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19 octobre 2004

Cégeps en spectacle... 



Depuis l`élection de Patapouf Ier, le Québec prend un tournant progressif : enfin un gouvernement qui s`intéresse au renouvellement des institutions en vue d`entrer dans cette splendide hyper-modenité où le citoyen sera enfin le seul indicateur de l`orientation des décisions administratives et politiques… Laissons tomber les naïves et rétrogrades idées comme l`État pouvoyeur de justice, voire de « projets » : les individus seront maintenant les acteurs eux-mêmes de la réorganisation des institutions, les gladiateurs de la liberté qui oeuvreront de façon autonome vers… quoi? Ce qu`ils veulent, simplement. La « génération X », comme dirait l`autre, est assez mature pour ne pas se taper les restes de cette vieille tradition humaniste. Vous savez, celle qui a alimentée les idéaux poussiéreux qui inspirèrent le système éducatif québécois, dont le réseau collégial reste le symbole par excellence? Il ne reste donc qu`une fonction au gouvernement : gérer la demande et faire tomber les barrières qui l`orientent — qui la limitent…

C`est dans cette esprit que le Fou du roi, Pierre Reid, haut législateur du Ministère de l`éducation, nous apporte la solution efficace : mettre la hache dans les cégeps. Dans un langage plus démagogue : être plus proche du citoyen et de ses besoins. Car malgré les louvoiements et l`indécision apparente du ministre, malgré les forums, les consultations et les « discussions » (sic!), ce qui semble se présenter avec de plus en plus d`évidence à l`horizon, c'est de changer le diplôme d`État délivré par le collégial par un diplôme « local » adapté aux exigences du « milieu ».
Malgré le parfum distillé par le terme « d`autonomie », ce projet, qui ressemble plutôt à une absence de projet, constitue un véritable cheval de Troie innoculé au coeur de la formation des futurs citoyens. Comment? L`évidence même: en prennant davantage en considération les demandes du milieu, étant entendu que ces nouveaux conseillés, visionnaires de formation, sont les entrepreneurs du coin et non les enseignants eux-mêmes. C`est bien normal, les professeurs et les pédagogues sont en conflit d`intérêts, nous le savons tous…

Pour lutter avec efficacité contre cette fâcheuse tendance, qui risque non seulement d`entraîner de fortes inégalités dans la qualité des études, mais aussi et surtout d`ouvrir la porte à la lente dissolution de la formation générale, un groupe de professeurs de philosophie vient de naître : La Nouvelle Association pour la Philosophie au Collège : la NAPAC. Je vous encourage à aller jeter un coup d`oeil sur le site. Évidemment, il s`agit de promouvoir l`importance cruciale d`une formation générale pour l`ensemble des étudiants — parce que l`esprit critique, nécessaire aujourd`hui plus que jamais, ne tombe pas du ciel dans le cerveau de la prochaine génération. Mais ce qui est aussi très intéressant sur ce site, c`est qu`on y trouve un ensemble de liens où sont répertoriés les textes provenant du Ministère de l`éducation (livrés au compte-goutte aux médias) qui permettent de bien observer ce qui s`y prépare malgré le brouillard confus entretenu par le ministre Pierre Reid pour éviter une mobilisation trop massive. Ce débat et ses turpitudes seront à suivre au cours des prochains mois...


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