pénaliser certaines entreprises », explique M. Ménard. Aucun État nord-américain n'oblige présentement l'étiquetage obligatoire des OGM.
(…)D'autant plus que, selon Éric Darier [de Greenpeace], il resterait beaucoup de chemin à parcourir si le gouvernement voulait se doter d'une politique d'étiquetage. Trois ans après son élection, Québec n'a pas encore établi de système de traçabilité. Un tel mécanisme est pourtant nécessaire pour garantir qu'un produit ne contient pas d'OGM. En fait, il n'existe aucun système de ce genre au Canada. (La Presse, Actualités, mercredi 12 juillet 2006, p. A2)
Bref, le gouvernement Charest a promis l'étiquetage des OGM, parce que les sondages disaient que les Québécois le voulaient. Bref encore, ils ont laissé faire parce que le big buissness agroalimentaire n'était pas d'accord et parce que le reste de l'Amérique du Nord ne suivait pas, ce que n'importe quel badaud pas informé aurait pu leur dire.
Serions-nous en présence d'une promesse opportuniste du PLQ qui fut bafouée au cours de leur mandat? Je n'irais pas aussi loin. Après tout, le PLQ n'a pas eu l'habitude de nous faire de telles déceptions.
Pour cette élection, ni le PQ, ni le PLQ, ni l'ADQ n'en font mention dans leur programme. Est-ce un progrès?
#
lâché lousse dans le cyberespace par Mr Pointu
@ 22:44
10 mars 2007
Liste Charest #14: Le "développement économique" de la faune
D'entrée de jeu, je dois dire que j'ai toujours été étonné qu'il n'y ait qu'un Louis-Gilles Francoeur.
Oh, bien sûr, La Presse, le JdM aussi peut-être, la radio de Radio-Canada, ont chacun des journalistes affectés aux questions environnementales. Mais pourquoi diable, dans un pays aussi richement pourvu en matières premières, dont l'économie se repose tant sur l'exploitation des ressources naturelles, dont l'industrie agricole est aussi importante dans les centres ruraux, pourquoi diable n'y a-t-il qu'un seul homme aussi savant, compétent, passionné et acharné que Louis-Gilles Francoeur?
On se console en se disant qu'au nombre de nouvelles qu'il pond en une semaine, monsieur Francoeur compte bien pour trois journalistes... Quoiqu'il en soit, le journaliste du Devoir a signé un texte plus tôt cette semaine qu'on croirait taillé sur mesure pour notre Liste Charest.
Pour les autres, voici un résumé, serti de quelques citations.
* "La première et la plus importante décision structurelle prise par le gouvernement Charest en matière de faune a été le rattachement des services fauniques au ministère des Ressources naturelles, donnant au secteur une vocation principale de développement économique alors qu'il devrait constituer le principal bastion de la conservation."
* "Le gouvernement Charest, qui s'est fait élire au son des PPP, n'a heureusement pas osé remettre en question la démocratisation de l'accès aux forêts publiques et à la faune, par exemple en privatisant les réserves ou les zecs pour les donner aux pourvoyeurs privés. L'affrontement aurait trop attiré les médias. Mais on a fait pire, en un sens, lorsque Québec a modifié le plan d'affectation des terres publiques. Les territoires fauniques et les zecs ont ainsi été zonés «polyvalents», ce qui permettra aux MRC d'attaquer l'intégrité de ces territoires fauniques par une intensification de la villégiature, voire par la construction de condos." - tiens tiens, ça nous rappelle la vente d'une certaine montagne...
Il ne s'agit que deux exemples tirés d'un article qui dresse un portrait de la situation nous semblant fort bien documenté, et pondéré par le journaliste - qui accorde des D et des E à chacun des éléments avant de conclure:
Si on fait la somme du bilan gouvernemental en matière de faune, malgré le camouflage habile et la bonne santé des cheptels, force est de conclure que cette gestion n'obtient pas globalement la note de passage.